‹ La vie et les œuvres de Jean-Sébastien BachChapitre 98 sur 122 · Rochlitz, Vûr Freunde der Tonkuml, IV, p · texte numérisé non relu

Rochlitz, Vûr Freunde der Tonkuml, IV, p

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ce fils « d'imbécile » [simpei] et le déclarent incapable de rien faire. Il mourut en 1763 àNaumbourg, où, même avant le décès de son père, Tavait emmené son beau-frère Altnikol.

Sur sa vie de famille et sur ses concerts domestiques, Bach nous a renseignés dans sa lettre à Erdmann. L'éducation de ses tils le préoccupait trè j vivement. Nous avons vu que l'un des principaux motifs qui l'engagèrent à préférer Leipzig àCœthen, fut la perspective de moyens d'instruction supérieure que lui offraient l'école de Saint-Thomas et l'Université. Déjà le 22 décembre 1723, il demanda l'immatriculation préalable de Friedemann, qui, ainsi que son frère Emmanuel, reçut une éducation académique complète. Le père n'avait pas pensé d'abord à faire d'Emmanuel un artiste, mais il ne souleva point d'objections lorsque le jeune homme voulut se consacrer à l'art. Il suivit avec sollicitude les progrès de ses iils, exécuta leurs compositions de même qu'il leur fît exécuter les siennes, les recommanda à son éditeur, Balthazar Schmidt de Nuremberg, et transcrivit même de sa main ce qui, dans leurs œuvres, lui plaisait particulièrement. Il ne recula devant aucun efl'ort pour leur aj^lanir la voie toujours difficile de la carrière artistique, et les soutint dans leurs premiers pas. Lorsque Bernhard, le troisième fils du second lit, eut atteint sa vingtième année, il mit tout en œuvre pour lui faire conférer l'emploi d'organiste alors vacant à l'église Notre-

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Dame de Muhlliauscn, emploi que lui-iuùme avait occupé à Saint-Biaise, vingt-huit ans plus tôt. On a conservé la lettre qu'il écrivit en cette circonstance à lun de ses protecteurs à Muhlhausen.

« Très honoré et très noble protecteur,

» Je viens d'apprendre que l'organiste Hetzehenn de votre ville est décédé et que l'on n'a pas encore pourvu à son remplacement. Mon fils, Jean-Gottfried Bernhard étant devenu assez habile en musique })Our que je sois sûr qu'il occupera dignement cette place et c[ue je puisse le recommander en toute conscience, je supplie votre Excellence d'accorder son intercession h mon tîls pour qu'il obtienne cette position. Gomme moi, il en sera très heureux, et je verrai en cela la continuation de votre ancienne fdveitv et un nouveau motif pour persévérer dans le respect que je professe à votre égard.

» De votre excellence,

» Le très dévoué serviteur.

» J.-S. Baci[,

» autrefois organiste de Saint-Blai&e )) à Muhlhausen. « [Adresse.)

u Au très noble et très honoré M. Tobie Rolschicren, membre Jure consullo du conseil de la ville impériale de Muhlhausen. »

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Bach avait eu raison de compter sur le bon souvenir qu'avait gardé de lui le conseil communal de Muhlhausen. Bernhard fut choisi, mais il ne conserva que peu de temps cette position quil quitta pour embrasser la carrière scientifique. 11 partit pour léna où demeurait le doyen [senior) de la famille, Nicolas Bach ; mais le 27 mai 1739, pendant qu'il étudiait la jurisprudence, il fut saisi d'une fièvre maligne c|ui l'emporta. Dès lors il ne resta plus à Sébastien que quatre fils sur lesquels il put IVuider des espérances ; toutefois il vécut assez pour voir Jean-Ghristophe-Frédéric, né en 1732, nommé, quoique bien jeune, musicien de la chambre du comte de Lippe, à Biickebourg. Hofl'mann, le facteur d'instruments, ami intime du maître, lui ayant légué un de ses clavecins, il le donna à son liis pour l'aider à s'établir dans sa nouvelle position.

Le benjamin de la famille, Jean-Chrétien, né en 1735, dont les grandes dispositions musicales se révélèrent de bonne heure, paraît avoir joui de toute la tendresse de son vieux père, qui en une seule fois lui donna trois clavecins à pédalier, avantage si peu habituel qu'après la mort du père, les enfants du premier lit eurent un moment l'intention de contester la validité de la donation.

Les filles demeurèrent célibataires, à l'exception d'Elisabeth-Juliane-Frédérique, née en 1726, qui, le 20 janvier 1749, devint l'épouse d'Altnikol. Bach se remua de nouveau pour que les jeunes mariés

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pussent fonder leur maison. En 1746, le conseil de la ville de Naumbourg avait fait appel aux lumières (le Sébastien pour qu'il se prononçât sur la réparalion de l'orgue de leur église. Peu après, la place d'organiste fut vacante. Dès qu'il l'eut appris, Bacb la demanda pour Altnikol. Il recommanda chaudement « son cher et ancien élève », lequel occupait déjà l'orgue de Niederwiesa et « possédait un savoir qui le mettait à même de bien jouer et bien diriger. >• et qui était également « habile en composition, en chant et en violon '>. Altnikol obtint la place le 30 juillet 1748 et sur la fin de janvier 1749, il épousait 1.! lille de son maître. Le premier pelit-fils de Bach, qui naquit le 4 octobre 1749, reçut les prénoms de Jean-Sébastien.

Les seules noces célébrées dans sa maison furent naturellement un événement capital pour le cœur paternel de Bach. On le voit par la dernière des deux lettres qu'il écrivit à son cousin ïllias Bach de Schweinfurt'. Ces lettres nous permettent de nous former un jugement sur les sentiments familiaux et économiques de Sébastien. La première se rapporte à une affaire intéressant la musique.

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