‹ La vie et les mœurs à la Plata (volume 2)Chapitre 77 sur 152 · LA VIE MATÉRIELLE. LA TABLE ET L’HOSPITALITÉ · texte numérisé non relu

LA VIE MATÉRIELLE. LA TABLE ET L’HOSPITALITÉ

Le marché des villes. — Les produits de la terre. — Marchands et acheteurs. — La cuisine indigène. — Les plats nationaux. — La vie aux champs. — L’hospitalité. — La sirvienta derazon. — Maison offerte, maison ouverte. — Les relations. — Voisins et compères.

En arrivant dans une ville, si l'on veuL prendre d’un coup d’œil une notion rapide de sa vie et de ses mœurs, il faut, à l’aurore, se rendre au marché, assister à l’arrivée des vendeurs et des acheteurs, à leurs débats, goûter aussi un peu de tout ce que l’on y présente. C’est là, dans la crudité du plein air, que l’on surprendra, en déshabillé, la vérité des mœurs du peuple qui vend et du citadin qui consomme, là où l’on aura sous les yeux le résumé des productions du sol, que l’on apprendra ce qui abonde et ce qui manque, et que l’on se rendra un compte exact des conditions de la vie de chaque classe de la société.

Ce qui surprend d’abord sur les marchés de Buenos-Aires, car chaque quartier a le sien, c’est l’abondance excessive des provisions alimentaires et leur variété ; ce qui étonne plus encore, c’est leur extrême bon marché. Les victuailles s’y accumulent en montagnes : viande, gibier, poisson, légumes et fruits, tout y est à des prix infimes, c’est le pays de la vie matérielle à bon marché, du nécessaire abondant, à tel point que, dans celte ville de quatre cent cinquante mille

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