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GENRE SPONDYLE

L’animal qui habite la coquille des Spondytes ressemble à celui des Huîtres, mais il se rapproche davantage encore de

Fig. 1 3o. Spondyle d'Amérique.

(Spunjylus Americanu s. LanikJ

celui des Peignes. Les bords du manteau sont garnis de deux rangées de tentacules, et dans la rangée extérieure, plusieurs

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<le ces tentacules sont munis, !t leur extrémité, de tubercules colorés.

La coquille des Spondyles est solide, épaisse, à valves iné-

Fig. tîl. Spondyle rayonnant. Fig. 137. Spondylo aviculairo.

( Spondylut radiant. Lamk.) (Spondylut acicularit. Lamk).

gales, adhérente, presque toujours hérissée d'épines. La charnière présente deux dents très-fortes. Les épiies qui hérissent

Fig. 133. Spondyle impérial.

( Spondylut imprialit. Chenu.)

les valves, la variété et la vivacité des couleurs dont elles sont parées, font beaucoup rechercher ccs coquilles par les amateurs. Il en est qui ont un très-grand prix.

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Comme spécimens nous donnerons les figures de quelques espèces de ces bivalves : le Spondyle d'Amérique (lig. 130), le Spondyk rayonnant (fig. 131), le Spondyle aviculaire (fig. 132),

le Spondyle impérial (fig. 133), et le Spondyle grosse-écaille (fig. 134).

Ainsi que les Huitres, les Spondyles vivent fixés sur les ro

Fig. 135. Spondyle pied d’àne.

(Sondy/u* yjtderu) ma. Lin.)

chers et les corps sous-marins, et plus souvent encore entassés les uns sur les autres, comme des Harengs dans ur.e caque.

ACÉPHALES

Ces mollusques sont essentiellement propres aux mers des pays chauds. On en trouve pourtant une fort belle espèce dans la Méditerranée : c’est le Spondyle pied d'dne, dont nous donnons ici l’image (fig. 135).

Mais l’espèce la plus remarquable de ce genre, c’cstassurément le Spondyle royal (fig. 136). Cette espèce habite la mer des Indes. Il existe à peine trois échantillons de cette coquille rarissime dans les musées de l'Europe.

M. Chenu a raconté, dans un de ses ouvrages, une anecdote qui prouverait bien, s’il était nécessaire de le prouver, jusqu’où peut aller la passion d’un collectionneur décidé à pos-

Fig. 136. Spondyle royal.

{SponJiflui regiut, Lin.)

séder, à tout prix, un objet rare, et qui forme depuis longtemps le but de ses ardents désirs.

« M. R..., dit M. Chenu, professeur de botanique d'une Faculté de Paris, et plus savant que riche, voulut, sur la proposition d’un marchand étranger, acheter cette coquille à un prix très-élevé, qu’on dit être de 3000 à 6000 francs. Le marché débattu et le prix convenu, il fallait payer. Les économies en réserve ne faisaient qu’une faible partie de la somme et le marchand ne voulait pas abandonner sa coquille sans en recevoir la valeur. M. R..., consultant alors plus son désir de posséder une espèce unique encore que ses faibles ressources et l’étendue du sacrifice, fit secrètement un paquet de sa modeste argenterie et alla la vendre pour compléter la valeur de son acquisition; et, sans oser en parler à sa femme, il remplaça de suite son argenterie par des couverts d’étain, et

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courut chercher le malheureux spondjle, qu’il nomma fastueusement spondyle royal.

« Mais l’heure du dîner arriva : on comprend aisément la stupéfaction de Mme K..., qui ne put expliquer de suite une telle métamorphose, et se livra h mille conjectures pénibles. M.R..., de son côté, revenait heureux chez lui et sa coquille bien emballée dans une boite placée dans la poche de son habit. Mais en approchant, il ralentit le pas, devint soucieux, songeant, pour la première fois, à la réception qui allait lui être faite. Les reproches qu’il attendait étaient bien un peu compensés par la jouissance du trésor qu’il rappoitait. Enfin il arrive, et Mme R... fut d'une sévérité h laquelle le pauvre savaut ne s’attendait pas : aussi son courage l'abandonna; tout pénétré du chagrin qu’il causait à sa femme, il oublia sa coquille, et se plaçant sans précaution sur une chaise, il eut la douleur d'être rappelé à son trésor en entendant le craquement de la bolto qui le protégeait. Heureusement, le mal ne fut pas grand : deux épines seulement de la coquille furent cassées, et la peine qu'il en éprouva fit à son tour tant d’impression sur Mme R... qu'elle n’osa plus se plaindre, et ce fut encore M. R... qui eut besoin de ses consolations. >

Nous terminons ce chapitre par ce touchant tableau.

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