‹ La vie et les œuvres de Frédéric OzanamChapitre 1 sur 27 · LETTRE DE MONSEIGNEUR PERRAUD · texte numérisé non relu

LETTRE DE MONSEIGNEUR PERRAUD

ÉviQUE d'autun Membre de V AcaçLxmie Jrancaîse

Paris, i" mars. 166JS.

Monsieur,

L'excellent ami que nous avons eu, vous et moi, la douleur de perdre l'anne'e dernière, M. Heinrich, doyen honoraire de la Faculté des Lettres de Lyon, vous avait promis d'e'crire l'introduction de votre livre sur Frédéric Ozanam.

La mort pre'maturée qui est venue le frapper l'a empêché de vous donner ce témoignage de son affectueuse estime et de recommander votre travail à l'attention du public.

Vous m'avez demandé de prendre sa place et j'ai dû répondre à un de ses désirs en me prêtant à cette substitution.

Combien je regrette avec vous, Monsieur, les pages qu'auraient inspirées à notre ami les souvenirs personnels qu'il avait gardés du grand chrétien dont vous avez si bien fait connaître les œuvres littéraires et charitables ! Avec quelle autorité il aurait mis en relief les admirables qualités d'intelligence et de cœur qui s'harmonisaient dans Frédéric Ozanam avec une foi ardente et ce zèle d'apostolat où il est permis de trouver l'unité de sa noble vie !

Pour moi, je n'ai connu Ozanam que par ses livres et

v'I LETTRE DE MONSEIGNEUR PERKAUÛ

surtout par ses lettres qui contiennent les plus précieuses indications sur son édifiante et laborieuse jeunesse, sur ses rêves d'avenir, sur les événements auxquels il fut mêlé et qui appartiennent autant à l'histoire religieuse de la France pendant le second quart du xix^ siècle qu'à sa biographie.

Je vous félicite. Monsieur, d'avoir résumé en un volume d'une très bienfaisante lecture tout ce qu'il importe à la jeunesse contemporaine de connaître au suj..t de ce vaillant serviteur de l'Eglise et de la science : à chaque page elle y trouvera des leçons pratiques et les plus décisifs exemples de ce que peuvent, pour l'honneur de Dieu et la solide édification du prochain, des convictions fortifiées par l'étude, le courageux mépris des satisfactions vulgaires, l'amour ardent de la vérité et de la justice, et le dévouement surnaturel qui se traduit par la charité.

Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur, l'expression de mes meilleurs vœux,

t ADOLPHE-LOUIS,

Erêque d'Autun. Chalon et Mâcfm,

Page 1