ORDRE DES HOLOTHURIES
Les ignorants, comme vous et moi, appellent l’Aolothurie, Cornichon ou Concombre de mer, et ils n’ont peut-être pas tort.
Pour deux raisons : d’abord parce que le mot de Concombre de mer exprime à merveille la configuration de cet animal et le milieu qu’il habite; ensuite parce que les savants seraient fort en.peine d'expliquer le mot d’Holothurie, fussent-ils des puits de science, comme l’est sans doute, cet illustrissime Edgard, qui, dans la Revue des Deux-Mondes, régente si magistralement les vulgarisateurs scientifiques, et du haut de son fauteuil d'employé du télégraphe lance ses pesantes foudres contre tous les auteurs d'ouvrages de science populaire.
Le corps de l’Holothurie présente la forme d’un cylindre ailongé et vermiforme. Ses dimensions sont si variables, que certaines espèces n’ont que quelques centimètres de longueur, tandis que d’autres peuvent atteindre jusqu’à 1 mètre. En général, la peau de l'Holothurie est épaisse, coriace. Elle renferme des muscles, et est armée quelquefois de petits crachets qui font saillie, et servent à l’animal pour adhérer momentanément aux corps étrangers. A travers cette enveloppe sortent ordinairement des pieds tentaculaires, analogues à ceux que nous avons signalés dans les Oursins et les Étoiles de mer.
Quand on ouvre une Holothurie, on trouve presque toute sa cavité intérieure farcie de petits tubes blanchâtres. On sait que le fabuleux Concombre dont il est parlé dans les Mille et une Nuits, était rembourré de perles, d’après les ordres de lOiseau parleur. Chez notre pauvre animal, ce ne sont pas, hélas! des perles, mais, plus prosaïiquement, de simples tubes contenant les ovules.
La bouche s’ouvre à l'extrémité antérieure du corps. Elle est creusée dans une sorte d’entonnoir, et environnée, comme une auréole , d’un cercle élégant de tentacules. Dans l’animal vivant, et en sécurité, on voit ces tentacules s'épanouir, formant comme la corolle d’une fleur.
Quand on s'empare d’une Holothurie, quand le pêcheur, par exemple, la saisit au sein de l’eau, cette couronne de tentacules, ce plumet circulaire, n’est pas visible, car l'animal l’a brusquement rétracté. Notre zoophyte ne ressemble dès lors, sauf la couleur, qu’à une vulgaire Sangsue. Mais si on conserve cette Holothurie dans l’eau de mer renouvelée, si on la laisse
en repos, si on la traite, en un mot, avec les égards dus à cette porteuse de couronne, on la voit bientôt s’humaniser, et montrer, non les dents, mais la parure élégante qui entoure son chef.
Immédiatement après la bouche, commence un pharynx musculeux, qui se continue en un intestin très-long, formant
Fig. 98. Holothurie (Holothuria, Lin.).
(Holothuria lutea, Quoy et Gaimard.)
plusieurs circonvolutions, et qui se termine, à l'extrémité postérieure du corps, par un orifice, d'où l’on peut voir jaillir, de temps en temps, un petit jet d’eau. La portion terminale du canal digestif de ces animaux s’élargit et sert de vestibule à un système de tubes membraneux, qui se ramifie dans la cavité viscérale comme un arbre touffu, et qui reçoit dans son
intérieur l’eau du dehors, en l’aspirant par son extrémité postérieure. L'animal peut à volonté remplir ce réservoir ou le vider; c’est par ces mouvements alternatifs d'inspiration et d’expiration qu’il renouvelle l'oxygène nécessaire à sa respiration.
Le système circulatoire, qui paraît former un cercle complet, ne possède pas d’agent central, c’est-à-dire de cœur.
Un anneau œsophagien, d’où partent cinq cordons nerveux principaux , représente un système nerveux rudimentaire.
Les sexes sont séparés chez les Holothuries.
Quant à leur développement, ces êtres diffèrent des Astéries et des Oursins, en ce que leurs larves se convertissent inté-
gralement en une Holothurie nouvelle, sans perdre d’autres organes que la bouche et l’æœsophage.
Le corps de certaines espèces de Concombres de mer est lubréfié par un liquide âcre, corrosif et brûlant. L’Holothuria oceanica, décrite par le naturaliste Lesson, et qui est longue d'un mètre, sécrète à la surface de son corps une humeur irritante, qui laisse aux doigts une démangeaison intolérable. Aussi les habitants des côtes de la mer du Sud ne peuvent-ils la voir sans une extrême répugnance.
L'Holotnurie que nous représentons (fig. 98), est le Stychopus luteus de Brandt, qui lui donne pour caractère distinctif trois rangées de pieds tentaculaires à la face ventrale.
Nous avons parlé, à propos des Étoiles de mer, de l'étrange phénomène du suicide de cet animal. L’Holothurie a les mêmes tendances. Seulement, n'étant point formée, comme l’Astérie, d’une matière cassante, elle ne peut se briser en morceaux devant son ennemi déconcerté. Elle s’y prend autrement, elle se tue à sa manière. Si le suicide de l’Holothurie n’est pas toujours complet, si elle ne porte qu’une demi-atteinte à son existence, ce n’est point sa faute, mais bien le fait de son extrême puissance de reproduction organique, qui lui fait promptement recouvrer les parties dont elle s’est débarrassée volontairement.
Lorsque l’Holothurie a quelques motifs de chagrin, si quelque chose la trouble ou l’inquiète, si un ennemi l'attaque, si un pêcheur la poursuit, aussitôt, par un brusque mouvement, elle rejette au dehors, ses dents, son estomac, son appareil digestif. Elle se trouve ainsi réduite à un sac mem-
braneux vide, avec une bouche dégarnie. Chose singulière! ce sac vide se contracte encore avec force dans la main qui lesaisit.
On ne peut admettre que ce soit là un moyen de se défendre, car le guerrier ne jette point ses armes au moment du combat ou du danger. Il faut donc croire que, dans cette circonstance, l’Holothurie obéit à cette étonnante détermination du suicide dont l'Étoile de mer offre un exemple incontestable, exemple qui permet de tirer une conclusion, par voie d’analogie, applicable à ce cas nouveau.
On pourrait croire, en se plaçant à un autre point de vue, que si le Concombre de mer se débarrasse aussi aisément d’une partie de lui-même, c’est qu'il a la conscience de pouvoir assez promptement récupérer les organes qu'il s’est volontairement retranchés. L'hypothèse du suicide perdrait alors de sa valeur.
Quelle que soit l'explication qu'on veuille en donner, le phénomène est certain, et c’est assurément l’un des plus étranges que nous présente l’histoire des animaux inférieurs.
Le docteur Johnston raconte qu’il avait oublié pendant quelques jours une Holothurie dans de l’eau non renouvelée. La bète ne tarda pas à vomir ses tentacules, son appareil buccal, son tube digestif et une partie de ses ovaires. Et pourtant elle n’était pas morte! Elle était encore sensible aux moindres excitations. Elle vécut et reproduisit de nouveaux viscères.
Non-seulement les Holothuries peuvent rejeter leurs organes et les restaurer plus tard, mais elles offrent encore un autre phénomène non moins étrange. Elles se divisent spontanément en deux portions. Leurs deux extrémités commencent par s’élargir, puis leur partie moyenne devient peu à peu étroite comme un fil. Enfin, ce fil se rompt, et chaque moitié de l'Holothurie devient alors une Holothurie parfaite. L'animal s’est coupé en deux, et les deux fragments forment deux individus nouveaux! O nature!
Les mœurs de ces animaux sont encore peu connues. Ils habitent les mers et sont répandus sous toutes les latitudes du globe. Leurs mouvements, très-bornés, consistent en une sorte de reptation, produite par les ondulations de leur corps, ou les contractions de leurs pieds.
On rencontre ordinairement les Holothuries en train de
grimper sur des pierres ou quartiers de roches sous-marines, mais toujours dans des parties abritées, car elles paraissent redouter l’action de la lumière.
L'Holothurie se trouve quelquefois prise dans les filets de nos pêcheurs. Si le pêcheur la tient dans la main, elle se contracte ; son corps devient dur et roide, et l’eau de mer qu'il renferme est lancée au dehors avec force.
Nous n’avons pas besoin de dire que nos pêcheurs rejettent avec dédain sur Je rivage l’Holothurie prise dans leur filet. Ce Légume de mer n’a jamais paru digne de figurer sur nos tables.
Vérité en deçà, erreur au delà, est un axiome aussi vrai en morale qu'en cuisine. Ce Concombre de mer, que l'Europe dédaigne, est le plat favori des Chinois. La pêche, la préparation de ces animaux et leur transport sur les marchés, jouent un rôle important dans l’industrie et le commerce de l'Orient.
Une assez grande espèce d’Holothurie, très-commune dans la Méditerranée, c’est l’Holothuria tubulosa, dans laquelle, par parenthèse, vit un singulier poisson parasite : le Fierasfer Fontanesi. Cette espèce est comestible, et on la mange à Naples. On préfère aux Iles Mariannes le Guam (Holothuria Guamensis).
Mais nulle part cet animal comestible ne prend une telle importance que dans les mers de la Malaisie et de la Chine. Dans ces pays, et en général sur tous les rivages de l'océan Indien, on mange avec délices l’Holothuria edulis, vulgairement nommée Trépang.
Des milliers de jonques sont équipées tous les ans pour la pêche du Trépang. Les pêcheurs malais apportent à cette pêche une patience ét une dextérité remarquables. Penchés sur l'avant de leurs embarcations, ils tiennent à la main de longs bambous, terminés par un crochet acéré. Leurs yeux, exercés à cette pêche, distinguent à une distance qui souvent n’est pas moindre que 30 mètres, les Holothuries qui rampent sur les rochers sous-marins ou les Coraux. Le pêcheur lance son harpon de cette énorme distance, et il manque rarement sa proie.
Pour s’emparer de ces monstres culinaires, quand les eaux sont peu profondes, c’est-à-dire quand elles n’ont que quatre à
cinq brasses, on se contente d'envoyer des plongeurs, qui les saisissent à la main, et peuvent de cette manière en ramasser cinq à six à la fois.
Quand il s’agit de préparer l’Holothurie pour son transport sur les marchés et pour sa conservation, les pêcheurs malais ou chinois la font bouillir dans l’eau et l’aplatissent avec des pierres. Ensuite on l’étend sur des cordes de bambou, pour la faire sécher, d'abord au soleil, puis à la fumée. Aïnsi préparées, on les enferme dans des sacs, et on en charge des Jonques, qui vont les vendre dans les ports de la Chine, où on les estime particulièrement. Cette pêche se fait aux mois d'avril et de mai.
Dans sa route vers le pôle austral, le commandant Dumont d'Urville, traversant les mers de la Chine, eut occasion d’assister à la pêche des Holothuries, faite par des Malais. Nous rapporterons le passage du Voyage de l’Astrolabe et de la Zélée dans lequel le navigateur français raconte ce qu’il a vu lui-même,
« Nous voyons, dit le capitaine Dumont d’Urville, entrer dans la baie quatre praos malais, portant les couleurs de la Hollande, qui viennent laisser tomber leurs ancres à une encàblure de l’ilot de l'Observatoire. Les patrons de ces embarcations viennent aussitôt me saluer. Ils m’apprennent que, partis de Marcassar vers la fin d'octobre, lorsque la mousson d'ouest commence, ils vont pêcher les holothuries (le Trépang) le long de la côte de la Nouvelle-Hollande, depuis l’ile Melville jusqu’au golfe de Carpentarie, d’où les vents d’est les ramènent; en opérant leur retour, ils visitent de nouveau tous les points de la côte, mouillant dans les baies où ils espèrent pouvoir pêcher avec succès et compléter leur chargement. Nous sommes aux premiers jours d'avril, la mousson d’est est définitivement établie, les pêcheurs malais retournent dans leurs foyers, et, en passant, ils viennent exercer leur industrie dans la baie Râfles. Une heure après leur arrivée, ils sont tous à l’ouvrage, le laboratoire pour la préparation de leur pêche est établi près de nos observateurs. La rade n’a plus le triste aspect d’une vaste solitude, des tourbillons de fumée couronnent l’ilot de l'Observatoire, sur lequel se sont élevés comme par enchantement plusieurs vastes hangars ; de nombreuses embarcations garnies de plongeurs s’échelonnent dans les alentours afin de pêcher les holothuries, qui passent immédiatement aux fourneaux pour subir la préparation qui doit assurer leur conservation...
« Souvent dans mes courses j'avais remarqué, sur plusieurs points, de petits murs construits en pierres sèches, et affectant la forme de plusieurs demi-cercles accolés les uns aux autres. Vainement j'avais cherché à me rendre compte de l’usage auquel étaient destinées ces petites constructions, lorsque les pêcheurs malais arrivèrent. À peine leurs ba-
teaux étaient-ils ancrés, qu’ils se hâtèrent de descendre dans l’ile plusieurs grandes chaudières en fonte affectant la forme d’une demi-sphère, dont le diamètre atteignait souvent la longueur d’un mètre; ils les placèremt sur les petits murs en pierre dont j'ai parlé et qui leur servent de foyers. Près de ces fourneaux improvisés, ils élevèrent ensuite des hangars en bambous, composés de quatre forts piquets fichés en terre, supportant une toiture qui recouvrait des claies destinées probablement à faire sécher le poisson lorsque le temps est à l’orage. Pendant leur séjour sur cette rade, ces pêcheurs, servis par un temps favorable, ne firent aucun usage de ces hangars, qu’ils avaient mis en état, je présume, par mesure de précaution.
« Cette foule d'hommes travaillant avec activité à établir leurs laboratoires, avait donné à cette partie de la baie un aspect inaccoutumé qui ne pouvait tarder d'attirer vers ce point les sauvages habitants de la Grande-Terre. Bientôt, en effet, ils accoururent de tous côtés; presque tous atteignirent la petite ile, soit à la nage, soit en traversant à gué la nappe d’eau peu profonde qui la sépare de la Grande-Terre. Je n’aperçus qu’une seule pirogue en écorce d’arbre mal assemblée, et qui avait donné passage à trois de ces visiteurs. Lorsque la nuit arriva, les Malais avaient terminé tous leurs apprêts; quelques-uns d’entre eux seulement restèrent à la garde des objets déposés à terre, tous les autres regagnèrent leur bateau...
« Sur ces entrefaites, un canot de l’Astrolabe étant venu porter quelques visiteurs sur l'ile, j'en profitai pour aller en compagnie de M. Rocquemaurel visiter un des praos les plus proches, où nous fûmes reçus avec politesse, et même avec cordialité par ie patron ou le capitaine du bateau : il nous fit parcourir son petit navire, dont nous pûmes examiner tous les détails. La carène nous parut solidement établie, les formes mêmes ne manquaient pas d'élégance ; mais le plus grand désordre semblait régner dans l’arrimage ; au-dessus d’une espèce de pont formé par des bambous et des claies en jonc, on voyait au milieu des cabines, ressemblant à des cages à poules, une infinité de paquets, des sacs de riz, des coffres, etc., etc. En dessous se trouvaient la cale à eau, la soute du trépang et le logement des matelots.
« Chacun de ces bateaux est muni de deux gouvernails (un de chaque côté), qui se soulèvent à volonté lorsque le bateau touche le fond. Ces navires vont ordinairement à la voile ; ils sont munis de deux mâts sans haubans qui peuvent à volonté se rabattre sur le pont au moyen d’une charnière. Leurs ancres sont toutes en bois, car le fer n’entre que bien rarement dans les constructions malaises. Leurs câbles sont en rotin ou en gomoton. L’équipage se compose de trente-sept hommes environ. Le nombre des embarcations est de six pour chaque bateau. Au moment de nos visites, elles étaient toutes occupées à la pêche et quelques-unes étaient mouillées à petite distance de nous. Sept à huit hommes à peu près nus plongeaient pour aller chercher le trépang au fond de l’eau. Le patron de l’embarcation seul se tenait debout et ne plongeait pas. Un soleil ardent dardait ses rayons sur leurs têtes sans les incommoder ; il n'y à pas d'Européen qui puisse tenir plus d’un mois à faire un pareil
métier. Il était près de midi, et notre capitaine malais nous assurait que c'était le moment le plus favorable pour la pêche. Nous apercevions en effet facilement chacun des plongeurs, revenant chaque fois à la surface de l’eau, en tenant au moins un poisson et souvent deux à chaque main. Il paraît que plus le soleil est élevé au-dessus de l'horizon, mieux ils peuvent distinguer leur proie et la saisir facilement. Les plongeurs paraissaient à peine à la surface pour rejeter dans le canot le poisson qu'ils avaient saisi, et ils replongeaient immédiatement. Lorsque ces embarcations étaient suffisamment chargées, elles étaient remplacées par des canots vides, et conduites à la plage de l’ile. Je suivis l’une d’elles pour assister à la cuisson du trépang qu’elle apportait.
a Le trépang, ou holothurie de la baie Râfles, avait à peu près cinq à six pouces de long sur deux pouces de diamètre. C’est une grosse masse charnue affectant la forme d’un cylindre et dans laquelle on ne distingue à l'extérieur aucun organe. Ce mollusque colle sur le fond de la mer, et comme il n'est susceptible de prendre qu'un mouvement très-lent, les Malais le saisissent facilement; le premier mérite du bon pêcheur est de savoir parfaitement plonger et d’avoir un œil exercé, pour le distinguer sur le fond de l’eau. Pour le conserver, les pêcheurs le jettent encore vivant dans une chaudière d’eau de mer bouillante, où ils le remuent constamment au moyen d’une longue perche de bois qu'ils appuient sur une fourche fichée en terre afin de faire levier. Le trépang rend en abondance Peau qu’il contient ; au bout de deux minutes environ, on le retire de la chaudière. Un homme armé d’un large couteau louvre pour en extraire les intestins, puis il le rejette dans une seconde chaudière où on le chauffe de nouveau avec une très-petite quantité d’eau et de l'écorce de mimosa. 11 se forme dans la deuxième chaudière de la fumée en abondance produite par l'écorce qui se consume. Le but de cette dernière opération semble devoir être de fumer l’animal, afin d’assurer sa conservation. Enfin, en sortant de là, le trépang est placé sur des claies et exposé au soleil afin de se sécher. Il ne reste plus ensuite qu’à l’embarquer.
« Il était deux heures de l’après-midi lorsque les plongeurs cessèrent de pêcher, et vinrent à terre ; bientôt ma tente en fut entourée. Au milieu d’eux je pus reconnaitre le capitaine du prao que j'avais visité dans la journée ; il s’approcha de moi, et examina avec beaucoup d'attention tous les instruments de physique qui se trouvaient à l’observatoire, et dont il cherchait à comprendre l’usage. Un fusil à piston qui se trouvait à mes côtés le surprit extrêmement, surtout lorsque je lui démontrai par l’expérience combien son mécanisme était supérieur à celui des fusils à pierre. Il m’assura que ces armes n'étaient point encore connues sur l'ile Célèbes, sa patrie; mais il ne parvint pas à me convaincre; puis ensuite il me questionnait sur les points que nous avions déjà visités et sur ceux où nous devions aller. Je me hasardai à lui tracer sur une feuille de papier un croquis de la carte de la Nouvelle-Hollande, de la Nouvelle- Zélande et de la Nouvelle-Guinée. Aussitôt il me prit le crayon des mains et y ajouta tout l’archipel de l’Inde, la côte de la Chine, celle du Japon, sans oublier les Philippines. Surpris, je lui demandai, à mon tour, s’il avait visité tous ces lieux ; il me répondit négativement, mais
‘HIpUI UP990,[ SUPP HUUJOIOH,[ ap uorrardoud Jo 24994 ‘66 ‘al
PCT