‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 77 sur 122 · Conseils aux jeunes pianistes, trad. de Liszt · texte numérisé non relu

Conseils aux jeunes pianistes, trad. de Liszt

mulées toutes les hardiesses imaginables, défie la description et désole ceux qui tentent de l'imiter. La fugue continue les modulations chromatiques et tout est génail dans le traitement des formes. Cette production date de 1730.

Vers 1738, Bach s'occupa d'une autre fantaisie avec fugue en ut mineur. Il avait en vue de pousser à l'étude du croisement des mains sur le clavier, comme il l'avait fait dans la partita en si bémol majeur. Il semble avoir eu quelque prédilection pour Ce procédé d'exécution dont Domenico Scarlatti passe pour l'inventeur, et l'on suit avec un intérêt toujours croissant les diverses transformations subies par le stvle italien en passant par l'imagination de Bach. Nous avons encore de lui une troisième fantaisie avec une double fugue en la mineur. C'est un morceau en imitations dans le style sévère, plein de chaleur et de noblesse, et qui se distingue par une grande clarté.

La plupart des pièces caractéristiques en forme de fugue que Bach écrivit encore pour le clavecin constituent un recueil qui devait être le pendant du « clavecin bien tempéré » et que l'on connaît comme la seconde partie de cette œuvre. Il s'y manifeste une richesse d'imagination de plus en plus grande et un caractère nouveau donné à la fugue. Cependant, tout ce qui appartient à une époque postérieure, dans cette seconde partie du « clavecin bien tempéré », ne doit pas être consi-

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déré comme une production nouvelle, car, dans les six dernières années de sa vie, Bach s'est occupé à rassembler ses travaux les plus importants, à leur donner une forme définitive, et à clore ainsi l'œuvre collectif de sa carrière. C'est surtout à ce point de vue qu'il faut envisager la seconde partie du « clavecin bien tempéré ».

Il reste à parler des deux derniers ouvrages de Bach intitulés: « Offrande musicale » {Musikalisches Opfer) et « l'art de la fugue» [Kunst der Fuge)\ mais ces travaux, le dernier surtout, ayant été, pour ainsi dire, son testament artistique, nous y reviendrons après avoir dit quelques mots de la phalange d'élèves dont il a fait des maîtres. Pendant ses résidences à Mùhlhausen, Weimar et Cœthen, — ■ soit une période de seize ans — nous n'avons à citer comme ayant profité de ses leçons, que Schubart, Vogler, Ziégler, Tobie Krebs, Schneider, et son neveu Bernhard Bach. C'est à Leipzig qu'il déploya toute son activité professorale, et il faut reconnaître que peu de ses confrères surent enseigner avec une supériorité égale à la sienne.

Celui de ses élèves qui mérite d'être cité le premier, c'est Gerber {HeJiri-Nicolas), né en 1702, à Wenigen- EhrJch, en Schwarzbourg, qui étudia d'abord au Gymnasïum de Miîhlhausen. En 1721, il entra dans

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le (.ullège de Sondershausen, et en mai IT^i il lut admis comme Sfudiosus Juris h l'université de Leipzig. Quoique étudiant la jurisprudence, il résolut de se perfectionner en musique, mais sa vénération pour Bach était si grande que pendant un an il n'osa pas lui demander ses leçons. C'est un musicien nommé Wilde, en ce moment à Leipzig, le même probablement qui, en 1741, devint musicien de la chambre impériale à Pétersbourg et se fit connaître par une série d'inventions et de perfectionnements apportés à divers instruments, qui l'introduisit auprès de Bach. Celui-ci l'accueillit avec bontés en vrai fils de Schwarzbourg, et depuis lors ne le nomma plus que « pays » [Lanclsmann). Il lui fit d'abord étudier ses Inventions, et quand l'élève les sut au gré du maître, celui-ci le fît passer aux Suites, puis au Clavecin bien tempéré. Gerber comptait parmi ses moments les plus heureux ceux oij Bach, sous prétexte qu'il ne se sentait pas disposé à enseigner, se mettait au clavecin « et changeait ainsi pour lui les heures en minutes ». En 1727 Gerber quitta Leipzig et n'y revint qge dix ans plus tard. En 1731 il fut nommé organiste de la cour de Scmdershausen. Cet habile artiste a fait honneur à son célèbre maître.

Krebs (Jean-Tobie), qui avait étudié à "Weimar avi'C Bach, envoya successivement ses trois fils à la

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