Spilta, ouvv. cité, t. 1, p. o3o
VIE ET ŒUVRES DE J.-S. BACH 7;i
moins ce legs comme une bonne aubaine, au moment où il entrait en ménage.
Devenu organiste de l'église principale d'une ville Hère de son passé artistique et de sa renommée musicale, Bach se promit de se tenir à la hauteur des virtuoses qui l'avaient précédé à l'orgue de Saint- Biaise. Aux termes de son engagement, il n'était tenu déjouer que les dimanches et jours de fête; il voulut, néanmoins, élever aussi haut que possible l'art religieux, et dans un mémoire qu'il adressa au bout de quelques mois au conseil, il dit que tous ses efforts ont tendu vers ce but. Il s'occupa même du chant ecclésiastique, bien que ce genre de musique fût proprement du domaine du cantor; il semble qu'il dirigea seul tout le service choral.
C'e-^t à Mûhlhausen qu'il débuta dans la canièrc du professorat; c'est là que vint lui demander ses leçons le premier de ses nombreux élèves, Scuubarï {Jean-Martin), qui demeura dix ans avec lui. Cet attachement presque fiUal est une pi'cuve sans ré- ))lique de l'attraction que Bach exerçait sur ses disciples lorsque ceux-ci n'étaient pas dominés par la, vanité ou l'ambition. Schubart, né le 8 mars IGlJO. à Gehr, près Ilmenau, succéda en 1707 à son maître, comme organiste à Weimar, mais il mourut quatre ans après, à la fleur do Tàge.
Dans son zèle infatigable, Bach porta aussi son attention sur la musique que l'on faisait aux environs de Miihlhausen, et il put se convaincre que, dans ces petites localités, les églises étaient souvent mieux pourvues de moyens d'exécution que celles de la ville. Ainsi, le village de Langula se distinguait depuis longtemps par l'habileté de ses cantors et par le goût de ses habitants pour la musique. Bach y fit exécuter de ses productions, ce que nous démontre une cantate religieuse trouvée par M. Spitta ' dans la Cantorie de cet endroit, et considérée comme l'une des premières œuvres qu'il écrivit pendant son séjour dans la ville libre impériale. Elle est incomplète; elle a été gâtée par d'ineptes ajustages que se permirent probablement certains cantors de Langula, pour la mettre au goût du jour, mais elle offre de l'intérêt comme point de départ historique.
Sa cantate du -4 février 1708 doit le jour à un fait qu'il est bon de relater, car, de toutes celles qu'il composa, et qui montent à 292, c''€st la seule qui ait été imprimée de son vivant.
Les affaires municipales de Mûhlhausen étaient gérées par un conseil de 48 membres, avec 6 bourgmestres. Ce conseil se partageait en sections comprenant chacune 16 conseillers. Tous les ans, à tour de rôle, au mois de février, une de ces sections pre-