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La vie et les oeuvres de Caton l'Ancien

Parmi les fragments, assez nombreux, qui nous sont parvenus sous le nom de Caton, il y en a plusieurs qui sont accompagnés de la mention : « Ad Marcum (îlium ; à Marc us, mon fils », ou qui renferment une apostrophe au vocatif : a Marce, fili ; Marcus, mon fils. » C'est de ces fragments que je voudrais vous entretenir aujourd'hui. Ils nous permettent de pénétrer dans l'intérieur domestique de Caton, de connaître ses relations avec son fils et de voir comment il a entendu son rôle de père et d'éducateur.

Ce rôle, il l'a assuré assez lard. En effet, chose curieuse, cet homme si préoccupé des anciennes traditions et du devoir civique, cet homme qui avait pour la famille un si grand respect et qui en a parlé souvent avec la plus grande vénération, n'a pas songé à fonder lui-môme une famille. Il a passé presque la moitié de son existence sans se marier, ce qui est un fait extraordinaire pour l'époque et le milieu. Nous savons par Plutarque que le fils de Caton fit ses premières armes pendant la 2e guerre de Macédoine, celle qui fut conduite par Paul-Emile contre Persée et qui se termina par la victoire de Pydna. Le fils de Caton devait donc avoir environ 17 à 18 ans. La guerre de Macédoine étant de l'année 1(58, ce fils de Caton devait être né vers 18C> et le mariage devait avoir eu lieu entre 185 et i.80. Caton avait donc alors au moins 45 ans, étant né en 234. S'il a attendu si tard pour se marier, en revanche il s'est marié deux l'ois ; il a sans doute trouvé dans ce mariage tardif des satisfactions imprévues. Les deux femmes qu'il a épousées étaienj de conditions très différentes. La première, nous dit Plutarque, était une jeune tille noble : elle appartenait à la gens Ijinm. à la famille des Crassus, une des plus illustres de Hume, mais qui toutefois n'étail pas très riche. Caton n'était pas sensible a la fortune, mais I. naît

beaucoup a la noblesse. Ce n'eiait pas qu'il s'imaginât $jue celle classe possédai! le monopole de la verlu el de la Bagesse ; mais il

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