Ouvr. cité, t. I, p
nait la direction des intérêts communaux sous la présidence de deux bourgmestres. Lors du renouvellement du Conseil, on donnait une fête ecclésiastique dans laquelle on exécutait une œuvre musicale composée pour la circonstance, et la ville la faisait imprimer à ses frais. La composition de cette pièce revenait de droit à l'organiste de Saint-Biaise, auquel était subordonné celui del'autre église, placée sous l'invocation de Beatse Marix Virginis. La typographie nous a conservé cette cantate de Bach, dont on possède aussi la partition originale, écrite entièrement de sa main. Elle a pour texte des versets de l'Ancien Testament, et c'est pourquoi Bach lui a donné le titre de Motetto au lieu de celui de Capriccio, qu'il adopta plus tard. Par les mots : diviso in quatuor chori, il a voulu dire que l'accompagnement est celui usité pour les anciennes cantates, c'est-à-dire trois trompettes et timbales, deux flûtes et violoncelle, deux hautbois et basson, deux violons, viole et basse qui alternent ou se réunissent dans les tutti. Cette cantate, dont la forme se rapproche de celles de Buxtehude, est d'autant plus curieuse que partout on la sent pénétrée d'un esprit nouveau. Déjà la personnalité de Jean-Sébastien Bach se prononce, et l'on prévoit que du développement de son génie surgira tout un monde inconnu.
VIE ET ŒUVRES DE J.-S. HACll
Une tâche iiuLivelle et de haute portée allait encore s'imposer ù son activité. Quoique ayant été largement réparé en 1691, l'orgue de Saint-Biaise avait subi de telles détériorations qu'il avait besoin d'être entièrement reconstruit. La soufflerie ne suffisait pas à la taille de l'instrument ; l'air n'arrivait que difficilement au sommier des basses; une bombarde de 32 pieds manquait; la pédale de trombone n'avait point de force; certains jeux ne fonctionnaient plus dans les principaux registres, et les tuyaux de la montre étaient hors de service. Bach exposa clairement ces défectuosités dans un mémoire au conseil et traça le plan d'une réparation devenue urgente. 11 y proposa, comme chose toute nouvelle, l'adjonction d'une pédale de carillon [Glockenspiel-Pedal) de son invention et composée de vingt-six cloches. L'idée plut tellement aux membres de la fabrique de Sainl-Blaise qu'ils voulurent faire établir ce carillon à leurs frais.
A côté de son gi-and ojgue, l'église avait encore un positif ne servant qu'à accompagner les motets. Bach demanda qu'on le sacrifiât à l'instrument principal, afin d'amoindrir d'autant les frais. Son projet dénotait une connaissance si parfaitede la structure des orgues que le Conseil l'adopta séance tenante et lui confia la direction entière de la réparation.
vil- irr ŒLVKES 1)K J.-S. liVCil 77
Son mémoire témoigne éloquemment de son profond savoir technique et ofl're un intérêt qu'il n'est pas besoin de signaler. En voici la traduction ' :
« Disposition de la nouvelle réparation de l'orgue ad D. Blas'à :
1° On devra parer au manque do vent dans la soufflerie, par l'adjonction de trois grands soufflets neufs, de façon à suffire aux tuyaux supérieurs du contre-positif et à ceux de la nouvelle montre.
2° Les quatre soufflets anciens seront conservés et adaptés, avec une plus grande force de vent, au 32 pieds nouveau, ainsi qu'aux autres voix de basse.
3° On enlèvera les vieux sommiers des basses, qui seront remplacés ; on ajoutera d'autres conduits d'air afin qu'il soit possible de se servir d'un seul jeu comme de tous, ce que l'on n'a pu faire jusqu'aujourd'hui.
4° La contrebasse de 32 pieds sera en bois, ce qui donnera plus de gravité {Gravitât) à l'instrument. Ce 32 pieds aura son sommier particulier.
5° On pourvoira les trombones de corporibus nouveaux et plus grands, et l'on établira les embouchures difl'éremment, afin qu'ils aient une meilleure sonorité.
6° La nouvelle pédale de carillon, demandée par messieurs les ecclésiastiques, consistera en 26 rlo-