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Fig. 194. Temple de Sérapis à Pouzolles, d’après une photographie de MM. Ferrier et Soulier.
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sont aussi perforées en certaines parties; une d'elles, par exemple, se trouve percée sur une longueur de 2®,4, tandis qu’elle est intacte sur un espace de 1,2. Plusieurs de ces colonnes brisées sont rongées, nonseulement à l'extérieur, mais aussi sur la fracture transversale; et sur quelques-unes d’entre elles, d’autres animaux marins ont fixé leur demeure. Aucun des piliers de granit n’a été atteint par les lithodomes. La plate-forme du temple, qui n’est pas parfaitement unie, se trouve actuellement (1828) à un pied (30°) environ au-dessous de la marque des hautes eaux, — car il y a de petites marées dans le golfe de Naples; — et la mer, qui n’est qu’à 30 mètres de distance, pénètre jusque-là à travers le sol intermédiaire. La zone supérieure des parties perforées se trouve élevée à 7 mètres au moins au-dessus de la marque des hautes eaux; et il est évident que les colonnes doivent être restées pendant longtemps immergées, et debout dans l’eau de mer; puis, après y avoir séjourné pendant un grand nombre d'années, elles ont dû se trouver élevées à la hauteur d’environ 7 mètres au-dessus du niveau de la RTE RUE AID LUS 0 CON relie ie Oyé te
« Si l’on considère avec attention les effets des tremblements de terre que nous venons d'indiquer comme ayant eu lieu pendant ces cinquante dernières années, on ne sera point étonné de retrouver, dans le cours de dix-huit siècles, des traces de l’exhaussement et de l’abaissement alternatifs du lit de la mer et de la côte adjacente; ce qui surprendrait, au contraire, ce serait que de futures investigations n'amenassent point à découvrir de pareils indices dans toutes les régions soumises à l'influence volcanique.
« On concevra que des édifices peuvent être submergés, et ensuite élevés au-dessus des eaux, sans être complétement réduits en ruines, si l’on se rappelle qu’en 1819, lors de l’abaissement du Delta de l’Indus, les maisons du fort de Sindree s’enfoncèrent sous les eaux sans être renversées. De même en 1692, les bâtiments situés autour du havre de Port-Royal, dans la Jamaïque, s’affaissèrent subitement jusqu’à la profondeur de 9 et 15 mètres sous l’eau sans tomber; et plusieurs métairies qui se trouvaient sur de petites portions de terre transportées à un mille de distance en bas d’une déclivité, restèrent entières après ce déplacement, comme celles des environs de Mileto, en Calabre.En 1822, les fondations de quelques bâtiments de Valparaiso furent soulevées de . plusieurs pieds, d'une manière permanente, en même temps qu’une grande partie de la côte du Chili, sans que ces bâtiments fussent renversés. On comprend mieux encore qu’un édifice reste debout pendant l’exhaussement ou l’abaissement du sol sur lequel il repose, quand les murs sont soutenus, tant à l'extérieur qu’à l'intérieur, par un dépôt comme celui qu’entoura et remplit jusqu’à la hauteur de 3w et 3m,6 le temple de Sérapis à Pouzzoles.
« Nous allons actuellement rechercher à quelles époques eurent lieu, dans le golfe de Baïes, les changements remarquables que nous venons de passer en revue. Il paraît que dans l’atrium du temple de Sérapis on a trouvé des inscriptions par lesquelles Septime-Sévère et Marc- Aurèle ont pris soin des travaux qu'ils firent exécuter dans ce temple,
en l’ornant de marbres précieux. Il est donc probable qu’il fut bâti vers la fin du second siècle de notre ère, et qu’il resta au moins jusqu’au troisième à peu près dans sa position primitive. D'un autre côté, il est bien constaté que le dépôt marin qui forme la plaine de la Starza était encore couvert par les eaux de la mer en 1530, ou huit ans avant la terrible explosion du Monte Nuovo. M. Forbes a cité dernièrement le témoignage formel d’un ancien auteur italien, Loffredo, à l’appui de ce point important. Loffredo écrivait, en 1580, que, cinquante ans auparavant, la mer baignait la base des collines qui s’élèvent de la plaine dont nous venons de parler ; et il ajoute expressément qu’à cette époque on aurait pu pécher de l'emplacement des ruines qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de Stadium, d’où il suit que l’abaissement du sol eut lieu entre le troisième siècle, lorsque le temple était encore debout, et le commencement du seizième siècle, lorsque la place qu’il occupait se trouvait submergée.
« Or, dans cet intervalle, les deux seuls événements dont fassent mention les annales incomplètes de ces époques peu connues, sont l’éruption de la Solfatare en 1198, et le tremblement de terre qui, en 1488, ravagea Pouzzoles. Il est très-probable que les tremblements de terre qui précédèrent l’éruption de la Solfatare, située tout près du temple, donnèrent lieu à un affaissement, et que la ponce, ainsi que les autres matières rejetées par ce volcan, tombèrent en pluie épaisse dans la mer, et recouvrirent immédiatement la partie inférieure des colonnes, qui se seraient ainsi trouvées garanties de l’action des eaux et des perforations des lithodomes. Puis, les vagues auraient renversé plusieurs piliers, et formé les strates de fragments brisés de bâtiments, mêlés de déjections volcaniques, qui s'étendent le long de la côte sur plusieurs milles, et renferment des objets d’art et des coquilles. M. Babbage, après avoir soigneusement examiné, d'une part, plusieurs incrustations de carbonates de chaux analogues aux dépôts que forment les eaux thermales, et adhérant aux murs et aux colonnes du temple à diverses hauteurs, — puis les marques distinctes des anciennes lignes de niveau des eaux, visibles au-dessous de la zone des perforations des lithophages, a conclu, et prouvé, je pense, que l’affaissement de Pédifice ne fut pas subit, c’està-dire qu’il ne se produisit point en une seule fois, mais qu'il s’opéra graduellement et par leffet de plusieurs mouvements successifs.
« Quant au réexhaussement du sol déprimé, on peut supposer, d’après la fréquence des tremblements de terre dans cette région, qu’il eut lieu aussi à plusieurs époques différentes. Jorio cite à ce sujet deux documents authentiques : le premier, daté d'octobre 1503, et écrit en italien, est un acte par lequel Ferdinand et Isabelle accordent à l’Université de Pouzzoles une portion de terre, « d’où la mer est en voie de se retirer » (che va seccando el mare); le second est un document écrit en latin, et daté du Z3 mai 1511, près de huit ans plus tard, par lequel Ferdinand accorde à la ville une portion de territoire aux environs de Pouzzoles, qui, après avoir fait partie du lit de la mer, se trouvait alors à sec (dessiccatum).
« Il est parfaitement évident toutefois, d’après le récit de Loffredo,
que l’exhaussement principal du terrain bas, appelé la Starza, eut lieu après l’année 1530, et quelque temps avant l’année 1580; et cela seul dutoriserait à supposer que le changement en question s’opéra en 1538, lorsque le Monte Nuovo fut formé. Or, il n’est même pas permis de douter que ce fut bien à cette époque que s’accomplit ce mémorable événement, car dans les descriptions précédemment citées de Falconi et de Toledo, relatives à la catastrophe de 1538, dont ces deux observateurs furent témoins, il est dit de la manière la plus expresse que la mer ayant abandonné une étendue considérable de la côte, les habitants pouvaient prendre le poisson avec la plus grande facilité; et entre autres particularités, Falconi fait mention de deux sources qu'il aperçut dans les ruines nouvellement découvertes". ,
Le soin avec lequel le géologue anglais a étudié les trois célèbres monolithes, témoigne de l'importance que présentent ces ruines, au double point de vue de la géologie et de l’archéologie. Aussi les touristes et les savants qui voyagent en Italie, se font-ils un devoir d'aller saluer ce monument antique. Nous n'avons pas manqué, au mois de février 1865, de faire ce pèlerinage.
C'est au retour de l’excursion à la Solfatare de Naples, que l’on descend d'ordinaire à Pouzzoles, pour en voir le port et visiter le temple de Sérapis. En arrivant par cette route, le vieux monument qui est assis au bord du golfe, à cent mètres de la mer, se présente par son côté le plus pittoresque. Quand on s’arrache du cirque sombre et désolé de la Solfatars ; quand on est encore sous l'impression de la beauté sauvage de ces champs de Genêts et de ces taillis de Châtaigniers, croissant au milieu d’un sol volcanique, tout parsemé de soufre, tout imprégné d’odeurs et d’'émanations fétides, on repose ses yeux avec bonheur sur les élégantes colonnes du temple de Sérapis, que l’on aperçoit, à travers les Citronniers, se découpant sur la ligne de la mer. Parvenu au bas de la colline, on descend jusqu’au rivage, et après avoir traversé une partie du port de Pouzzoles, on arrive, par une rue étroite à l'entrée du monument. C’est un vaste jardin, qui est demeuré fidèle à l’ancienne destination que nous croyons devoir attribuer au temple de Sérapis. Sur sa porte on lit, en effet :
1. Principes de géologie, par Ch. Lyell, traduits de anglais par M° Tullia Meulien. 3° partie. Paris, 1846, in-18, pages 420-422 ct 424-429.
Bagni termo-minerali nel tempio di Serapi : (Bains thermominéraux du temple de Sérapis.)
Les ruines de ces thermes antiques occupent le milieu d’un grand espace, entouré lui-même d'Orangers et de Citronniers. Les trois colonnes, sur lesquelles on a tant discuté, s'élèvent, hautes et droites, entourées de soubassements d’autres colonnes et des débris de mausolées, d’une moindre conservation. Le sol est, en divers endroits, baigné par l’eau; car il est inférieur au niveau de la mer, et serait toujours couvert d’eau, si l'on ne prenait les précautions nécessaires pour se garantir des infiltrations.
Autour du jardin sont des chambres, petites et délabrées, qui servaient autrefois, et qui servent encore, à administrer aux gens de bonne volonté des bains d’eau minérale.
En somme, l'aspect général de ce lieu n’a rien de remarquable. Mais l’histoire naturelle et l'archéologie iront longtemps encore demander des sujets de discussion ou d'étude aux vestiges de ce monument célèbre.