‹ La vie et les murs des animaux :Chapitre 52 sur 99 · TL · texte numérisé non relu

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en même temps il ajouta qu’il connaissait parfaitement la position de toutes ces terres, et qu'il y conduirait facilement son bateau. Enfin, il termina en me demandant un verre d’arack. J’ignore si ce brave Malais professe la religion mahométane, mais ce que je puis assurer c’est qu’il but une demi-bouteille de vin et un quart de litre d’arack sans paraître en être incommodé le moins ‘du monde. Il m'offrit ensuite du trépang préparé en m’engageant à y goûter. Je trouvai à ce poisson préparé un goût rapprochant beaucoup de celui du homard : mes hommes le trouvèrent fort bon, et ils acceptèrent avec reconnaissance l'offre du capitaine. Pour moi, j'éprouvai une répugnance invincible même à le goûter. Le trépang se vend sur les marchés de Chine; d’après les renseignements qu'a pu nous donner notre capitaine malais, le prix de cette denrée serait quinze roupies (trente-deux francs environ) le pikoul ou les cent vingt-cinq livres. Il estimait son chargement à environ trois mille francs ; il lui suffit de trois mois pour le faire. De tout temps, les pêcheurs malais ont exploité exclusivement ce commerce, et il sera toujours difficile aux Européens d'élever à cet égard une concurrence, à cause de l’économie que les Malais peuvent apporter dans leurs armements, grâce à la sobriété excessive de ces hommes qui ne manquent'ni d'intelligence, ni d'activité.

« Il était près de quatre heures lorsque les Malais terminèrent leurs opérations. En moins d’une demi-heure, ils eurent embarqué leur récolte, les hangars furent démontés et rapportés, ainsi que les chaudières, sur les bateaux qui se préparèrent à appareiller ; à huit heures du soir, ils avaient hissé leurs voiles et ils sortaient de la baie !. »

On peut se faire une idée de l’importance et de l’étendue de la pêche des Holothuries, par le nombre de vaisseaux qu’elle attire dans les mers de cette partie de l'Orient. Le capitaine Kings assure que deux cents vaisseaux quittent chaque année Madagascar, pour se livrer à la pêche des Limaces de mer.

Le capitaine Flinders étant sur la côte nord de la Nouvelle- Hollande, apprit qu’une flotte de soixante embartations, portant une centaine d'hommes, avait quitté Madagascar, deux mois auparavant, pour aller à la recherche des Limaces de mer.

Dans la classe des Holothuries, on place un genre particu: lier, le genre Synapte, qui se distingue des Holothuries en ce qu’il n’a pas de pieds ambulacraires, et qu’il réunit les deux sexes sur le même individu.

1. Voyage au pôle sud et dans l'Océanie sur les corvettes l’'Astrolabe et la Zélée, exécuté par ordre du roi, pendant les années 1837-1838-1839-1840, sous je commandement de M. J. Dumont d’Urville, capitaine de vaisseau. Tome VI, Histoire du voyage. Paris, 1844. Pages 47-56. L

On voit représenté cet Échynoderme sur la figure 99. M. de Quatrefages, qui en a découvert une espèce particulière dans les eaux de la Manche, en a donné la description suivante dans son remarquable ouvrage intitulé Souvenirs d’un naturaliste.

«Figurez-vous, dit le savant académicien, un cylindre de cristal rosé, ayant quelquefois jusqu’à dix-huit pouces de largeur, plus d'un pouce de diamètre, parcouru dans toute sa longueur par cinq petits rubans de soie blanche et surmonté d'une fleur vivante dont les douze pétales, d’un blanc mat, se recourbent gracieusement en arrière. Au milieu de ces tissus dont la délicatesse semble défier les produits les plus raffinés de notre industrie, placez un intestin de la gaze la plus ténue , gorgé d'un bout à l’autre de gros grains de granit dont l'œil distingue parfaitement les pointes vives et les arêtes tranchantes.

« Voilà ce qui me frappa tout d’abord dans cet animal, qui semble wavoir littéralement d'autre nourriture que le sable grossier qui l’entoure. Et puis, quand, armé du scalpel et du microscope, je pénétrai dans son organisation, que de merveilles inattendues! Dans ce corps dont les parois avaient à peine un demi-millimètre d'épaisseur, je distinguai sept couches de tissus distincts, une peau, des muscles, des membranes. Sur ces tentacules pétaloïdes, j’aperçus des ventouses qui permettaient à la synapte de s'élever contre la surface polie d’un vase de cristal, Enfin, cet être si dénué en apparence de tout moyen d'attaque et de défense se montra protégé par une espèce de mosaïque formée de petits boucliers calcaires hérissés de doubles hameçons, dont les pointes, dentelées comme des flèches de Caraïbes, avaient prise jusque sur mes mains. »

Si l’on conserve pendant quelque temps dans de l’eau de mer des Synaptes vivantes, et qu’on les soumette ainsi à un jeûne forcé, on est témoin d’un bien étrange phénomène. L'animal ne pouvant se nourrir, se retranche successivement à lui-même diverses parties de son corps : il s'ampute spontanément. On voit un vaste étranglement se former, et la séparation de l’une des parties se faire brusquement.

« On dirait, dit M. de Quatrefages, que l'animal, sentant qu’il ne peut se nourrir tout entier, supprime successivement les parties dont l'entretien coûterait trop à l'ensemble, à peu près comme on chasse les bouches inutiles d’une ville ass égée. »

Ce singulier moyen de combattre la famine, la Synapte l'emploie jusqu’au dernier moment. Au Eout de quelques jours, en eflet, il ne reste de l'animal qu'un peiit ballon sphérique,

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Fig. 100. Synapte de Duvernoy.

(Synapta DurernϾa, Quatrelages.)

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surmonté de tentacules. Pour conserver la vie de sa tête, la Synapte s’est retranché successivement toutes les autres parties de son corps!

Pour trouver des spectacles naturels nouveaux, des sujets imprévus d'étude ou de réflexion, il n’est pas nécessaire de courir le monde, ni de franchir de grandes distances. Il suffit de se baisser au bord de nos rivages, et de demander aux côtes de la Manche un échantillon des merveilles que recèle notre Océan.

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Les mollusques constituent un des quatre embranchements du règne animal.

Les mollusques sont des animaux mous, sans squelette intérieur articulé, et sans squelette annulaire extérieur. Leur système nerveux, dépourvu d’axe cérébro-spinal, se compose seulement de ganglions, dont la réunion embrasse l’æœsophage, sans constituer jamais une longue chaîne médiane droite. Leur appareil digestif est complet, c’est-à-dire pourvu de deux ouvertures. Leurs principaux organes sont symétriques par rapport à un plan, ordinairement courbe, qui partage leur corps en deux parties.

Telle est la formule scientifique à l’aide de laquelle on pourra distinguer l’embranchement des mollusques des autres embranchements zoologiques, Zoophytes, Annelés et Vertébrés.

Bon nombre de personnes seront surprises peut-être que tant de façons soient nécessaires pour distinguer une Huïître d’un Chat, un Colimaçon d’une Écrevisse ou d’une Éponge. Mais en matière de science, il importe de préciser les termes.

Fidèle au programme que nous nous sommes tracé pour l'histoire des Zoophytes, nous supprimerons ici toutes considérations générales sur les mollusques, sur l’organisation de ces animaux, sur les mœurs, la distribution géographique, les usages économiques et industriels de ces êtres mollasses qui vont faire l’objet de nos études. Nous nous bornerons à faire connaître successivement, et aux divers points de vue qui viennent d’être énumérés, les espèces les plus curieuses et

les plus importantes de cette classe d'animaux Notre livre s'adresse à la jeunesse et aux gens du monde. Les généralités scientifiques ne sont point leur fait, ou du moins ils ne sauraient y arriver que par la connaissance des diverses particularités sur chaque espèce animale.

Nous ne saurions pourtant présenter, sans aucune méthode, l’histoire de tant d'êtres si peu connus, et si dignes de l'être. Nous suivronsun ordre scientifique, et nous nous conformerons, dans ce but, aux grandes divisions établies par les naturalistes modernes dans le vaste embranchement qui va nous occuper.

Les mollusques diffèrent singulièrement entre eux; l'unité est difficile à établir dans ce petit monde. Nous diviserons cet embranchement, avec tous les naturalistes, en deux séries principales, dont la première établit en quelque sorte le passage entre les zoophytes dont nous venons de faire l’histoire, et les mollusques proprement dits.

Cette première série, ce sous-embranchement, porte le nom de Molluscoïides. Il comprend deux types particuliers d’organisation. L'un est celui des Animaux Mousses ou Bryozoaires (de Bovoy, mousse, &wov, animal), l’autre celui des Tuniciers, ou des porte-luniques.

Les Mollusques proprement dits seront groupés en quatre classes :

Les Acéphales,

Les Gastéropodes,

Les Ptéropodes,

Les Céphalopodes.

Nous allons parcourir chacune de ces classes de l’embranchement des mollusques, en commençant par les Bryozoaires, c'est-à-dire en remontant l'échelle de complication de l'organisation animale.

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Les Bryozoaires sont le dernier terme de la série des mollusques, l’anneau qui rattache la chaîne des zoophytes à celle des-mollusques. En raison de cette organisation intermédiaire, on les a longtemps considérés comme des Polypes. MM. de Blainville, Edwards et Ehrenberg, proposèrent, presque en mème temps, de les séparer de ces derniers animaux, et d’en faire un groupe séparé.

Les plantes marines sont quelquefois recouvertes d’une matière abondante, veloutée, parasite, qu’on prendrait, au premier aspect, pour une plante, c’est-à-dire pour une Mousse. Cette prétendue Mousse n’est autre chose qu’une agrégation d’animalcules, dont chacun a sa logette distincte, mais contiguë à celle du voisin.

Ces petits êtres vivent donc en communauté. Chaque logette est formée par leur peau, qui est incrustée de sels calcaires, ou bien qui se durcit à la manière de la corne. Cette sorte de coquille met l'animal à l’abri des attaques de ses ennemis.

Ce mode de retraite au fond d’un abri protecteur, est, d’ailleurs, fréquent dans toute la série des mollusques. L'Huître s’enferme dans ses valves; le Colimaçon se retire dans sa coquille.

L'ensemble de ces logettes agglomérées que présentent les Bryozoaires, a longtemps été désigné sous le nom de polypier. On a proposé, avec juste raison, de le nommer testier.

Ce testier, dont chaque loge a une ouverture, munie d’un bourrelet nu, ou dentelé, ou épineux, ou protégé par un opercule, présente des formes très-variables. C’est tantôt un ensemble de tubes ramifiés et rampants, tantôt une masse arron-

die, d'apparence spongieuse, tantôt des expansions aplaties, lamelliformes, réticulées. Quelques espèces marines recouvrent les coquilles des Moules comme une fine dentelle.

Fait remarquable, ces cellules ne sont pas toujours inertes. Elles jouissent elles-mêmes de la faculté de se mouvoir. Tout le monde sait que les feuilles et les rameaux de la Sensitive se contractent et se replient, sous le doigt qui les touche. Le même phénomène se passe, d’après M. Rymer Jones, dans les cellules de certaines espèces de Bryozoaires. Dès qu'on les excite, ces cellules s’inclinent vivement; et le mouvement se communique de proche en proche, à toutes les cellules de la communauté. On dirait des capucins de cartes qui tombent l’un sur l’autre, quand le dernier de la bande a été ébranlé et ‘jeté sur son voisin! Ainsi, de simples organes jouissent d’un mouvement propre !

Revenons cependant à l’organisation du corps de l’animal contenu dans la logette. La portion supérieure et rétractile, qui est d’une délicatesse extrême, se termine, en avant, par un cercle de longs tentacules, au milieu desquels on aperçoit la bouche. Ces tentacules sont bordés latéralement par une série de cils vibratiles, qui peuvent, à la volonté de l'animal, s’épanouir au dehors et rentrer dans la loge.

« Bientôt, dit Frédol, le Bryozoaire étale ses jolis petits bras; les appendices et les cils de ces derniers commencent leurs rapides vibrations. L'œil, trompé par la vivacité et la régularité des mouvements qu'ils exécutent, croit voir des chapelets de gouttelettes de rosée balancés, tordus, noués et dénoués. Les corpuscules qui flottent autour de lanimal sont violemment agités, comme s'ils étaient sous l’influence de quelque tourbillon. Malheur, dans ce moment, aux infortunés infusoires que le hasard amène dans ce cercle fatal! »

Cette proie pénètre dans la bouche, à laquelle font suite un pharynx, un œsophage, un estomac, un intestin, et, du côté du dos de l’animal, non loin de la bouche, une ouverture spéciale pour cet intestin.

La respiration se fait, chezles Bryozoaires, par les appendices ciliés qui entourent la bouche. Ils constituent à la fois des tentacules et des branchies. L'animal ne présente aucune autre trace d'organes des sens. Un petit ganglion et quelques filets qui

en partent, constituent tout le système nerveux. On ne voit ni cœur ni vaisseau.

L’œuf, chez le Bryozoaire, donne naïssance à un jeune animal, dont le corps est recouvert de cils à sa surface, et qui nage librement, jusqu’à ce qu’il ait choisi un lieu convenable pour l'établissement de la nouvelle colonie dont il sera l’origine. Mais ce choix ne se fait pas pour luiseul. Le jeune animal renferme, sous son enveloppe ciliée, deux nouveaux individus qui, tout jeunes qu’ils sont, ont déjà l’aspect des Bryozoaires adultes. Ils augmentent tout d'abord le personnel de la colonie par leur bourgeonnement; plus tard ils produisent des œufs.

Après ce coup d'œil général jeté sur l’organisation de ce petit groupe de mollusques dégradés ou à peine ébauchés par la nature, nous appellerons l'attention du lecteur sur quelquesunes des espèces caractéristiques de ce groupe.

On trouve assez communément, dans les eaux pures et stagnantes, sous des feuilles de Nymphéa, des Potamots, ou sur des fragments de bois submergés, des animaux bryozoaires que Trembley décrivit le premier sousle nom de Polypes à panaches. Ce sont les Plumatelles (fig. 101). Ces petits êtres diaphanes constituent des colonies, qui ressemblent à de petits arbustes rameux et microscopiques, formés de menus tubes, entés les uns sur les autres. Ils offrent de 40 à 60 tentacules rétractiles, qui s’épanouissent, comme les pétales d’une fleur, et sont garnis de cils vibratiles, dont le mouvement suffit pour amener les aliments à la bouche.

Un autre genre qu’on trouve dans nos étangs de France, est la Cristatelle (fig. 102). Les habitants de la colonie sont réunis, en très-grande quantité, dans une enveloppe commune. Ce sont de longs filaments, de la grosseur d’une plume de Cygne. Leur aspect rappelle assez bien celui des cordons de passementerie qu’on appelle chenille. La villosité est produite par l’ensemble des tentacules appartenant aux animacules de ce curieux “essaim. La masse filamenteuse est le cordon hyalin dans lequel ces animacules sont logés, et où ils peuvent rentrer quand on les inquiète. Ces cordons sont tantôt libres en partie, tantôt complétement adhérents aux racines, aux tiges des petites

plantes aquatiques. Les tentacules sont d’une belle couleur hyalin, le corps est coloré en brun.

La figure 102 représente une espèce de Cristatelle commune dans nos climats, la Cristatelle mucedo.

Les Flustres sont des Bryozoaires marins, dont la peau s’en-

Fig. 101. Plumatelle cristalline.

(Plumatella cristallina, d’après Rœsel.)

durcissant en grande partie, forme un testier, d'apparence cornée et cellulaire. Les loges ou cellules sont rapprochées les unes des autres, et groupées symétriquement, comme les

Fig. 102. Cristatelle moisissure, (Cristatella mucedo, Cuvier.)

alvéoles des Abeilles. Tantôt elles composent des croûtes qui recouvrent les Algues et autres végétaux ou corps sous-marins; tantôt elles forment des tiges rubanées.

Quelques espèces de Flustres existent sur nos côtes. Nous citerons la Flustre foliacée (fig. 103), dont le testier peut acquérir jusqu’à un mètre de grandeur dans tous les sens.

« Les expansions, dit l’auteur du Monde de la Mer, représentent des ruches microscopiques dont les citoyens jouissent à la fois d’un existence commune et d'une existence indépendante. Comme chez les Polypiers, chacun mange pour le compte de l’association et pour son propre compte.

Fig. 103. Flustre foliacée.

(Flustra foliacea, Lin.)

Travail ‘et nutrition pour la république; travail et nutrition pour soi! Très-probablement il règne, entre tous les habitants d’un même groupe, des sentiments de fraternité d’une nature particulière dont nous n'avons aucune idée. Puisque ce qui est digéré par un membre de la familie, profite, jusqu'à un certain point, à tous les autres, ne doit-il pas y avoir entre tous les divers individus, surtout entre les plus rapprochés, un lien physiologique plus ou moins étroit, lequel entraine peut-être un lien moral plus ou moins fort. Et, s’il en était ainsi, les animalcules d’une flustre ne devraient pas connaître le sentiment de l’égoïsme. »

En apercevant la plupart des Tuniciers, une personne étrangère à la zoologie ne saurait guère les prendre pour des animaux. Presque toujours attachés aux rochers sous-marins, ces êtres affectent ordinairement la forme d’un sac. Leur peau, gélatineuse, cornée, ou rocailleuse, est parfois hérissée de plantes marines et de polypiers. Ils n’ont ni bras, ni pieds, ni tête. En revanche, ils ont une bouche, placée à l’entrée du tube digestif, et une ouverture spéciale destinée à l'évacuation des produits de la digestion, — ce qui est d’ailleurs un privilége parmi la série de ces êtres imparfaits que nous considérons depuis le commencement de ce volume. La bouche est précédée d’une grande cavité, dont les parois sont tapissées de vaisseaux, qui rendent cette cavité propre à la respiration, et qui sont recouverts de cils vibratiles. Le même canal sert donc, en avant, à la respiration, et plus loin à la digestion. C’est toujours la même et savante parcimonie de la nature.

Autre disposition tout aussi remarquable dans l’organisation de l'appareil circulatoire. On ne saurait appliquer aux Tuniciers le dicton vulgaire : Mauvaise têle et bon cœur, attendu qu’ils ont un cœur, à la vérité, mais qu’ils n’ont pas de tête.

Ce cœur est le centre d’un système vasculaire assez développé. Seulement, 1l n’est pas fait comme les autres. Le sang, qui le traverse, prend une telle route, que, dans l’espace de quelques minutes, le cœur change son oreillette en ventricule et son ventricule en oreillette. En même temps ses artères se changent en veines et ses veines en artères. C’est que le cou-

rant qui traverse ces canaux, change de direction à chaque contraction du cœur.

.Si simples qu’ils soient, les Tuniciers ont un système nerveux. C’est un ganglion unique, d’où partent divers petits filets. Les organes des sens se montrent chez eux d’une façon rudimentaire : on leur trouve des yeux.

En cherchant bien, on a même pu découvrir une oreille, une seule! La nature ne va pas si vite d'accorder, du premier coup, deux oreilles à des êtres aussi arriérés que les Tuniciers.

Ces animaux se reproduisent par des bourgeons, et aussi par des œufs. Les petits subissent les plus curieuses métamorphoses. Nous signalerons plus loin les prodigieuses particularités que présente la multiplication de certains Tuniciers.

On divise les Tuniciers en deux familles : les Ascidies et les Salpes.

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