La vie et les oeuvres de Du Bartas
Nous nous proposons, dans cette étude, d'apprécier Tceuvre d'un poète trop célébré par son siècle, trop oublié peut-être par la postérité.
Après avoir raconté sa vie, nous essaj'ons de marquer la place qu'il doit occuper entre les disciples de Ronsard, tout en le distinguant de ses contemporains })ar le caractère de son inspiration. — Nous demandons le sens général de son oeuvre à ses croj^ances religieuses, à ses vues politiques, à son patriotisme. — Nous étudions le poète dans la forme de ses ouvrages ; et, comme ils appartiennent essentiellement au genre descriptif, nous recherchons quelle place la nature y tient et quelle conception générale il s'est formée de la Création, sujet de son principal poème. — Nous apprécions son goût, si raffiné parfois et parfois si grossier, qui se fourvoie tantôt dans la subtilité la plus recherchée, tantôt dans la trivialité la plus rebutante. — Nous examinons de quelle façon il imite les anciens^ et comment il sait emprunter aux poètes de l'antiquité tout ce qui peut se concilier avec l'inspiration chrétienne de ses œuvres. — La langue et la versification du poète font le sujet des chapitres suivants : nous étudions la langue dans son vocabulaire et dans sa syntaxe," la versification dans la forme de l'alexandrin et dans les rimes. — Nous montrons ensuite l'auteur des Semaines comme le chef d'une nouvelle école, qui, comptant de nombreux et même d'illustres disciples parmi les poètes français du XVP et du XVIP siècle, attendra pourtant jusqu'au Paradis ferdu de Milton la
réalisation de son idéal. — Nous terminons enfln notre étude par l'histoire de cette renommée, si éclatante d'abord qu'elle donna de l'ombrage à Ronsard lui-même, si vite évanouie que, dès le temps de Malherbe, elle n'était plus guère qu'un souvenir.
Nous n'avons pas voulu, dans cet essai, faire l'apologie du poète, mais plutôt étudier ses œuvres avec impartialité : les défauts que nous aurons à y signaler ne sont pas moins dignes de notre attention que les qualités dont elles témoignent. Au reste, quelle que soit la valeur poétique de du Bartas, si l'immense réputation dont il a joui en France jusqu'au XVIP siècle et la gloire qu'il a conservée jusqu'à nos jours dans d'autres paj^s ne nous imposent pas d'avance l'éloge et l'admiration, elles doivent au moins lui valoir notre intérêt. Sans anticiper sur le jugement que nous dictera l'étude de ses poèmes, nous pouvons dire, dès maintenant, qu'il mérite d'être jugé.