‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 88 sur 122 · I. F. vkv\,nuiT. -•/.•.],. IS · texte numérisé non relu

I. F. vkv\,nuiT. -•/.•.],. IS

VIE ET ŒUVRKS l)i; J.-S. liACIl 30ri

choisi, en 17-40, par le grand Frédéric i)Ourètre son accompagnateur au clavecin dans ses concerts privés de Potsdam. Les membres les plus distingués de la chapelle royale, tels que les deux Graun, Benda, Quantz, Nichelmann et autres, connaissant personnellement Sébastien Bach, ou ayant été en partie ses élèves, il n'est pas surprenant que le roi eût souvent entendu parler du maître et vanter son talent et son génie. Frédéric voulut le voir et chargea Emmanuel d'inviter son père à se rendre à Potsdam où l'appelait le roi. Mais le vieillard ne se souciait pas de se déranger, surtout pour un voyage aussi fatigant. Cependant, le roi étant revenu plusieurs fois à la charge, Bach se mit enfin en route dans les premiers jours de mai 1747, avec son fils aîné Friedemann, et arriva le dimanche 7 mai à Potsdam.

Il y avait tous les soirs à la cour, de sept à neuf heures, un concert dans lequel le roi jouait des solos de flûte. Les détails suivants ont été donnés par Forkel * qui les tenait de Friedemann et d'Emnianuel. Le roi allait commencer un solo lorsqu'on lui remit le rapport quotidien donnant les noms des étrangers arrivés dans la journée. Frédéric, la flùle en main, examinait le papier, lorsque, se tournant vers les musiciens de l'orchestre, il leur dit avec une certaine animation : « Messieurs, le vieux Bach est

1 Forkel, lor. rit., \^. 0.

arrivé ! » La flûte fut mise de côté et le « vieux Bach » reçut aussitôt l'ordre de se rendre au château. Il était descendu chez Emmanuel. Sans lui laisser le temps de passer son habit de cérémonie, l'aide de camp du roi l'emmena malgré ses observations, et il dut se présenter dans son costume de voyage. Friedemann dit que son père avait voulu s'excuser du négligé de sa tenue , mais que le roi avait coupé court à ses protestations et qu'un entretien musical s'établit entre le monarque et l'artiste. Mais M. Spitta * fait observer que Friedemann a peut-être laissé un trop libre cours à son imaginalion, car la Gazette de Spener du 11 mai 1747 dit en propres termes : « Sa Majesté ayant été informée que le maître de chapelle Bach, arrivé à Potsdam, se trouvait dans la salle d'attente et demandait la permission d'assister au concert, donna sur- le champ l'ordre de le faire entrer. » Ceci est plus probable que le petit roman de Friedemann et paraît plus vrai.

Frédéric, qui s'était engoué des piano-forte fabriqués par Silbermann — et l'on n'a pas oubHé sans doute que Bach avait donné à ce facteur des conseils qui l'aidèrent à perfectionner cet instrument — Frédéric en possédait plusieurs. Bach dut les essayer sur l'heure et improviser sur chacun d'eux. 11 pria le roi de lui donner un sujet de fugue

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