‹ La vie et les mœurs à la PlataChapitre 28 sur 69 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Laines exotiques, leur importance pour i'iudustriel européen. — Australie et Plata. — Histoire du mouton dans l’Amérique du Sud. — Le mérino espagnol. — Les Rambouillet. — Le mouton dans les terres vierges. — Première exportation de laine, en 1842. — Rôle des Irlandais et des Français.

— Progrès depuis vingt-cinq ans. — Excursion dans les bergeries. — L’acheteur de laines. — Les laines en général. — Les marchés. — Les entrepôts. — Région du Nord et région du Sud. — Aspect d’une estancia. Les troupeaux. — Le puesto. — Le parc. — Le berger. — Le pulpero. — L’exploitation des troupeaux. — Les bâtiments. — ■ La tonte. — Les reproducteurs. — Les béliers de race importés et indigènes. — Les clôtures de fil d’acier. — L’exportation des laines. — Importance du marché français.

— Concurrence des laiues exotiques. — Leur prix de revient et les dépenses de l’éleveur pampéen. — Prix de la laine française. — Emploi divers de sortes diverses. — Inutilité de la protection.

De tous temps, les troupeaux étrangers ont fourni, aux tisseurs européens, la plus grande partie de leur matière première. Au temps de Clovis déjà, ceux-ci demandaient aux lies Britanniques partie de la laine dont ils avaient besoin. Sous le. règne de François Ier, les villes ayant été interrogées sur la question de savoir s’il serait utile et opportun d’empêcher l’entrée, en France, des laines étrangères, la cité de Rouen, qui était le centre de fabrication du drap, répondit en ces termes : « On pense qu’il ne croît pas, dans le royaume, la centième partie des laines que l’on met en œuvre, et que, sans avoir des laines étrangères, la draperie, et particulièrement les draps tins et les bonnets ne pourraient se fabriquer, lesquels bonnets et draps fins sont, ensuite, exportés dans beaucoup de royaumes. La prohibition des laines étrangères tuerait cette industrie et ruinerait une des sources principales des revenus du roi. »

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'lata, tome 11

La colonie de Candelana dans les Missions

Depuis, à toutes les époques, la prohibition des laines étrangères eût été, toujours, aussi pernicieuse. C’est par elles que l’industrie s’est développée en France, et en Angleterre; jusqu’en 1840, heure de l’apparition des premières laines coloniales, ces deux pays ne recevaient que les laines d’Allemagne, d’Espagne et de Russie; l’importation transocéanique a suivi, depuis, une progression constante. Peu à peu, les laines d’Australie se sont substituées, en Angleterre, et celles de la Plata, en France et en Belgique, aux envois des pays d’Europe. L’Allemagne devenait, pendant ce temps, un pays d’exportation de produits manufacturés et absorbait toute sa production de laines, comme le faisait, en Russie, de son côté, la consommation locale.

Le voyageur, venant de l’Océan, qui remonte la Mersey, rencontre, après trois ou quatre milles, à sa droite, sur la rive gauche, une gi’ande ville : Birkenhead, et, à sa gauche, sur la rive droite, une plus grande encore : Liverpool. S’il met le pied sur un des pontons flottants qui, de distance en distance, offrent aux steamers et aux ferry-boats un accès facile, il a le droit d’éprouver quelque admiration pour le spectacle qui se déroule devant lui, sur ces quais de six milles de développement, où tous les pays du monde jettent les produits de leur sol, les échangent contre ceux de l’industrie anglaise, et impriment la vie et leur mouvement à cette agglomération de plus d’un million d’hommes. Qu’il pousse plus loin son exploration; que, par une des cinq voies ferrées qui relient Londres et Liverpool, il se dirige vers une des villes dont le nom est connu de tous et l’importance seulement comprise de ceux qui les ont visitées, Manchester, Bradford, Leeds, Halifax. On lui montrera, dans le Lan-

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