‹ La vie et les murs des animaux :Chapitre 11 sur 99 · Le Monde de la mer, page · texte numérisé non relu

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autres sont flexueux et ondulent avec une plus ou moins grande vivacité : ce sont les vrais Vibrions. D’autres enfin sont façonnés en forme de tire-bouchon, et tournent sans cesse sur euxmêmes avec une grande rapidité : ce sont les Spirillum.

Le Bacterium termo (lg. 8) est le plus petit des Infusoires. On le voit paraître au bout de très-peu

de temps, dans toutes les infusions de £ à Re végétales ou animales, exposées à l'air. 1, | |

I s'y montre en nombre infini, for- RTE NN mant comme des essaims d’animal- Fig. 8. ) cules. 11 disparaît plus tard, c’est-à-dire an (are

à mesure que d’autres espèces, aux- (Grossiéoofois.) 1600 fois.) quelles il sert de nourriture, viennent à se multiplier au sein du liquide. Quand l’infusion, par suite de la fermentation ou de la putréfaction, est devenue trop fétide pour que ces nouvelles espèces puissent y vivre, on voit reparaître le Bacterium termo.

Le Bacterium termo a été l’un des premiers Infusoires observés. Leuwenhoek le trouva dans là matière blanchâtre qui s’amasse entre les dents et les gencives, ou dans ce que l’on nomme communément le tartre dentaire. On trouve aussi le même animalcule dans divers liquides animaux altérés par quelque maladie.

Le Vibrion baguette (fig. 9) a un corps transparent, filiforme, articulé, à longues articulations, paraissant souvent brisé à chaque articulation. Il n'avance qu'avec assez | de lenteur dans le liquide. Leuwenhoek a observé cette seconde espèce jointe à la première, dans le tartre dentaire. On la trouve dans un grand nombre d’infusions organiques. Sa

« Il n’y a pas d'objet microscopique, dit Dujardin, Sn qui puisse exciter plus vivement l'admiration de 300 fois.) l'observateur que le Spirillum tournoyant » (fig. 10).

L'observateur s'arrête plein de surprise, quand il contemple ce petit être qui, avec le plus fort gros- Le? sissement optique, n'apparaît que comme une ligne ie 10, noire, façonnée en tire-bouchon, et qui, par instants, Spirillum

tournoyant

tourne sur lui-même avec une vélocité merveilleuse, rade

sans que l'œil aperçoive ou que l'esprit puisse 7 300),

viner le moyen de locomotion qui peut produire cet étrange phénomène physiologique.

Les Monadiens sont d’autres Infusoires qui apparaissent aussi de bonne heure, dans les infusions végétales. Ces animalcules, qui constituent toute une famille, sont dépourvus de tégument. La substance de leur corps peut s’agglutiner ou s’étirer plus ou moins. Plusieurs filaments flagelliformes, ou en forme de fouet, leur servent d'organes locomoteurs. Ils sont quelquefois pourvus d’appendices latéraux ou disposés en guise de queue. Leur organisation est très-simple. Leurs filaments flagelliformes sont très-fins et très-difficiles à voir, la longueur de ce filament est ordinairement double ou quelquefois quadruple de celle de l’Infusoire lui-même.

La Monade lentille (fig. 11) est une espèce qu’on rencontre fréquemment dans les infusions végétales ou animales. Les

\ anciens micrographes l'avaient indiquée sous la

) forme d’un globule, se mouvant avec lenteur et vaf cl à) cillation. Ce globule est formé d’une substance ho- 1) mogène, transparente, renflée en tubercules à sa

surface, et qui émet obliquement un filament flagelen liforme, trois, quatre ou même cinq fois aussi long

pee que le corps de la Monade.

(Grossie Le Cercomonade de Davaine a élé découvert par 1600 fs) Aj, Davaine, dans les déjections encore chaudes des cholériques. Son corps est pyriforme et présente en avant un filament vibratile très-long, très-flexueux et très-agité. En arrière du corps se trouve un filament plus épais, droit, s’agglutinant quelquefois aux corpuscules environnants, et autour duquel, dans ce cas, la Cercomonade oscille, comme la lentille d’un pendule autour de sa tige.

Les Volvoces habitent les eaux douces limpides, pleines de Conferves ou d’autres plantes aquatiques.

Les Volvoces sont, d'après Dujardin, des animalcules de coulear verte ou jaune brunâtre, régulièrement disséminés dans l'épaisseur et près de la surface d’un globe gélatineux, transparent, qui devient creux et se remplit d’eau par suite de son entier développement, et dans lequel se produisent alors de cinq à huit globules plus petits, organisés de même, et destinés à éprouver

les mêmes changements, quand par la rupture du globule contenant ils sont devenus libres. Ces animalcules sont munis chacun d’un ou de deux filaments flagelliformes, qui, par leur agitation, déterminent le mouvement de rotation de la masse.

Le Volvoce tournoyant (fig. 12) se trouve en abondance,

Fig. 12. Volvoce tournoyant. (Grossi 700 fois.) (Volvoæ globator, Müll.)

pendant l'été, dans les étangs ou les eaux stagnantes. Il est constitué par des globules de couleur verte ou jaune brunäâtre, larges d’un tiers de millimètre à un millimètre, formés d’animalcules épars dans l'épaisseur d’une membrane sphérique, gélatineuse, diaphane, munis chacun d’un filament flagelliforme et d’un point intérieur rouge, qu'Ehrenberg avait pris pour un œil. :

Leuwenhoek a le premier observé le Volvoce dans l’eau des marais. Cet éminent naturaliste nous a laissé une relation très-intéressante de ses observations sur ce microscopique habitant des milieux aquatiques.

On ne saurait trop ‘admirer aujourd’hui la patience et l'adresse de cet incomparable naturaliste, qui faisait ses observations avec une simple lentille, qu’il construisait lui-même. Il tenait d’une main cet instrument, bien grossier si on le compare aux appareils perfectionnés et infiniment plus puissants que nous employons aujourd’hui, tandis que de l’autre main il approchait de son œil le tube de verre plein d’eau contenant les objets à examiner.

« Les microscopes de Leuwenhoek, dit Dujardin, étaient de trèspetites lentilles biconvexes, enchâssées dans une petite monture d’ar-

gent; il en avait formé une collection de vingt-six, qu’il légua à la Société royale de Londres. Ces instruments, sujets à tous les inconvénients d’un maximum d’aberration de sphéricité et d’un manque total de stabilité, n'avaient pu servir utilement qu'entre les mains de Leuwenhoek, qui, durant vingt années de travaux, avait acquis une habitude capable de suppléer en partie à la stabilité de nos appareils modernes. »

Les Euglènes sont des Infusoires ordinairement colorés en vert ou en rouge. Leur forme est très-variable. Le plus souvent, ils sont oblongs et fusiformes, ou renflés au milieu pendant la vie, contractés en boule dans le repos, ou après la mort. Ils sout munis d’un filament flagelliforme, qui part d’une entaille en avant, et d’un ou plusieurs points rouges ou irréguliers placés vers l'extrémité antérieure.

L’Euglène verte (fig. 13) est l'espèce la plus commune du

Fig. 13. Euglène verte. (Grossie 350 fois.) (Euglena viridis, Ehr.)

genre, et peut-être la plus répandue parmi tous les Infusoires. C'est cet animalcule qui habituellement colore en vert les eaux stagnantes, et qui forme sur les bords ou à la surface des eaux des marais une pellicule luisante, fortement colorée, qui, recueillie sur du papier, conserve pendant quelque temps sa nuance brillante.

L’Euglène sanguine, d'abord verte, devient d’un rouge sanguin. Elle avait été depuis longtemps entrevue par les micrographes. Ehrenberg, qui l’a décrite le premier, attribue à sa grande abondance la couleur rouge des eaux stagnantes.

La présence de ce microscopique Infusoire explique le prétendu miracle de l’eau changée en sang, phénomène invoqué dans l’antiquité par des prêtres égyptiens.

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