‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 66 sur 152 · LES MENDIANTS ET LES DÉCLASSÉS · texte numérisé non relu

LES MENDIANTS ET LES DÉCLASSÉS

Le mendiant à cheval. — Le joueur d'orgue. — Les entreprises de mendicité

— Le mendiant indigène. — Les déclassés. — L’immigrant bachelier.

Dans la ville de Buenos-Aires, pas plus que clans la campagne, on ne connaît cette plaie sociale : le paupérisme. Il n’y a ni misère, ni misérables, dans un pays où le travail est facile, la terre trop grande pour le nombre de ses habitants, et sa production trop active pour la consommation. Iln’exislo donc de pauvres, que les pauvres de profession, divisés en deux catégories bien tranchées : les mendiants et les déclassés. Dans la première catégorie figurent presque exclusivement des indigènes, dans la seconde seulement des étrangers.

On ne rencontre plus à Buenos-Aires, et cela est regrettable pour les touristes amateurs de pittoresque, le mendiantà cheval. Cette dernière originalité locale a disparu ou tout au moins a émigré vers les villes ou les provinces lointaines.

Le mendiant à cheval était, pour l’immigrant débarqué de la veille, un sujet d’admiration autant que de joie, non pas seulement de cette joie qui remplit Taine de l’homme venu de loin, trouvant, sur sa route, quelque chose de racontahle, non, d’une joie plus sérieuse. Que ne promet pas, en effet, à l’immigrant, un pays où les mendiants vont à cheval? — Dans quel équipage ne se voyait-il pas déjà, lui qui ne voulait ni rester oisif, ni rester pauvre; si ceux qui vivent de

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