‹ La vie et les œuvres de Du BartasChapitre 21 sur 29 · USAGE DES ADVERBES · texte numérisé non relu

USAGE DES ADVERBES

An^LEURS. — Est mis quelquefois pour à autre chose. Ex. : Mon âme ailleurs ne songe (II, Troph.). Cf. Corneille : Ainsi j'aspire ailleurs (Illus. 795). Ni d'être ailleurs sensible (Veuve, 334). Racine dit, en faisant d'ailleurs un emploi analogue : Son âme ailleurs éprise (Andr. 549).

Arrière. — Suivant l'usage du XVP siècle, est mis pour en arrière. Ex. : Tout ainsi que l'ombre tourne arrière (II, Dec).

Avant. — Est fi^équemment employé dans les locutions analogues aux suivantes : Du haut tillac avant dans la mer on le pousse (Jonas). Le pilote Pense du pôle avant voir l'enfer (Ibid.).

Ça. — Est mis pour ici. Ex. : Ça bas = ici-bas (passim.).

Devant. — Est employé d'une manière absolue comme adverbe. Ex. : Ce qu'il a devant (II, Ed.). Les siècles de devant (II, Col.). Cf. : Je suis gros Jean comme devant (Lafont. Fab. VII, 10). Tout ce qui est arrivé devant ou après (Bossuet, Hist., Dessein général).

Dont. — Se met pour d'où. Ex. : Rentre dont il sort (II, Imp.).

L'otymologio autorise ce sens. Vaugelas (II, 31) dit que c'est très mal parler; ruais les moilleurs écrivains ne se conforment pas à la règle qu'il donne. Cf. Racine : Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir (Baj. II, I). Voltaire : Abîmes redoutés dont Ninus est sorti (Sémir, V, 5).

Du TOUT. — A le sens de entièrement quand il n'est pas joint à une négation. Ex. : Quitte du tout la place (II, Voc). Cf. Malherbe : Ils vont du tout finir (VI, 6) ; Bossuet : Cela est du tout admirable (3" Serm. pour la Purifie).

Encore, — Pour encore équivaut à encore alors, pour lors. Ex.: Nos ajeuxpour encor suvvent plus le désir Des affamez boyaux que du goust le plaisir (II, Artif.).

Jamais. — Nostre aïeul n'eust jamais passé le sacré seuil. . . que la voix éternelle Jà tonnante adjourna. . . (II, Fur.) = sitôt que notre aïeul, etc.

Mais. — Entre dans la locution à toujours mais. Ex. : A toujours mais reluise (II, Schis.). Rendre à toujours mais plus honteux nostre sault (II, Dec).

Même. — Du Bartas met un s à même dans des cas où il n'en prend, point aujourd'hui. Ex. : Soy-mesmes il se tue (II, Troph.). Et toj-mesmes encor (Ibid.). Cf. Corneille : Les blasphèmes Qu'ils ont vomis tous deux contre Jupiter mêmes ; Boileau : Que si mesmes un jour.

Ou. — S'emploie souvent pour dans lequel. Ex. : Bethsabée où toujours paisible avait logé l'honneur. Cet emploi de où est si fréquent au XVIL' siècle qu'il est inutile d'en citer des exemples.

Possible. — Est mis pour peut être. Ex. : Me diras-tu possible (II, C'"'*). « Ceux qui veulent écrire poliment, dit Vaugelas (I, 248) ne feront pas mal de s'en abstenir » . Toutefois La Fontaine a dit encore : Ne tardera possible guère ; Et Molière : Son heure doit venir et c'est à vous possible Qu'est réservé l'honneur de la rendre sensible (Princ. d'El. I, 4).

Tandis. — A le sens de pendant ce temps. Ex. : Tandis la sainte nef navigeoit (I, 2). Vaugelas (I, 141) condamne cet emploi de tandis. On le retrouve cependant chez La Fontaine et Corneille. Ex. : Tandis permettez-moi de vous entretenir. (Théod., 354).

Tant. — Devant un adjectif ou un adverbe s'emploie pour si. Ex. : Tant bien l'ouvrier subtil Répare les défauts d'un imparfait

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