‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 99 sur 122 · Spitta, miv,\ lité \\, p. '.'il · texte numérisé non relu

Spitta, miv,\ lité \\, p. '.'il

330 Vin: KT fFCVRES T)V J.-?. BiACII

« Leipzig, 6 octobr {sic) 17 iH.

» Mon rlier et honoré cousin,

» Le peu de temps dont je puis disjjoser ne me permet pas de vous en dire long, même pour dignement apprécier les vendanges bénies qui vont bientôt s'ouvrir et que l'on attend comme une bénédiction de Dieu. Je ne puis vous envoyer l'exemplaire de la fugue prussienne, car l'édition en est épuisée ; je n'en avais, du reste, fait tirer que cent exemplaires, dont la plupart ont été distribués gratis à mes amis. J'en ferai tirer d'autres pour la foire de la nouvelle année et si vous avez encore l'intention d'en acquérir un exemplaire, envoyez-moi un thaler et vous le recevrez.

» En terminant, je vous salue pour nous tous

cl demeure

» Votre tout dé'voué

» J.-S. Bach. »

En travers de la marge est écrit :

'( P. -S. Mon i\]^ d(^ Berlin a maintenant deux héritiers ; le premior est né, hélas ! lors de l'invasion prussienne {'M) novembre dTio) ; l'autre n'a que quinze jours. »

[Adresse en français.)

« A Monsieur J.-E. Bach, chanteur et inspecteur du gymnase à Sclnvcinlurl, »

Lorsque Elias Bach alla étudier à Leipzig, il fît la connaissance de Sébastien pour lequel, depuis lors, il professa toujours une grande considération. Il le prouva par le cadeau d'un fut de vin qu'il envoya à Bach et qui donna sujet à une siTi^ndc lettre de ce dernier.

(( Mon cher et honoré cousin,

» Avec votre aimable lettre reçue hier, laquai !(> m'assure que vous êtes en bonne santé ainsi que votre chère femme, m'est arrivé le précieux baril de vin de Mostes, pour lequel je vous adresse tous mes remerciements. Mais il est malheureux que ce baril ait souffert, soit des cahots du transport, soit d'autres causes, car à son ouverture ici pour la visite ordinaire, on l'a trouvé aux trois-quarts vide et d'après l'allégation de l'inspecteur, il ne contenait plus que six pintes. C'est pitié que la moindre goutte de ce noble don de Dieu ait été perdue.

» Comment vous remercier de ce riche présent, mon cher cousin? Pro nunr, je reconnais mon impuissance à prendre ma revanche; mais, ^i«or^ dlffertur non auffertur, et j'espère avoir l'occasion de m'acquitter de ma dette. Je regrette que la grande distance qui sépare nos deux villes ne nous permette pas de nous rendre mutuellement visite; je prendrais la liberté de vous inviter à la nore de ma

332 VIE EjT ŒUVRES DEJ.-S. BACH

fille Liessgen^, qui vase marier, on janvier prochain (1749) avec M. Altnikol, le nouvel organiste de Naumbourg. Mais comme la distance et aussi la rigueur de la saison s'oi^posent à ce que nous ayons chez nous notre cher cousin, je le prie de nous aider de loindeses vœux de bon chrétien. Je voussalue pour nous tous, mon cher cousin, et je demeure, ') Votre afFectionné cousin et dévoué serviteur,

» J.-S. Bach. »

" P. -S. An cas où mon cher cousin aurait Tintenlion de mofTrir encore de la même liqueur (sic), je le prie de n'en rien faire, car j'ai dîi payer pour le transport 16 groschen; à l'expéditeur, 2 groschen; à l'inspecteur, 2 groschen ; pour l'octroi [Land occise), 5 gr. 3 pf ; pour la régie {Générale accise) 3 groschen ; en sorte que mon cousin peut voir que chaque mesure me revient presque à 5 groschen ; ce qui rend le cadeau trop coûteux. »

(Adresse en français)

« A Monsieur J.-E. Bacu,

>i rl/iinleiir ot inspecteur des gymnasiastes de la ville » ii/i/)ériale de

K Franque Cobourf/. '< Schvcinfurl. »

Page 1