G. P. IS
outil (II, Imp.). Cette construction, blâmée déjà par Mathurin Cordier (De corrupU sermonis emendatione XXXVII, 25), se rencontre dans Corneille. Ex. : Cela n'est pas tant mal (Gai. du Pal. 103), et dans Molière : Voilà une malade qui n'est pas tant dégoûtante (Méd. malgré lui. 11,6).
Tant se met aussi pour autant. Ex. : Il pousse soucieux Du sein tant de souspirs que de larmes des yeux (II, Fur.). Cf. Corneille : Je ne puis dire tant de bien de cette pièce -que de la précédente (Exam.de la PI. Roy.).
TosT. — Aussi tost est mis pour aussi bien. Ex. : Nous vivrons aussi tost Et sans air et sans feu et sans terre et sans flot Que sans ce dur métal (II, Artif.). C'est dans le même sens que la langue moderne emploie plutôt.
Tout. — Pris adverbialement se joint volontiers à certains mots pour en renforcer le sens. Ex. : Tout tel , tout soudain, tout de mesme, tout joignant, tout ainsi (passim.). Cf. Corneille: Tout de ce pas (Œd. 1007). Tout -levant vous (Suiv. 370); Racine : Tout de même (Rem. sur Pind.), etc.
Les adverbes en ment formés par du Bartas avec des adjectifs en ant ou ent ont la forme du féminin. Ex. : Siffïantement, murmurantement, etc. (1).
Notons enfin l'emploi des vieux adverbes : oncques, or, ore ou ores, iwemier, à la parfin, prou, voire, jà, etc. La plupart sont encore usités au XVIP siècle.