‹ La vie et les œuvres du Docteur L.A. BertillonChapitre 13 sur 51 · II. — ETupe DÉMOGRAPHIQUE DE DIVERSES NATIONS · texte numérisé non relu

II. — ETupe DÉMOGRAPHIQUE DE DIVERSES NATIONS

- Angleterre (Grande-Bretagne) (n° LXXIHID) et colonies britanniques (n° LXXIV). |

Autriche (n° LXVIT).

Bade (n° LXIX).

‘Bavière (n° LXX).

Belgique (n° LXXI).

France (1) (n° CXVIF.

L'Atlas de démograÿhie figurée de la France contient l'illustration des articles Mortalité, Mort-né, France, et de quelques chapitres de Mariage (n° XGVII).

Les ouvrages que nous venons d'énumérer sont autant de chefsd'œuvre, et nous ne saurions trop en recommander la lecture à quiconque s'intéresse à la statistique humaine.

Un grand nombre d’autres travaux contiennent des aperçus nou-: veaux et curieux (Conclusions statistiques sur la vaccine. — Études de géographie pathologique. — Influence du tabac sur les travaux de l'esprit.— Statistique médicale de l’armée.—Angles céphaliques.— Laponie. : — Craniométrie des Néo-Calédoniens.-— Diffusion des maladies épidémiques aulour des hôpitaux. — Évaluation du nombre minimum des ménages irréguliers à Paris, etc., etc.), mais portent sur des points très spéciaux et offrent un intérêt moins général. Le lecteur en fera facilement la distinction d'après l’analyse que nous donnons des principaux ouvrages de M. Bertillon.

4. La série de ces articles est continuée dans le Dictionnaire encyclopédique par M. Jacques Bertillon (Finlande, — Norvège, — Russie, — Saxe, — Suède, — Survie). |

XXXL. — De quelques éléments de l'hygiène dans leurs rapports avec la durée de la vie.

(Thèse inaugurale, 6 août 1852.)

Il est rare qu’une thèse présentée à la Faculté de médecine soit écrite avec autant d'élégance et autant de vigueur. On doit aussi admirer l'esprit de méthode qui est répandu dans tout cet ouvrage, quoiqu'il embrasse d’un coup d'œil général la plupart des chapitres qui concernent l'étude de la mortalité des mesures de la vie et de la prospérité humaine.

Enfin on est surpris de voir à tout moment sur l’histoire et sur les sociétés humaines des aperçus rapides qui montrent que M. Bertillon professait dès cette époque les idées qui devaient rendre célèbres Buckle, H. Spencer, Taine, etc. Nous remarquons le fait pour montrer que ces idées, si admirablement exposées par ces auteurs, flottaient en quelque sorte dans l’air, lorsqu'ils ont rendu le service de les recueillir et de leur donner le développement nécessaire. M. Bertillon n'avait naturellement pas à entreprendre une pareille tâche dans un ouvrage de médecine.

L'auteur commence par établir ce que c’est qu'une moyenne; il la distingue des valeurs approchantes et notamment des valeurs probables. Enfin il fait une distinction trés sage entre ce qu'il appelle les moyennes purement arithmétiques (averages de Herschell ; moyennesindices de l’article MOYENNE) et ce qu’il appelle les moyennes physiologiques ou moyennes nalurelles (moyennes lypiques de Particle MOYENNE).

Il montre que la vie moyenne n’est pas une moyenne, et qu à la considérer seule on s’expose à «le graves erreurs d'interprétation.

Des rapports de la durée de la vie avec les crconstances ambranltes. 4. Circonstances matérielles. L'auteur montre par de très nombreux exemples empruntés pour la plupart à Villermé, Ivernois, Benoiston de Chateauneuf, Marc d’Espine, etc., l'influence de la richesse et de la pauvreté sur la longueur de la vie; l'influence du prix du blé sur la mortalité, etc.

9, Circonstunces morales. Il se demande ensuite si les jouissances morales, si la liberté surtout n'a pas la valeur d’un élément de lhygiène. Il montre, d’après Bouvard, la mortalité des nègres esclaves ; d’après Boileau de Castelnau, la mortalité des prisonniers de la maison centrale de Nîmes ; d’après Boudin, la mortalité des militaires.

Il montre une relation, très lointaine d’ailleurs, entre la mortalité et le degré de diffusion de l'instruction.

Influence du sol et de l'émigration. I y discute les résultats de Bossi (département de l'Ain), de Boudin (la mortalité en Algérie).

L'hygiène el la statistique. XI faudrait que dans tout travail de statistique on eût sans cesse présentes à la pensée ces lignes de Cournot : « La statistique est la science qui a pour objet de recueillir et de coordonner des fails nombreux dans chaque espèce, de manière à obtenir des rapports numériques qui, sensiblement indépendants des anomalies du hasard, dénotent l'influence de causes régulières et perma- : neñles, dont l’action est combinée avec celle de causes étrangères ou fortuites. » Partant de cette définition, M. Bertillon montre le parti que l'hygiène et la médecine pourraient tirer des statistiques bien faites.

Cette thèse, qui est le premier écrit statistique de M. Bertillon, justifie la définition qu’on a donnée d'une vie bien employée : « Une idée conçue dans la jeunesse et réalisée dans l’âge mür. » Elle contient, à l'état embryonnaire, la méthode statistique dont l’auteur devait ürer plus tard un si admirable parti.

XXXIT. — Rapports entre l'accroissement de la population et le bien-être.

(Lettre du docteur Bertillon à M. Achille Guillard, publiée dans les Eléments de statistique humaine de M. Achille Guillard, 1855.)

La loi de l'équalion des subsistances, longuement développée par M. Guillard, reçoit dans cette lettre un important commentaire :

Ce n'est pas tout de dire que la population se proportionne aux subsistances disponibles : il faut ajouter que le rapport qui existe entre le total des subsistances consommées et la population, autrement dit la ration moyenne de chaque individu, varie d’un pays à un autre. Plus cette ration est forte el plus le peuple en question est heureux et civilisé, et plus sa vie moyenne est longue. A l'appui,

M. Bertillon construit, à l’aide de l’imparfaite enquête de 1833, « l'ébauche » suivante :

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