GENRE CLIO
Les Clios sont dépourvus de coquille. Leur corps est allongé, terminé en pointe à son extrémité postérieure. Il offre vers son extrémitéantérieure une sorte de coin, ou d'étranglement, qui porte deux nageoires, à peu près triangulaires.
Il n'existe peut-être pas dans toute la nature un appareil égal à celui que possèdent les Clios pour opérer la préhension des aliments. Leur tête est percée d’une petite bouche. Tout autour de cette bouche se voient six tentacules, dont chacun est couvert d'environ trois mille taches rouges transparentes. Elles affectent la forme de cylindres. Or, chacun de ces cylindres contient environ vingt petits suçoirs, qui ont la faculté de se projeter au dehors, pour saisir leur mince proie. Sur la tête d’un seul Clio, il y a donc trois cent soixante mille de ces suçoirs microscopiques !
Le corps des Clios est d’un beau bleu, plus ou moins violacé, ou d’un rouge vif.
Ces ptéropodes habitent toutes les mers. On les trouve par millions dans les mers du Nord. Ils donnent, pour ainsi dire, la vie à ces régions froides et désolées, grâce à leurs jolies couleurs et à leurs gambades.
Le Clio boréal, qui habite les mers arctiques, sert de pâture aux baleines. Son corps présente cependant, à peine trois centimètres de longueur. Des myriades de ces pygmées s’engouffrent en un instant dans l’abîme béant de la bouche du cétacé vorace.
GENRE HYALE.
Les Hyales (Hyalea) ont une petite coquille cornée, très-mince et transparente, globuleuse ou allongée, ouverte antérieurement, fendue sur les côtés et à extrémité postérieure tronquée. Leur corps globuleux est formé de deux parties, l’une céphalique, portant deux tentacules assez forts et deux grandes nageoires en forme d'ailes de chaque côté de la bouche.
Ces mollusques, de petite taille, sont généralement d’un jaune bleuâtre ou violet. Ils habitent la haute mer, et sillonnent rapidement les flots, à l’aide de leurs nageoires. Certains vents les portent quelquefois, en grand nombre, sur les côtes de la Méditerranée. Ces bestioles inoffensives, et qui vivent réunies en nombre immense, semblent une proie facile et toute préparée, pour ainsi dire, pour la nourriture des grands animaux marins qui les avalent par milliers.
Fig. 349 et 350. Fig. 351 et 352.
Hyalea gibbosa. (Rang.) Hyalea longirostris. (Lesueur.);
On connaît une vingtaine d’espèces d’Hyales actuellement vivantes dans l’océan Atlantique et dans les mers de la Nouvelle-Hollande. Nous nous contenterons de mentionner l'Hyale tridentée, qui habite la mer Méditerranée et l’océan Atlantique, et de représenter deux espèces : l’Hyalea gibbosa (fig. 349 et 350), et l'Hyalea longirostris (fig. 351 et 352).
Les grandes nageoires de l’Hyalea stridentata sont jaunes et marquées à leur base, d’une belle tache violette. Sa coquille, plane en dessus, bombée en dessous, est fendue sur le côté. La partie supérieure est plus longue que l’inférieure ; et la ligne transverse qui les unit, est munie de trois dents. Cette co-
PTÉROPODES. &h9
quille presque translucide est jaune. Quand l'animal nage, deux expansions de son manteau sortent par les fentes latérales de la coquille.
GENRE CLÉODORE.
La Cléodore est une délicate et gracieuse bestiole. Son corps, d'aspect gélatineux, pourvu d’une tête distincte, offre près du
Fig, 353. Cleodora lanceolata. : Fig. 354. Cleodora compressa. (Lesueur.) (Eydoux et Souleyet.)
cou des nageoires échancrées en forme de cœur. Sa partie postérieure est globuleuse, transparente et lumineuse, même dans l'obscurité.
L'animal qui l’habite brille quelquefois à travers la coquille, comme une lumière placée dans une lanterne. Cette coquille triangulaire, mince, vitrée, fragile, se ter-
mine en une longue épine à la base. Fig. 355. fige ; : Cleodora cuspidata Cette jolie créature flotte par myriades, (Bosc.)
à la surface des flots, dans presque toutes les mers. Nous représentons la Cleodora lanceolata (fig. 353), la Cleodora eompressa (fig. 354) et la Cleodora cuspidata (fig. 855).
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