‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 8 sur 122 · T>er Jenaïsche ^\ein-und Bier Rufei · texte numérisé non relu

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tègre que suivirent toujours les Bach; un caractère obstiné et sombre, une indifférence morale et presque absolue, l'empêchèrent d'atteindre le sommet de l'art, et sa vie offre l'affligeant spectacle d'une belle intelligence dévoyée, arrêtée dans sa sève et ruinée par ses propres fautes. Son père, qui avait deviné les dons précieux que lui avait départis la nature et qui fondait sur lui les plus belles espérances, prit plaisir à cultiver son génie. Elève de la Thomasschule de Leipzig, il en sortit pour entrer à l'Université, où il s'adonna particulièrement aux mathématiques, dans lesquelles il acquit une supériorité marquée. Devenu, en 1733, organiste de l'église Sainte-Sophie à Dresde, il quitta celte place en 1747, pour aller occuper celle de directeur de musique et d'organiste à l'église Notre-Dame de Halle, où il demeura vingt ans. Après son père, Friedemann fut incontestablement le plus savant musicien et le meilleur fuguiste de l'Allemagne. Le docteur Forkel, qui fut son ami, dit « que son jeu au clavecin était léger, brillant, charmant, et qu'à l'orgue son style devenait élevé, solennel et faisait naître un respect religieux ». — Par malheur, sa façon de vivre devenait de plus en plus désordonnée, il négli rea les devoirs de son emploi, qui lui fut retiré en 1767. — On ne peut que regretter son insouciance à écrire ses improvisations, car le peu qu'il a laissé est marqué au coin du génie et de la science la plus profonde. Il ne mettait ses compositions sur le pa-

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pier que quand il y était contraint par la nécessité. Du moment qu'il eut quitté Halle, il mena une existence vac!:abonde et peu honurable. On le voit tantôt à Brunswick, tantôt àGœttingue, et aussi à Berlin, sans qu'il parvienne à se fixer nulle part. Quand le besoin le pressait, il donnait des concerts d'orgue ou de clavecin dans lesquels il émerveillait son auditoire par son prestigieux talent d'improvisateur. Il finit par se mêler à une troupe de musiciens ambulants, qu'il suivit dans leurs pérégrinations et dont il partagea l'état misérable. Forkel vint plusieurs fois à son secours. Dans les dernières années de sa vie, il obtint la place de maître de chapelle à Darmsladt ; mais là encore son insouciance à remplir ses devoirs ne permit pas qu'on lui continuât cette position. Enfin, en 1784, il mourut à Berlin dans l'indigence et la dégradation. Les quelques œuvres qu'il mit au jour durant sa résidence à Halle, appartiennent à la bibliothèque royale de Berlin.

Cuarles-Philipi'E-Emmanlel, troisième fils de Sébastien Bach, désigné souvent comme Bach de Berlin et Bach de Hambourg, naquit à Weimar le 14 mars 1714. Sa facilité d'apprendre engagea son père à lui faire étudier la philosophie et la jurisprudence ; il fréquenta donc l'université de Leipzig, puis celle de Francfort sur l'Oder. Pendant son séjour en cette dernière ville, il publia des compositions qui furent remarquées et y fonda une société philharmonique dont on lui confia la direction. Il finit

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par adopter la carrière artistique. Éa 1737, il alla profes-er son ait à Berlin, et deux ans après, le grand Frédéric l'appelail à faire partie de la musique de sa chantibre et le choisit pour claveciniste de sa cour et son accompagnaiteur dans ses concerts privés. Bien des fois, il fut tenté d'abandonner, mais sans pouvoir y parvenir, celte position qui lui pesait. Enfin la liberté lui fut rendue en 1767, et il alla, avec sa famille, s'élablir à Hamboufg, où il succéda à Telemann comme directeur de musique. Avant son départ de la capitale prussienne, il reçut de la princesse Amélie, de Prusse, le titre de son maître de chapelle honoraire, en récompense de ses services. 11 mourut à Hambourg le 14 décembre 1788. Le docteur Burney qui le vit en 1773 * nous a laissé de lui un intére sant portrait. Grand artiste, bon compositeur, et claveciniste de premier ordre, Emmanuel Bach ne fut cependant pas apjirccié par ses contemporains comme il méritait de l'être. Il eut la malechance de venir après son père et Hœndel, et immédiatement avant Haydn et Mozart, dont il fut le précurseur. La gloire de ces géants a rejeté la sienne dans l'ombre. « Un des trai.s caractéristiques du talent d'Emmanuel Bach, dit Fétis -, c'est son penchant pour la mélodie. A le voir s'éloigner avec soin du style fi.;uré dans la plupart de ses ouvrages, on a peine à comprendre qu'il ait pu

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