VIII, au commencement. — 4. Voir aux Œuvres
à son arrivée en Amérique, se trouve en présence d'un cacique, modèle de bravoure, de fidélité conjugale et de toutes les vertus. Ce héros de la simple nature est résolu à sauver au moins son honneur par les armes, s'il ne peut sauver sa vie et ses états ; mais une femme dont il a repoussé les feux, ne craint pas, pour se venger, de porter son amour dédaigné à un des lieutenants de l'étranger. Colomb vainqueur se laisse toucher par le repentir de la femme, la noble fierté du cacique et pardonne à tous. Les passions, même les passions violentes ne manquent pas dans cette pièce ; elle est, sous ce rapport, plus vivante que celle de Narcisse^ et, sans être irréprochable, lui est d'ailleurs supérieure de toute façon ; mais on y voudrait plus d'originalité dans l'invention et des effets mieux amenés. Les caractères, plutôt indiqués que suivis, ont à peine le temps de se développer. Celui de Colomb est absolument nul. On peut encore remarquer dans cette œuvre le germe des idées que l'auteur soutint si brillamment plus tard, sur la vie sauvage; témoin les vers de la fin :
Vante-nous désormais ton éclat prétendu, Europe, en ce climat sauvage, On éprouve autant de courage ; On y trouve plus de vertu.
Mais en voilà assez sur un travail que son auteur avait fini, après quelque hésitation, par jeter au feu\
h'Épître à M. Bordes est consacrée^ du moins en
1, Confessions, 1. VII.
partie, à défendre une thèse analogue, Funion de la vertu avec la pauvreté * :
Restes trop précieux de ces antiques temps Où des moindres apprêts nos ancêtres contents, Recherchés dans leurs mœurs, simples dans leur parure, Ne sentaient de besoins que ceux de la nature, Illustres malheureux, quels lieux habitez- vous ? Dites quels sont vos noms ; il me serait trop doux D'exercer mes talents à chanter votre gloire.
Ce qui ne l'empêche pas de célébrer, en attendant, les merveilles de l'industrie lyonnaise.il a pris évidemment dans cette épltre Boileau pour modèle ; il en affecte la manière dans ses professions de brusque franchise et d'amour de la vérité ; mais il ne saurait en atteindre la verve et la correction élégante. Du reste, il se rend justice, quand il dit :
... Dès les premiers pas, inquiet et surpris, L'haleine m'abandonne et je renonce au prix.
Il dit encore dans cette épître :
Mon cœur sincère et franc abhorre la satire... Je dis la vérité, sans l'abreuver de fiel.
Une autre pièce, adressée peu de temps auparavant au même M. Bordes, n'était pourtant pas autre chose qu'une satire des plus mordantes ^ Il y prend à partie les dévots et les dévotes qui courent les églises et les reposoirs à la fin du carême,