LIVRE III
et donations faits an profit d’une égdise, d’une personne d’ég’lise ou d’une corporation religieuse. Ce part à deux produit, en même temps qu’un bénéfice pour le budget, des résultats moralisateurs, à double effet, qui ne sont pas à dédaigner, en faisant tourner, au profit de l’éducation du pauvre, les fortunes détournées par la captation.
Le résultat est que le Trésor des écoles constitué et toujours augmenté, depuis 1874, s’élève peu à peu à des chiflres énormes, mettant l’institution en mesure de rendre des services en proportion avec son objet. Avant peu, aucun enfant ne sera laissé en dehors de l’école; l’enseignement primaire, déjà, par la création de l’école ambulante, qui enrégimente les pauvres déclassés, dont nous parlions tout à l’heure, atteint les plus isolés.
Aujourd’hui Técole reçoit, à Buenos-Aires et dans les villages, 68 p. 0/0 des enfants en âge d’y assister.
Où les autres, et ceux qui se sont élevés avant la création des écoles ont-ils appris à lire ? Cela est assez difficile à débrouiller, mais il nous a été souvent donné de constater que les indigènes tout à fait illettrés sont en proportion minime. 11 n’en est malheureusement pas de même de nos nationaux établis au delà des mers: on reconnaît, par les preuves que les rencontres fortuites en donnent, la vérité des statistiques, qui, à la fin de l’Empire, dénonçaient, dans certains départements, jusqu’à 75 p. 0/0 d’illettrés. 11 est assez triste d’avoir à constater que les comparaisons sont, rarement, en faveur de nos compatriotes et surtout des femmes d’origine française : une Anglaise, une Allemande, une Irlandaise, une Danoise, même des villages les plus pauvres, sait toujours lire, ainsi en est-il des négresses ou des métisses servantes, d/une Française rarement.
Cette infériorité commence depuis dix ans à s’atténuer, mais elle existe. Elle est spécialement humiliante, dans un pays où la femme peut assez facilement s’élever au-dessus de sa