Musikallsdicr Lexicon, etc.uu nom de Buxtehude
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d'organiste de Sainte-Marie était une des plus avantageuses et des plus recherchées de l'Allemagne; elle rapportait sept cents marks, auxquels on en ajoutait deux cent vingt-cinq pour les soins et l'entretien de l'orgue, qui était, parait-il, excellent et possédait trois claviers manuels, un pédalier et cinquante-quatre registres. Buxtehude ne se borna pas à faire valoir son instrument ; il institua et dirigea aussi de grandes exécutions musicales, qui, sous le nom A' Abend-musiken , devinrent célèbres et dont les Liibeckois se montrèrent très tiers, Ces séances avaient lieu tous les ans, aux cinq dimanches de l'Avent jusqu'à Noël, après vêpres, et les amateurs de musique les suivaient assidûment. Dans les derniers temps, pour y assister, on dut payer un droit d'entrée comme dans les concerts mondains. La renommée de Buxtehude s'étendit au loin et fît de Liibeck le centre musical des provinces septentrionales de l'Allemagne. Les jeunes aiiistes y accouraient pour demander des conseils au maître.
Mattheson [Jean], né en 1681 à Hambourg, où il demeura toute sa vie, eut l'occasion de connaître et d'entendre Buxtehude. Il avait projeté de se rendre à Lûbeck en 1703, afin de voir par ses yeux s'il avait des chances de succéder au vieux maître. Le conseil communal liïbeckois, qui se préoccupait d'avoir à portée de sa main un successeur digne du célèbre organiste, fit inviter Mattheson, qui jouissait déjà de la réputation de musicien érudit, de bon
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chanteur et d'habile exécutant, à venir voir si la situation pouvait lui convenir.
En cette même année 1703, Haxdel [Georges Frédéric) était venu à Hambourg et s'était lié d'amitié avec Mattheson. Il consentit à l'accompagner à Lii beck, où les deux jeunes gens se promettaient des agréments de tout genre'. Buxtehude joua tant qu'ils voulurent, puis « ils essayèrent les orgues et les clavecins ». Handel, quoique plus jeune que son ami, lui étant supérieur comme organiste, « essaya » les orgues et Mattheson se contenta « d'essayer » les clavecins. La perspective de succéder à Buxtehude souriait à l'un et à l'autre, mais non celle d'épouser sa fille, qui, née en 1669, avait, par conséquent, douze ans de plus que Mattheson et quatorze de plus que Handel. Bref, on s'en tint à la musique, et après un échange de mutuelles politesses les jeunes gens retournèrent à Hambourg.
Deux ans plus tard, Bach vint à son tour à Liibeck et fit courir ses doigts sur les touches de l'orgue qu'avait « essayé » Handel. Il n'est pas douteux que le vieux maître n'ait deviné le génie qui allait se développer en ce jeune homme qu'il ne dédaigna pas de nommer « son confrère ». Captivé par l'art et le talent aussi élevé qu'original de Buxtehude, Bach demeura plus de trois mois auprès de lui, dépassant ainsi du triple le temps de sou congé. Mais que lui