‹ La vie et les œuvres de Jean Jacques RousseauChapitre 31 sur 184 · Confessions, 1. VI · texte numérisé non relu

Confessions, 1. VI

LA VIE ET LES ŒUVRES

sur le séjour d'un de ses plus illustres précurseurs :

Réduit par Jean-Jacques habité,

Tu me rappelles son génie,

Sa solitude, sa fierté,

Et ses malheurs et sa folie.

A la gloire, à la vérité

11 osa consacrer sa vie.

Il fut toujours persécuté,

Ou par lui-même ou par l'envie.

Mais en fait de vers, mieux vaut citer ceux que Rousseau composa lui-même pour célébrer son Eden. Sa pièce du Verger des Charmettes mériterait assez peu Texamen, si elle n'avait un côté historique qui doit nous intéresser. Tout le séduisait dans ce lieu des Charmettes. Si donc, comme il le dit, « les vers qu'il a faits sont l'ouvrage de son cœur et non de son esprit, » ceux-ci devraient être parfaits, Cependant, quand on les compare à ses descriptions en prose, à celle de TUe Saint-Pierre, par exemple*; ou même, sans aller si loin, à celle du même lieu des Charmettes , dans les Co7ifessions^ on est étonné de la différence. C'est que la forme du vers, qui aide si puissamment certains esprits, gênait au contraire celui de Rousseau. Lui-même, du reste, se rendait justice à cet égard : « de fréquentes répétitions dans les mots, et même dans les pensées , et beaucoup de négligence dans la diction n'annoncent pas, dit-il, un homme fort empressé d'être un bon poète. » Signalons encore, quoique ce ne soit pas le défaut habituel de Rousseau, l'air pédantesque qui règne dans cette pièce. Ces études de toute sorte, ces noms propres se

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