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VIE ET ŒUVRES DE J.-S. RACil 71
marier. Après trois semaines de négociations, il fut convenu qu'il recevrait les mêmes appointements qu'à Arnstadt, c'est-à-dire, quatre-vingt-cinq florins en espèces, trois muids de blé, deux brassées de bois et six scliock de fagots*; en outre, il aurait droit, comme tous les employés de la ville, à un don annuel de ti"ois livres de poisson. Il demanda comme faveur qu'on lui fournît gratis un chariot et des chevaux pour transporter son mobilier d'Arnstadt à Miihlhausen, afin de ne point entamer la petite dot de sa femme. Le conseil y accéda, quoiqu'il se trouvât dans un grave embarras à la suite d'un incendie récent qui avait dévoré plusieurs maisons, et entre autres celle destinée au logement de Bach. Ce contretemps ne l'empêcha pas de procéder avec joie aux préparatifs de son déménagement d'Arnstadt, oîi il ne se plaisait plus. Mais avant de rien terminer pour son propre compte, Bach voulut assurer la position de son cousin Jean-Ernest à l'orgue d'Arnstadt, car le pauvre garçon était dans une position fort difficile, ayant à prendre soin d'une vieille mère et d'une sœur malade. Sébastien, bien qu'il fût loin d'être à son aise, aida souvent de ses deniers cette malheureuse famille, à laquelle, ainsi qu'on le voit dans les Stadt-aklen d'Arnstadt, il abandonna même la moitié du dernier trimestre {quartal) de son traitement.