CHAP. III. — LA JEUNESSE ET L’ÉDUCATION
pied partout aussi confortable, disons hygiénique, pour respecter le texte de la loi.
Celle-ci, composée de quatre-vingt-dix articles, un peu longue, comme tout ce qui s'écrit en espagnol, a créé de toutes pièces un organe social très complexe, machiné avec luxe, ayant une vie propre dans l’Etat, son budget indépendant, son patrimoine, constitués l’un et l’autre d’une façon permanente, en dehors des discussions et des marchandages annuels du Pouvoir Législatif, en dehors même de la domination du Pouvoir Exécutif, administré qu’il est par une commission spéciale qui ne dépend d’aucun ministère.
Cette organisation, dont l’ensemble est très solide, est, à beaucoup de points de vue, originale. Elle diffère de celle que nous sommes habitués à rencontrer en France, où l’Etat et les pouvoirs n’aiment pas abdiquer et prétendent garder, dans leurs mains, la direction de ont ce qu’ils peuvent le moins diriger.
Ici l’Etat, après avoir édifié l’école par une loi, l’a dotée richement et en a abandonné à des hommes spéciaux l’administration. Il a été, il faut le dire, généreux, en constituant cette dot. Le fonds des écoles puise ses revenus à toutes les sources les plus fécondes. Il reçoit le produit de toutes les amendes imposées par les autorités judiciaires ou municipales, le 40 0/0 de la contribution directe, et 2 francs par enfant, inscrit à l’école. Il recueille, en outre, et ce n’est pas là un mince appoint, les successions vacantes et les droits de mutation des successions collatérales ou entre personnes non parentes. Enfin, en passant, la loi a voulu montrer ses tendances laïques, et faire profiter l’école des libéralités qu’inspire le sentiment religieux en frappant d’un droit do mutation de 50 0/0, au profit exclusif des écoles, tous les legs