‹ La vie et les murs des animaux :Chapitre 23 sur 99 · FAMILLE DES ACTINIDIENS · texte numérisé non relu

FAMILLE DES ACTINIDIENS

Quand on visite l'aquarium du Jardin d’Acclimatation de

Paris, on est toujours frappé de surprise et d’admiration en voyant collés contre le cristal transparent du bassin plusieurs êtres vivants, colorés des plus brillantes nuances, et plus semblables à des fleurs qu'à des animaux. Supportés par une base solide et une tige cylindrique, ils se terminent comme la corolle d'une fleur, comme les pétales d’une Anémone : ce sont les Anémones de mer.

On peut toutefois voir ailleurs qu’au Jardin d’Acclimatation de Paris ces curieux zoophytes en état de vie. Toutes les personnes qui ont habité ou parcouru les bords de la mer, ont remarqué, tantôt suspendus aux rochers, tantôt appliqués sur le fond sous-marin, ces êtres charmants et craintifs qu’on appelle Anémones de mer, nom bien choisi, car ils ressemblent plus à des fleurs qu’à des bêtes.

On les appelle aussi Actinies, pour indiquer leur disposition en rayon ou en étoile (du grec œxri, rayon).

Le corps de ces animaux, de forme cylindrique, se termine en bas, par un disque musculaire, en général très-grand et très-distinct, qui leur permet d’adhérer fortement aux corps étrangers. Il se termine en haut par un disque portant plusieurs rangs de tentacules, qui ne diffèrent entre eux que par leur grandeur. Ces tentacules sont souvent parés des plus brillantes couleurs. Cette espèce de collerette n’est qu'un assemblage de tubes contractiles et le plus souvent rétractiles, percés, à leur pointe, d’un orifice donnant issue à de petits filets d’eau, qui jaillissent à la volonté de l’animal. Disposés en cercles multiples, ils se distribuent sur ces cercles avec une régularité parfaite. Ge sont les bras de ce zoophyte.

La bouche de l’Actinie s'ouvre entre les tentacules. De forme ovale, cette bouche communique avec un estomac, large et court, qui descend verticalement, et aboutit, par une large embouchure, dans une cavité viscérale, dont l’intérieur est divisé en petites loges et cloisons. Ces loges et ces cloisons n’ont pas toutes les mêmes dimensions. À partir des parois cylindriques du corps, elles s’avancent les unes plus, les autres de moins en moins, dans la direction du centre. Il y a plusieurs ordres de loges, qui se disposent les uns par rapport aux autres d’une manière très-régulière. Les tentacules qui

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leur correspondent sont disposés eux-mêmes sur des cercles de plus en plus périphériques.

L’estomac des Anémones de mer remplit des fonctions bien multiples. D'abord il est un organe de digestion. Il est aussi le siége de la respiration. Sans cesse mouillée par l’eau de mer qui la traverse, cette cavité viscérale absorbe l'air atmosphérique contenu dans l’eau. Get estomac est donc aussi un poumon.

Bien plus, c’est par ce même organe que l'animal vomit ses petits !

En effet, les organes reproducteurs, les œufs et les larves, sont placés dans les tentacules, ou bras. Au mois de septembre, les œufs sont fécondés, les larves ou les embryons développés ; et comme le dit Frédol dans le Monde de la mer, « ces animaux portent alors leurs petits, non sur leurs bras, mais dans leurs bras. » Les larves passent généralement des tentacules dans l'estomac, et sont ensuite rejetées par la bouche, en même temps que le résidu de l'alimentation.

Singulière bouche!

Ainsi, chez les Anémones de mer, l'estomac respire et la bouche sert à l'accouchement.

« Les Anémones pâquerettes du jardin zoologique de Paris, dit Frédol, ont vomi plusieurs fois de jolis petits embryons, lesquels se sont éparpillés et fixés dans divers endroits de l’aquarium, et ont produit des miniatures d’Anémones exactement semblables à leur mère.

« Une Actinie qui avait pris un repas très-copieux rendit, au bout de vingt-quatre heures, une portion de ses aliments, au milieu de laquelle se trouvèrent trente-huit jeunes individus (Dalyell). C'était un accouchement dans une indigestion !

« Les animaux des classes inférieures ont en général, comme fondement de leur organisation, un sac avec une seule ouverture. Cette ouverture remplit (ainsi qu'on l’a vu) des usages très-divers; elle reçoit et rejette, elle avale et vomit. Le vomissement, devenu nécessaire, habituel, normal, ne doit plus être douloureux... Peut-être même s’exécute-t-il avec quelque plaisir ; car ce n’est plus une maladie, c’est une fonction et même une fonction multiple. Chez les Anémones, il expulse l’excrément et pond les œufs ; chez d’autres, 1l sert encore à la respiration. Les animaux-fleurs jouissent donc d’un vomissement perfectionné et régularisé".»

Les Anémones de mer se multiplient d'une autre manière. On

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