GASTÉROPODES NON PULM0NÉS
Nous arrivons au groupe, beaucoup plus nombreux en espèces et en types, des Gastéropodes, qui respirent à l'aide de branchies.
Cuvier les divisait en plusieurs ordres, basés principalement sur la considération de leurs organes respiratoires. Ces ordres sont assez nombreux, mais nous nous bornerons à décrire les curieux coquillages appartenant aux groupes des Tectibranch.cs, des Pectinibranclies et des Cyclobranches. Fig jju Apijsie <iê|»iante.
Gastéropodes tectibranches. — Ces Un >
mollusques ont les branchies attachées le long du côté droit du corps ou sur le dos, disposées en forme de feuillets plus
MOLLUSQUES
ou moins divisés, mais non symétriques, et presque recouvertes par le manteau.
Les Aplysies et les Bulles sont les deux genres principaux de ce groupe, et peuvent être considérées comme les types; de deux petites familles.
Les Aplysies étaient connues chez les anciens sous le nom de Lepus marinus ( Lièvres de mer). Elles inspiraient jadis une horreur profonde, soit à cause de leur forme singulière, soit à cause du liquide âcre, caustique et de mauvaise odeur qu'elles sécrètent. On leur attribuait même une influence magique, par exemple celle d’agir sur le cœur des femmes, d'influencer leurs déterminations. On ne-s'explique guère ce mauvais renom donné par la superstition des anciens à des animaux qui ne sont que doux et timides.
Les Aplysies sont nues et assez grosses. Elles ressemblent aux Limaces, par leur forme ovalaire allongée, leur épaisseur à la partie dorsale, et leur terminaison en pointe postérieurement. Leur tête, peu distincte, est munie de quatre tentacules, dont
Fig. 221. A/ihjsia inca. (D’Orbigny.) Fig. 222. Coquille de YAplytia btca.
les antérieurs sont les plus grands et ressemblent assez aux oreilles ‘du Lièvre. Les yeux se trouvent à la base des tentacules postérieurs. On reconnaît ces caractères dans l’Aplysie dépilante (Gg. 220).
L’Aplysia inca montre aussi les dispositions de ce type (lig. 221). Dans cette famille le mollusque a bien plus d’importance par son volume que par sa coquille interne, rudimentaire et cornée, qui est contenue dans l'écusson branchial.
On voit dans la figure 222 la petite coquille cartilagineuse et mince qui existe à l’intérieur de l’animal.
Les Aplysies vivent dans presque toutes les régions du globe, non-seulement sur les côtes du continent, mais encore sur le rivage des îles. Elles habitent ordinairement les plages peu
ACÉPHALES
profondes, vaseuses ou sableuses, ou bien se tiennent dans les anfractuosités des rochers, sous l’abri que forment les pierres tombées des falaises. Leurs œufs constituent de longs filaments, qui se déroulent en nombre immense. Les pêcheurs les nomment Vermicelle de mtr.
Les Aplysies se nourrissent particulièrement des Algues qui couvrent les plages basses de la mer; mais elles mangent aussi de petits animaux marins, tels que mollusques nus, annélides et crustacés.
On s’étonne moins de voir les Aplysies si gloutonnes quand on sait combien la nature leur a libéralement accordé les appareils de mastication, -de trituration et de digestion. Leur bouche est formée de lèvres épaisses et musculeuses. Un œsophage assez long lui succède, et cet œsophage ne communique point avec un estomac seulement, mais bien avec quatre estomacs! Il y a un jabot énorme, membraneux, un gésier trèsmusculeux, et deux poches accessoires, dont l’une se termine en forme de sac. Le gésier, à parois épaisses, est muni, sur sa paroi interne, de pyramides cartilagineuses quadrangulaires, dont les sommets s’entre-croisent. Cet appareil est destiné à broyer les aliments avant qu'ils arrivent dans le troisième estomac. Encore celui-ci est-il armé de petits crochets, dont la courbure est dirigée vers l’entrée du gésier.
Les Bulles, bien différentes en cela des Aplysies, ont une coquille très-développée. Leur forme élégante, leur structure délicate, leurs brillantes couleurs (des bandes rouges, noires ou blanches, séparées par des espaces de teintes variées) font rechercher ces petitsmollusques pourl’ornementdes collections.
Leur coquille est ovale, globuleuse, enroulée, lisse, tachetée, mince, fragile, à spire concave, ombiliquée, ouverte dans toute sa longueur, à bord droit, évasé et tranchant.
L’animal, obtus à ses deux extrémités, est pourvu d’une tète peu distincte, et sans tentacules apparents. Ses branchies sont placées sur le dos, un peu à droite et en arrière. Son estomac, qui remplit à lui seul une grande partie de la cavité du corps, présente cette particularité, que nous avons signalée déjà dans l'Aplysie, d’être armé de pièces osseuses, destinées à broyer les aliments.
3S8 MOLLUSQUES
Les Bulles peuvent nager en pleine eau. Cependant elles se tiennent le plus souvent sur les fonds sableux, et se nourrissent de petits mollusques à coquilles. On les trouve dans toutes les mers, mais surtout dans celles de l’Inde et de l’Océanie. Quelques espèces habitent les mers d’Europe, telles sont : la Bulle ampoule {Bulla ampulla,Qg. 223 et 224), à coquille nuancée
Fig. 323 «t 224. Balle ampoule. ( Bulla
ampulla . Lin.)
de gris et de brun; la Goutle d'eau (Bulla hydalida), la Bulle fasciée, etc.
Nous représentons sur les figures 225, 226 et 227 les Bulla oblopga, aspersa , nebulosa.
Fig. 225. Bulla oblonga. Fig. 226. Bulla aspersa. Fig. 227. Bulla nebulosa.
(Adams.) (Adams.) (Gould.)
Gastéropodes pectinibranches. — Ces mollusques ont les branchies composées de nombreux feuillets découpés en dents de peigne, attachées, sur une ou plusieurs lignes, à la partie supérieure de la cavité respiratoire. Ils constituent l’ordre le plus nombreux de la classe des Mollusques Géphalés, car ils
ACÉPHALES
comprennent presque toutes les coquilles univalves, roulées en spirale, et plusieurs coquilles simplement coniques.
Les Pcclinibranches habitent les eaux de la mer, celles des fleuves et des étangs, et sont de toutes les tailles. Les espèces que nous aurons à mentionner appartiennent à la famille des Trocho'ides et à celle des Buccinoïdes.
FAMILLE DES TROCHOÏDES.
C’est à cette famille qu’on rapporte les Toupies ou Troques, les Sabots et les Jantliiues.
Les Troques habitent toutes les mers. Ils se trouvent à peu de distance des rivages, dans les anfractuosités des rochers, et dans les lieux où croissent beaucoup de plantes marines. Leur coquille, épaisse, nacrée à l’intérieur, est remarquable par la beauté et la diversité de ses couleurs. Généralement lisse, son grand tour est quelquefois bordé d'une série d’épines régulières. Elle est conique, à .spire plus ou moins élevée, élargie, anguleuse à la base, à ouverture entière, déprimée transversalement, et à bords désunis dans la partie supérieure.
L’animal qui habite cette coquille est contourné en spirale. Sa tête est munie de deux tentacules coniques, ayant à leur base des yeux portés sur un pédoncule. Son pied est court, arrondi à ses deux extrémités, bordé ou frangé dans son contour, et muni d’un opercule corné, circulaire et régulièrement spiré.
On divise les Troques en nombreux sous-genres : nous en citerons quelques-uns :
Les Troques proprement dits, renfermant le Troque dilaté (fig. 228) et le Troque cardinal (fig. 229).
Les Tectaires ( tectaria ), comprenant le Troque à fausses côtes (fig. 230), dont la coquille, d'un jaune verdâtre, se trouve dans les mers d’Amérique.
Le Troque de Cook ( Trochus Cookii, fig. 231), d’un brun roussâtre, propre aux mers de la Nouvelle-Hollande.
Le Troque imbriqué des Antilles, de couleur blanche, etc., etc. (Trochus imbricatus, fig. 232).
MOLLUSQUES
Les Fripières ( Phorus ), qui ont pour type une espèce de l’Océan des Antilles vulgairement connue sous le nom de Maçonne ou Troque agglutinant (fig. 233 et 234.'. Cette espèce est tout à fait singulière par la faculté qu’elle a de ramasser sur le dos de sa coquille, à mesure qu’elle s'accroît, les corps mobiles, quelquefois assez gros, qui se trouvent à sa portée, tels que des
Fig. 228. Troque dilaté.
(Trochiu niloticus. Lin.)
Fig. 229. Troque cardinal.
( Trochus virgaltu. Grnel.)
petits cailloux, des tiges de plantes, des fragments de coquilles univalvesou bivalves, etc. : de là son nom de Maçonne.
Les Roulettes (Rotella), de l’océan Indien, dont la coquille offre les plus vives couleurs, forment un genre peu nombreux.
Fig. 230. Troque fausses càtes.
( Trochus tnernm.Gmel.)
Fig. 2)1. Troque de Cook.
( Trochus Cookii. ChemniU.)
Les Éperons , dont les types sont : le Troque étoile , ou Troque stellaire des mers australes, dont les tours de spire de la co • quille sont hérissés d’épines radiées (fig. 236 et 237); le Troque impérial, vulgairement l’éperon royal; l’Éperon de la Nouvcllc- Zélatule, dont les tours de spire sont sculptés de sillons décur-
GASTÉROPODES. toi
rents et hérissés d’ècailles imbriquées qui débordent la circonférence de la coquille, et lui donnent une forme radiée.
Fig. 232. Troque imbriqué.
(Tr achat imbriratus.) (Gmel.)
Pig. 233. Troque agglutinant.
(Troc hua agglutinant. Lamk.) (Phorw Conchyliophonu. Born.)
Fig. 234. Troque agglutinant. (Trochtu agglutinant. Lamk.) ( Phorut Conchyliophonu. Born.)
Fig. 235.
Hotclla Zelandica.
(Chenu.)
Fig. 236. Troque étoile.
(Trochut Stella. Lamk.)
Fig. 237. Troque stellaire.
(Trochut tUUarù. Gmel.)
Cette dernière espèce, d’un brun violacé en dessus, blanche en dessous , est encore rare dans les collections.
MOLLUSQUES
A côté des Troques se rangent les Cadrans (Solarium), jolies coquilles marines, que l’on reconnaît aisément à leur ombilic profond, évasé en entonnoir, et dans l’intérieur duquel on
Fig. 338 et 339. Cadran strié. (Solarium ptrtpectirum. Lin.)
aperçoit les petites dents crénelées, qui suivent tout le bord des tours de la spire, jusqu’au sommet.
On trouve dans la plupart des collections le Cadran s rie (fig. 238 et 239), dont le diamètre est de deux
pouces et demi, et qui vient de la mer des
Le Cadran bigarré, vulgairement connu sous rig. r,o. le nom de Cadran de la Nouvelle- Hollande, est M^fumra'irgaiûm. var'è ,ant au-dessus qu’en dessous, de blanc (Lamk.) et de roussôlre (fig. 240).
Le Cadran Irei/lissc n’a que dix lignes de diamètre et vient des côtes de Tranquclmr.
Les Sabots (Turbo) ne se distinguent que très-peu des Toupies. Ils vivent dans toutes les mers, et habitent les rochers battus par les vagues. On en connaît plus de cinquante espèces. Les unes sont d'assez grande taille, les autres très-petites.
Le Sabot bariole de l’Océan Indien ( Turbo margarüaceus) présente une coquille assez grosse, épaisse, pesante, ventrue, profondément sillonnée. Sa couleur est jaune ou roussâtre et elle est marquée de taches brunes carrées (Gg. 241).
On voit sur la figure 242 le Sabot bouche d'argent (Turbo
GASTÉROPODES. 403
argyrostomus) , et sur la lig. 243 le Sabot marbré ( Turbo marmoratus).
P.e dernier offre la plus grande coquille du genre. Elle est
Fig. 241. Turbo bariolé ( Turbo margariiactu », Lin.)
Fig. 242. Turbo bouche d’argent.
(7 \trbo argyrostomus. Lin.)
marbrée de vert, de blanc et de brun en dehors, et superbement nacrée en dedans.
Fig. 243. Turbo marbre. Fig. 244. Turbo ondulé.
( Turbo marmoratvu r. Lin.) (7W6o undulatus. Cbemn.)
Le Sabot bouche, d’or est ainsi nommé parce que sa nacre est d'un beau jaune d’or.
L e' Sabot ondulé ( Turbo undulatus, fig. 244) est connu vulgairement sous le nom de Peau de serpent de la Xouvcile-Ifol-
MOLLUSQUES
lande. En effet, sa coquille est blanche et ornée de taches longitudinales flexueuses vertes ou d un vert violacé.
Le Sabot impérial (tig. 245) présente une coquille de couleur verte en dehors, brillamment nacrée en dedans. On le connaît
Fig. 24S. Turbo impérial. (Tutbo imptrialit. Cmd)
vulgairement sous le nom de Perroquet. Il vit dans les mers de la Chine.
Iæ Sabot littoral, ou Turbo lillorali de Linné, présente une coquille assez petite, ovale, épaisse, striée, d’un brun cendré, quelquefois d’un noir assez foncé ou marquée de lignes brunes. On lui donne maintenant le nom de Littorine.
Le Sabot qu’on trouve dans les mers du Nord, dans la Manche eisurlescôtes de l’Océan et qui se nomme vulgairement Vignot ou Guiqnette, appartient à celte espèce. On en mange l'animal dans presque tous les ports de mer.
On a rapproché des Sabots et des Troques, les Monodontcs, les Pauphinules et les Turritelles.
Les Honodontcs sont d’élégantes coquilles marines, propres surtout aux mers des pays chauds : citons la Monodontc australe (tig. 246), et la Monodonlt double bouche (Dg. 247). Une espèce ne petite taille, à coquille brune, tachetée de blanchâtre, se trouve très -abondamment sur nos côtes : c’est la ■Uonodonle canaliculèe.
GASTEROPODES.
On ne connaît qu'un petit nombre de Dauphinules vivantes. Elles sont propres aux mers de l’Inde et sont remarquables
Kig. 246. Monodonte australe.
Monodon ta au* traita, (Lamk.;
Fig. 247. Monodonte doubte bouche.
Monodonta labia.
(Lamk.)
Fig. 248.
Dfiphinuln sjihxruto.
(Kicner.)
par la forme et les aspérités de leur coquille. Nous figurons comme type des Dauphinules, la Delphinula sphærula (fig. 248). Les espèces vivantes de Turrilclles habitent, au contraire,
Fig. 24P.
Turritelle torse.
TurritêUa replicata. (Lin.)
Fig. 256.
TurriteUa angvlata.
(Sow.)
Fig. 251.
TurriteUa sanguines.
(Reeve.)
toutes les mers. Une des espèces les plus remarquables, la Tvrritella replicala (fig. 249), est vulgairement connue sous le nom de Via de pressoir, à cause de sa forme.
MOLLUSQUES
Toutes ces coquilles, comme leur nom l’indique, présentent l’apparence d’une tour. C'est ce qui ressort de la simple inspection^ tig. 250, 251, 252 et 253, qui représentent les Turrilella angulata, sanguinea, goniostoma et terebellata.
Fig. 252. Turrilella gonioeloma. Fig. 253. Turntcile tarière.
(Valenciennes.) ( Turrilella terebellata. Lamk.)
L’attention des observateurs a été depuis longtemps appelée sur le curieux mollusque connu sous le nom de Janthine. Son corps est globuleux, et se continue en avant, sans se rétrécir, pour former la tête, qui est grosse, prolongée en trompe, terminée par une fente buccale, garnie de plaques cornées, et couverte de petits crochets. Deux tentacules coniques, peu contractiles, très-distincts, portent chacun à leur base externe un pédoncule assez long. Le pied est ovale, court, divisé en deux parties, l’antérieure concave et en forme de ventouse, la postérieure aplatie et charnue. C’est ce pied qui porte une masse vésiculeuse et comme spumeuse, qui fait le principal caractère de ce joli mollusque. 11 est constitué par un grand nombre de
Fig. 254.
Janthine commune.
(Janthina communii.
Lamk.)
GASTÉROPODES
vésicules qui servent à la natation et soutiennent l'animal à la surface de l’eau. La coquille est légère, transparente, violacée et assez semblable à celle des hélices.
Les Janthines habitent les hautes mers et forment souvent des bancs de plusieurs lieues.
MM. Quoy et Gaimard ont vu des légions de Janthines entraînées par le courant. Ils ont navigué pendant plusieurs jours parmi ces tribus errantes. Ces êtres délicats seraient inévitablement le jouetdes tempêtes, si, en rentrant leur tête dans la coquille, et en contractant leurs vésicules natatoires, ils ne diminuaient de volume, et, la pesanteur aidant, ne se laissaient tomber doucement au fond de l’eau.
On prétend qu’à l’approche du danger la Janlhine répand une liqueur d’un rouge sombre ou violacé, qui, troublant l’eau, lui permet de se dérober à l’ennemi.
FAMILLE DES BUCClNOlDES.
Cette famille renferme un nombre immense de mollusques, presque exclusivement marins, parmi lesquels on compte les beaux genres des Cônes, des Porcelaines, des Olives, des Buccins, des Casques, des Pis, des Rochers, que nous allons successivement passer en revue.
GENRB CÔNE.
Peu de genres de mollusques sont aussi nombreux et aussi riches en espèces que celui des Cônes. Ils sont très-recherchés dans les collections. C’est parmi les Cônes que l’on rencontre aujourd’hui le plus grand nombre de coquilles d’une grande rareté et d’un hafut prix. C’est que les coquilles appartenant à ce groupe présentent une uniformité remarquable dans les formes, en même temps que des couleurs très-belles et trèsvariées.
La coquille des Cônes est épaisse, solide, turbinée, conique, enroulée sur elle-même à spire généralement courte, et dont le dernier tour constitue à lui seul la plus grande partie de la surface de la coquille. L’ouverture est presque aussi longue
MOLLUSQUES
que la coquille elle-même, car elle occupe toute la hauteur du dernier tour. Elle est toujours étroite ; ses bords sont parallèles. La columellc ne présente ni plis ni courbures. Le bord droit est simple, tranchant, mince, détaché de l’avant-dernier tour spiral, par une échancrure plus ou moins profonde.
L’animal qui habite la coquille des Cônes, rampe sur un pied allongé, étroit, peu épais, tronqué en avant, muni, en arrière, d’un opercule corné, rudimentaire, insuffisant pour fermer l’ouverture. La tête, qui est assez grosse, s'allonge en un petit mufle, à labase duquel s’élève, de chaque côté, un tentacule conique, portant un œil sur son extrémité antérieure et externe. A l’extrémité du petit mufle se trouve la bouche, qui est armée, en dedans, de nombreux crochets cornés, insérés sur la langue. Un siphon cylindrique qui se renverse sur la coquille, est destiné à porter l’eau sur les branchies.
Les Cônes habitent les mers des pays chauds, surtout celles qui s’étendent entre les tropiques. Ils se tiennent près des côtes sablonneuses, à la profondeur de dix à douze brasses.
Parmi les espèces à spire couronnée, nous citerons : le Cône cedonulli,' dont on connaît plusieurs variétés qui habitent les jners de l’Amérique méridionale et de Antilles. De toutes les espèces du genre, c’est la plus recherchée, la plus précieuse à cause de sa rareté et de sa beauté.
Le Cône hébraïque, qui vient des mers d'Asie, d’Afrique et d’Amérique, est assez commun. Il est blanc, avec des taches noires à peu près carrées, disposées par bandes transversales.
Le Cône impérial (fig. 255), très-belle espèce de couleur blanche, avec des bandes d’un fauve verdâtre ou jaunâtre, est orné de cordelettes transverses linéaires articulées de blanc et de brun.
• Le Cône brocard (Conus geographus, fig. 256), l’une des plus
grandes espèces du genre, puisqu’elle atteint jusqu’à 16 centimètres de long, est nuancée de blanc et de brun.
Parmi les espèces coniques à spire non couronnée, nous citerons : le Cône mosaïque (Conus lessellatus, fig. 257), commun dans la mer des Indes. Sa partie antérieure est violacée à l’in-
GASTÉROPODES
térieur, les taches dont elle est entourée sont d'un beau rouge d’écarlate ou souci, ou enfin couleur de minium sur un fond blanc.
Le Cdne amiral habite les mers qui baignent les îles Molu-
Fig. 255. Cône impérial. Pig. 256. Cône brocard. Fig. 257. Cône mosaiqne.
(Conus imperialit. Lin.) (Conus geographus. Lin.) (Conta tessellatus. Bon.)
ques. Sa coquille, d’un brun citron, est marquée de taches blanches, presque triangulaires, et de bandes'fauves, peintes en
Fig. 258, 25» et 260. Cône amiral. (Conu* ammiralis. Lin.) (Variétés.)
réseau très-fin. Cette espèce a été, et est encore, très-recherchée des amateurs de conchyliologie. Elle présente plusieurs variétés. On en voit trois représentées ici (fig. 258, 259 et 260).
MOLLUSQUES
Citons encore le Cône pluie d'or, le Cône aile de papillon, le Cône de la Méditerranée , etc.
Parmi les espèces qui ont la coquille à peu près en lorme de cylindre, nous citerons : ie Cône noble ou damier chinois (B g. 261), coquille rare, de couleur jaune, tirant sur le citron, ornée de tâches blanches; — le Cône drap d’or ou Conus textile (fig. 262), de couleur jaune, orné de lignes longitudinales onduleuses, brunes, et de taches cordées blanches, circonscrites de fauve; — le Cône gloire de la mer (fig. 263), de couleur blanche, fas-
Fi*. Ml .
Cône noble.
(Cm** nobitis. Lin.)
Fig. 2«2.
Cône drap d*or.
(Conu* textile. Lin.)
Fig 563.
Cône gloire de la mer.
(Conus gloria mari t, chcmn.)
ciée d’orangé, réticulée par des taches très-nombreuses triangulaires, blanches, circonscrites de brun, ('/est une des plus belles espèces du genre. Elle vient des Indes orientales.