‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 89 sur 122 · Oi/rr. (■/(<■, II · texte numérisé non relu

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VIE ET ŒUVUES DE J.-S. BACH .iOT

sur lequel il modula de mille manières, à la grande admiration de tous les assistants. Le roi lui-même ne put retenir l'expression de sa satisfaction, et on l'entendit s'écrier plusieurs fois : « Il n'y a qu'un Bach ! Il n'}' a qu'un Bach ! » (Niir ein Bach! Niir ein Bach!) Le lendemain, le vieux maître se fît entendre devant une nombreuse assemblée sur l'orgue de la chapelle du Saint-Esprit ; le roi n'ayant pu y assister, le fit appeler le soir même et lui demanda d'improviser une fugue à six parties réelles, afin, disait-il, de se rendre compte du point de perfection auquel on pouvait porter l'art polyphonique. Cette fois, Sébastien choisit son thème, car tous les sujets ne sont pas aptes à se prêter à une exécution aussi compliquée. Le roi fut émerveillé.

Bach alla visiter aussi l'Opéra de Berlin, quoique la saison fût passée et que l'on n'y jouât pas en ce moment; mais par cela seul que le monument était destiné à la musique, il y portait un intérêt particulier. Son flair artistique avait pénétré les secrets de l'acoustique ; il est fâcheux qu'il n'en ait pas for mule les règles sur le papier, car il aurait rendu un service signalé aux architectes qui, aujourd'hui encore, avouent ne pas les connaître K Tout ce qui, dans la disposition de la salle, pouvait favoriser ou contrarier l'effet de la musique et la propagation des sons ; tout ce que d'autres n'avaient remarqué

1. Yovcz récrit de .M. Ch. riui'iiier ?iii' \o Xonri'l O/n'-ra <]o Paris, 1878-79.

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qu'après des expériences réitérées, il le découvrit du premier coup d'œil et sans entendre même une note. Il indiqua, presque à coup cûr, les qualités et les défauts de la salle. Forkel S qui se porte garant de ce récit, ajoute que Bach sut toujours calculer exactement l'effet que de grands morceaux devaient produire dans telle ou telle salle.

Avec ses improvisations et son prodigieux talent, Bach avait, on peut le dire, stupéfié la cour; mais nous ignorons comment il en fut récompensé par Frédéric, dont la ladrerie habituelle fait craindre que sa générosité n'ait pas été à la hauteur du génie de l'artiste. Cependant Bach n'était pas satisfait de la manière dont il avait traité le thème que lui avait donné le roi. Ce sujet de fugue lui plaisait tellement qu'il se crut obligé de le soumettre à une élaboration plus complète qu'il ferait graver en l'honiiour du roi. C'est à cette élaboration que nous devons VOffrande musicale {Mitslknllsches Opfer).

La hâte qu'il mit à parfaire cette œuvre et à la publier prouve le zèle avec lequel il s'appliqua à ce travail. La dédicace qu'il plaça en tête (hi morceau vaut la ])Pine d'être reproduite :

« Sire,

» C'est avec le plus profond respect que je dédie à Votre Majesté une Offrnndr musicale dont la plus

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