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VIE ET ŒUVRES DE J.-S. UACII oT
importait Arnstadt ! il était plongé daus un monde artistique nouveau pour lui, et jouissait, sans se préoccuper d'autre chose, du bonheur de recevoir les conseils et de suivre les exemples du grand virtuose qui le fascinait. Il lui aurait été facile de devenir son successeur, et d'atteindre d'emblée une position enviable ; mais il préféra travailler encore dans la solitude pour réaliser plus sûrement l'idéal qu'il ne cessait de poursuivre.
Cependant l'année 1706 était venue, et Bach, dont les finances avaient notablement baissé, se rappela que son foyer n'était pas à Liibeck et qu'à Arnstadt on ne devait pas savoir ce qu'il était devenu. Il est probable aussi que l'âge plus que mûr de la fille de Buxtehude fut pour lui un épouvantail comme pour Mattheson etHandel. Il abandonna donc à un autre la place d'organiste à Lûbecket la fiancée qui en dépendait. Schieferdecker (Jean-Chrétien) claveciniste à l'opéra de Hambourg, devint l'heureux époux do la demoiselle et le successeur de Buxtehude ; mais il jiaraît que la mort ne tarda pas à rompre ce mariage, car en 1717 Schieferdecker convolait en troisièmes noces ! Dans les premiers jours de février 1706 Bach [)rit congé du vieux maître, qu'il ne devait plus revoir, et qui expira le 9 mai 1707.
L'influence qu'exerça sur J.-S. Bach, pendant toute . sa vie, la musique de Buxtehude est indéniable, on la retrouve dans une foule de passages de ses œuvres; mais cette influence fut bien plus efl"ectivc
encore à sou retour de Lûbeck et ou la recounaît dans ses compositions qui datent de cette époque. Du reste, avant son voyage, les œuvres de Buxtehude ne lui étaient pas inconnues, car à Lûnebourg, Bœbm lui avait souvent fait étudier et apprécier certaines productions du célèbre organiste.
L'importance de Buxtehude réside surtout dans ses compositions libres pour orgues. On possède, en manuscrits, des cantates et des airs qui sont ses œuvres vocales. De ses Abend-musiken de 1678-87, qui ont été imprimées, on n'en trouve plus nulle part. Les seules œuvres imprimées de Buxtebudc que l'on ait découvertes jusqu'ici sont cinq épith:ilames [Hochzeitsarien) et sept sonates i:)Our violon, gambe et cembalo.
Un autre artiste encore, quoique décédé depuis longtemps, agit aussi sur la direction du génie de Bach. Cet artiste était Froberger, de Halle, qui, vers le milieu du xvn" siècle, appartenaitaux plus remarquables clavecinistes et organistes de l'Allemagne. Il avait été un des meilleurs élèves de l'illustre Frescobaldi, de Rome. Ses fugues et ses toccatas étaient bien connues de Sébastien, qui les avait trouvées dans le fameux manuscrit de son frère. Adlung, qui connut Bach, l'affirme aussi. « Feu Bach, dit-il, tenait Froberger en très haute estime, bien qu'il eût vieilli M » Pour quiconque a étudié les premières