‹ La vie et les œuvres de Du BartasChapitre 9 sur 29 · PREMIÈRE ÉPITAPHE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPITAPHE

Sénat, peuple plaideur, n'attend, ne quiers, ne plains

Ici ton Cicéron, ton Caton, ton Scévole :

Ton Tulle, ton Caton, ton Scévole s'envole

La veille de Toussaints, tout sain, dessus les Saints.

Il serait difficile de pousser plus loin la poésie amphigourique ; on dirait une gageure du poète, un défi porté à la raison et au sens commun. Ni Molinet ni Meschinot, dans leurs rimes les plus compliquées, dans leurs combinaisons d'assonances les plus extravagantes, n'avaient jamais été plus loin. On pourrait encore s'expliquer ces étranges billevesées, s'il s'agissait d'un jeu, si du Bartas avait voulu composer une espèce de rébus pour exercer la sagacité de ses lecteurs ; mais de pareils vers ne sauraient être nulle part plus déplacés que sur la pierre d'un tombeau. La seconde épitaphe renchérit d'ailleurs sur la première. Du Bartas s'y est surpassé :

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