‹ La vie et les murs des animaux :Chapitre 86 sur 99 · GENRE FUSEAU · texte numérisé non relu

GENRE FUSEAU

Les Fuseaux, qui se distinguent par l’élégance de leur forme, plutôt que par l'éclat de leurs couleurs, sont un autre genre de

Fig. 329. Fig. 330. Fig. 331.

Fuseau proboscidifère. Fuseau pagode. Fuseau quenouille. (Fusus proboscidiferus. Lamk.) (Fusus pagodus. Lesson.) (Fusus colus. Lin.)

la mème famille. Ils comprennent le Fuseau proboscidifère (fig. 329), le Fuseau pagode (fig. 330), et le Fuseau quenouille

(fig. 331).

GENRE STROMBE.

Les Strombes (de strombus, conque marine) sont tous des animaux propres aux mers des pays chauds. On ne saït rien sur

leurs mœurs ni sur leurs habitudes. Il est probable qu’ils vivent fort longtemps, car leurs coquilles, quand elles sont com: plètes, acquièrent une épaisseur et une pesanteur considérables. On les trouve même encroutées, à l’intérieur, de couches

g. 332. Strombe aile d’aigle, avec l'animal, (Sérombus gigas. Lin.)

me

de sédiments terreux, nombreux et lisses, et recouvertes, à l'extérieur, de petits polypiers et autres productions marines. Il existe des espèces de Strombes de très-grande taille. On

Fig. 333. Coquille du Strombe aile d’aigl”.

les plaçait autrefois, comme objets d'ornement, dans les salles à manger, surtout quand leur ouverture étaitvivement nuancée. Elles ne sont plus recherchées aujourd'hui que pour décorer

s grottes que l’on construit dans les jardins, et pour orner les

collections conchyliologiques, où elles occupent, en raison de leur volume, une place considérable.

Ces coquilles sont ventrues, terminées à leur base par un canal court, échancré ou tronqué. Le Lord droit se dilate avec l’âge, en une aile simple, lobée ou crénelée à la partie

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Fig. 334. Strombe aile d'ange. (Strombus gallus. Lin.)

supérieure, et présentant à la partie inférieure un sinus séparé du canal ou de l’échancrure de la base.

L'animal des Strombes présente une tête distincte, pourvue d’une trompeet de deux gros tentacules, portant chacun un œil, gros et vivement coloré. Le pied est comprimé, et divisé en

i 335. Strombe bouche de sang. Fig. 336. Strombe treillissé. (Strombus luhuanus. Lin.) (Strombus cancellatus. Lamk.)

deux parties, dont la postérieure, plus longue, porte un opercule corné, un véritable ergot. Le Strombe aile d'aigle, que nous représentons (fig. 332 et 333), montre ces diverses particularités.

La coquille est grande, turbinée, très-ventrue, à spire trèspointue, hérissée d’une série de tubercules coniques, à bord droit très-large, arrondi en dessus. L'ouverture est d’un rose pourpré assez vif, le reste blanc; cette coquille vient de la mer des Antilles.

Le Strombe aile d'ange, des mers d’Asie et de l’Amérique méridionale (fig. 334), est veiné de blanc et de roux.

Le Strombe bouche de sang (fig. 321) est de couleur fauve, par-

Fig. 337. Strombus thersites. (Gray.)

semée de blanc en dehors; le bord droit est rouge et strié en dedans. La columelle est teinte de poupre etde noir.

Le Strombe treillissé (fig. 336) est de petite taille et de couleur blanche.

Nous représentons aussi le Strombus thersiles (fig. 337).

GENRE PTÉROCÈRE.

Les Plérocères ( de nrepss, aile, xepxs corne) sont très-voisins des Strombes. Ils s’en distinguent principalement en ce que le bord droit se développe, avec l’âge, en digitations longues et grêles, plus ou moins nombreuses, et qui varient pour le nombre, suivant les espèces. :

On trouve les Ptérocères dans les mers des deux hémisphires.

a4O MOLLUSQUES.

On les désigne vulgairement sous les dénominations d’Araignées

Fig. 34t. Ptérocère lambis. (Pteiocera lambis. Lin.)

et de Scorpions de mer. On se fera une idée de ces curieuses

GASTÉROPODES. 4h

formes animales en jetant les yeux sur les figures ci-jointes qui représentent : le Ptérocère scorpion (fig.338), le Plérocère mille pieds (fig. 339), le Ptérocère araignée (fig. 340), le Ptérocère lambis (fig. 341).

Nous devons ajouter que la famille des Piérocères, dont la forme remarquable est si bien faite pour attirer nos regards, a un attrait de plus ; nous voulons parler de la coloration de ces coquilles dont les nuances sont très-variées surtout vers l'ouverture, où la fraîcheur des tons est généralement trèsgrande , et qui, jointe aux caractères que nons vencns de décrire, constitue un groupe des plus intéressants parmi les Gastéropodes.

Gastéropodes cyclobranches. — Les Gastéropodes cyclobranches ont des branchies en forme de feuillets ou de petites pyramides, attachées en une rangée, de chaque côté sous le bord du manteau. Ce sont des animaux essentiellement marins: on les divise en deux genres : celui des Oscabrions et celui des Patelles.

GENRE OSCABRION.

Les Oscabrions, sur le:quels nous ne nous appesantirons pas, sont des êtres singuliers, sans yeux, sans tentacules, sans mâ-

Fig. 542. Oscabrion magnifique. (Chiton magnificus. Deshayes).

choires, et qui, au lieu de coquille, portent sur le dos une cuirasse d’écailles imbriquées et mobiles. Ils s’allongent et se

contractent,comme les Limaces. Ils se roulent en boule, comme les Cloportes. Ils adhèrent avec force aux rochers, et se plaisent dans les lieux battus par les vagues. On les trouve dans toutes les mers. ù

La figure 342 représente l’Oscabrion magnifique.

GENRE PATELLE.

Les Patelles constituent un genre très-nombreux, aussi distinct par la forme et la structure de l’animal, que par celles de la coquille. Les anciens auteurs désignaient cette coquille sous le nom de Lépas ou écaille; Linné changea ce nom en celui de Patelle, qui veut dire petit plat, bien qu’un grand nombre d’espèces ne ressemblent guère à un plat, grand ou petit.

La coquille des Patelles est univalve, ovale ou circulaire, non spiralée, terminée en cône surbäissé, concave et simple en dessous, à sommet non percé, entier, incliné antérieurement. Elle est lisse, ou ornée de côtes rayonnantes et souvent couvertes d’écailles. Ses bords sont fréquemment dentelés. Elle présente des couleurs vives et variées. L'intérieur est trèslisse, très-brillant, remarquable par la vigueur des teintes.

La tête de l’animal est munie de deux tentacules pointus, présentant un œil à leur base externe. Le corps est ovale, à peu près circulaire, ou conique, ou déprimé. Le pied est en forme de disque charnu, très-épais. Des branchies lamellaires sont disposées en séries tout autour du corps.

Les Patelles vivent sur les rivages de la mer, dans les parties qui sont alternativement couvertes et découvertes par les flots. Elles sont presque constamment appliquées sur les rochers ou sur les corps immergés. Elles y adhèrent d’une manière prodigieuse. Si, avant d'enlever une Patelle fixée à son rocher, on l’a préalablement touchée, et pour ainsi dire avertie, aucun effort humain ne saurait l'enlever : on romprait plutôt la coquille. Il faut, pour s’en emparer, parvenir à glisser une lame entre le pied de l’animal et le rocher qui le supporte. On s’est assuré par expérience qu’une Patelle peut soutenir, avant de céder, un poids de plusieurs livres. Cela tient à la grande quantité de fibres verticales du pied qui, en soulevant la partie médiane,

GASTÉROPODES. 4h3

forment dans le milieu une sorte de ventouse. C’est la célèbre expérience physique des hémisphères de Magdebourg que ces petits mollusques réalisent par leur aciion vitale.

Ces animaux vivent enfoncés à une profondeur de deux ou trois lignes, dans la roche crayeuse. Après s’en être écartés, on les voit revenir constamment à la même place. Leurs mouvements sont d’ailleurs extrêmement lents. On ne s'aperçoit guère de la marche des Patelles que par un léger soulèvement des bords de la coquille au-dessus du plan . position, car les bords du manteau ne les dépassent pas et à peine voit-on la pointe des tentacules.

Comme la bouche de ces singuliers Gastéropodes est armée,

Fig. 343. Patelle bleue. Fig. 344. Patelle rose. (Patella cœrulea. Lamk.) (Patella umbella. Gmel.)

à son bord supérieur, d’une grande dent semi-lunaire, cornée, tranchante, et à sa partie inférieure d’une langue garnie de crochets cornés ; comme ils habitent en grand nombre dans des lieux couverts de plantes marines, on a supposé que leur régime était particulièrement végétal.

Les pauvres habitants de nos côtes mangent les Patelles lorsqu'ils n’ont pasautre chose, bien que leur chair soit singulièrement coriace et indigeste.

On connaît des Patelles dans toutes les mers. Elles sont toujours bien plus grosses, bien plus nombreuses, bien plus riches en couleur dans les mers des pays chauds, et surtout dans l’hémisphère austral, que dans les mers de nos contrées.

La Patelle commune est épaisse, solide, ovale, à peu près

Lë MOLLUSQUES.

circulaire, ordinairement conique, couverte d’un grand nombre de stries très-fines. Sa couleur est d’un gris verdâtre, uniforme en dessus, et d’un jaune verdâtre en dedans. Très-abondante

Fig. 345. Patelle œil de rubis. Fig. 346. Patelle barbue. (Patella granatina. Lin.) (Patella barbala. Lamk.)

sur les côtes de la Manche et de l’Océan, elle présente de nombreuses variétés.

La Patelle bleue des côtes de Sainte-Hélène (fig. 343) offre une coquille ovale, plus large en arrière, médiocrement épaisse,

Fig. 347 et 348.

Patelle longues côtes, (Patella iongicosta. Lamk.)

déprimée, aplatie, couverte de stries anguleuses et rugueuses denticulant le bord. Elle est d’un vert foncé en dehors, d’un beau bleu luisant en dedans, si ce n’est la place de l'animal qui est d’un blanc mat.

GASTEROPODES. 45

D'autres espèces très-élégantes sont : la Patelle rose des rivages de l’Afrique (fig. 344),— la Patelle œil de rubis, qui vient de l'Océan des Antilles (fig. 345), — la Patelle barbue (fig.) 346, — la Patelle longues côtes (fig. 347 et 348).

MOLLUSQUES PTEROPODES.

Entre les Gastéropodes et les Céphalopodes, les naturalistes placent un petit groupe, très-limité, d’animaux marins, dont le principal caractère est une expansion membraneuse située à droite et à gauche de leur tête; de là leur nom de Ptéropodes (rovçs-ntepos, pieds-ailes).

Nous ne ferons que citer ces curieuses bestioles. Nous en parlons surtout pour ne pas laisser de lacune dans l’histoire des mollusques.

Les ailes, ou nageoires, que la nature a départiesà ces animaux, ne peuvent les soutenir, ou les faire avancer, que par des mouvements vifs et continuels, qu’on peut comparer à ceux des Papillons. Comme les Papillons, les Ptéropodes remuent sans cesse, avec une promptitude et une aisance vraiment étonnantes, les nageoires, qui chez eux semblent représenter les ailes de ces insectes. Ils avancent de cette manière dans une direction déterminée. Le corps ou la coquille restent alors dans une position oblique ou verticale.

On voit souvent ces petits mollusques monter rapidement, tournoyer dans un espace déterminé, ou plutôt nager, sans paraître changer de place, en se soutenant à la même hauteur. Si quelque chose les effraye, ils replient leurs nageoires et descendent à une profondeur plus ou moins considérable dans l’eau, jusqu’à ce qu'ils aient trouvé la sécurité, dans une tranquille région de leur humide royaume.

Très-petits et quelquefois microscopiques, ces mollusques vivent à une grande distance des côtes, et n’en approchent que par accident, lorsqu'ils sont entraînés par les courants ou les tempêtes.

PTÉROPODES. 4h17

Les Ptéropodes sont, éminemment sociables et se rassemblent en troupes considérables au sein des mers.

Certains naturalistes avaient composé, avec ces petits mollusques , la classe des Paracéphulophores et l'ordre des Aporobranches, sans craindre d’écraser ces pauvres bêtes sous le poids de pareils noms. En écartant toute cette classification barbare, nous nous bornerons à signaler les genres Clio, Hyale et Cléodore. ;

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