CHAPITRE X
Sommaire : Discours sur les sciences et les arts. — T. Rousseau va visiter Diderot à Vincennes. — Il lit, chemin faisant, l'annonce d'un sujet de prix sur l'influence morale des sciences et des arts. — Le parti qu'il adopta fut l'erreur fondamentale de toute sa vie. — Rousseau rapetisse et mutile l'homme. — Motifs intéressés de Rousseau.
II. Les sciences et les arts préparent, d'après Rousseau, la décadence et l'asservissement des nations. — Enseignements de l'histoire. — Les sciences et les arts condamnés dans leur origine, dans leurs objets, dans leurs effets. — Ils ruinent la Religion et faussent l'éducation. — Rousseau ennemi de l'imprimerie et de l'instruction du peuple.
III. Réfutations du Discours de Rousseau. — Lettre de l'abbé Raynal. — Réfutation de Gautier et réponse de Rousseau. — Réfutation du roi de Pologne et réponse de Rousseau.
IV. Polémique entre Bordes et Rousseau. — Fausse austérité de Rousseau. — Préface de Narcisse. — Rousseau forme le projet d'accorder son genre de vie avec ses principes.
V. Rousseau entre définitivement dans la carrière littéraire. — Ses nouvelles amitiés. — Son effervescence. — Sa manière de travailler. — Discours sur la vertu la plus nécessaire aux héros. — Oraison funèbre du duc d'Orléans.
Rousseau, qui passa sa vie à se plaindre de ses amis, tient à se donner lui-même comme ayant toujours été un excellent ami. Jusqu'à quel point cette prétention était-elle fondée? Il est trop tôt pour résoudre cette question ; mais nous savons au moins qu'il se passionnait vite et que ses amitiés étaient ardentes, si elles n'étaient pas durables. Il eut à