‹ La vie et les œuvres du Docteur L.A. BertillonChapitre 14 sur 51 · RATION INDIVIDUELLE ANNUELLE · texte numérisé non relu

RATION INDIVIDUELLE ANNUELLE

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Comparez dans ce tableau la première et la dernière colonne, vous verrez que plus la ration individuelle est élevée et plus la vie moyenne (1) est longue.

La conclusion de cette lettre est qu'une population, pour marcher dans la voie du progrès, doit consacrer à l'accroissement de ses citoyens une partie de l’augmentation de ses subsistances, mais une partie seulement. L'autre partie de cette augmentation doit êlre consacrée à améliorer la ration individuelle, de façon à élever le niveau physique, intellectuel et moral de la nation.

Telle est, résumée en quelques lignes, et par conséquent fort abîmée, cette lettre remarquable, aussi élégante par la forme que solide par le fond même du sujet.

XXXIIL. — Compte rendu du congrès international de statistique de Paris de 1855 (partie médicale).

(Brochure extraite de la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1855.— Voyez aussi Union médicale, 1855.)

Cette brochure n'étant elle-même qu'un compte rendu, nous n’y insisterons pas. Elle est curieuse pourtant par les remarques nombreuses que l’auteur joint à l'exposé des travaux du congrès. On ne peut les lire sans songer que les mesures qu’il recommande sont justement celles qu’il devait faire adopter vingt cinq ans plus tard par la ville de Paris.

Ce compte rendu du congrès de Paris fait surtout au point de. vue nosologique et médical, et destiné à populariser la statistique

4. Calculée d’ailleurs très imparfaitement par la formule P/N (1841-45).

72 COMPTE RENDU DES OEUVRES DU DOCTEUR L.-A. BERTILLON parmi les médecins, fait ressortir l'importance dé la statistique des causes de décès, que le congrès avait RRTLS le vœu de voir établie dans tous les pays.

Le vœu émis par le congrès de statistique fut écouté — en apparence tout au moins — par le ministre compétent. Il écrivit à ce sujet à l’Académie de médecine une lettre qui fut longuement discutée

par cette société savante, et qui décida M. Bertillon à prendre la plume.

XXXIV. — Statistique des causes de décès. — Considérations sur

la lettre du ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics à l’Académie de médecine.

(Une brochure in-12. Extrait de l’Union médicale, 1856 et 1857.)

A la suite du congrès de statistique de Paris, le ministre de l’agriculture avait écrit à l’Académie de médecine pour lui demander son avis sur l'opportunité d’une statistique des causes de décès. M. Bertillon se prononce pour la nécessité et la possibilité de cette enquête.

Nous n’insisterons pas sur ce travail. Il était fort nécessaire à l’époque où il fut composé, car alors la statistique médicale n'existait pas, et les essais médiocres qui avaient été faits dans ce genre étaient contestés.

Aujourd’hui, il n’est pas de statisticien éclairé qui ne reconnaisse l'importance de la statistique des causes de décès, et il n’est pas dans le monde de ville un peu considérable qui ne s'applique à en faire le relevé.

La cause que M. Bertillon plaida pendant deux années consécutives dans l’Union médicale est donc depuis longtemps gagnée auprès du public. Elle le fut dès cette époque auprès de l’Académie qui rendit une réponse favorable, Mais ce vote longuement motivé n'eut pas le pouvoir de faire sortir l’administralion de sa chère routine. Les causes de décès n'ont été relevées et publiées à Paris qu’à partir de 1865; puis beaucoup plus tard dans quelques villes de bonne volonté. Aujourd'hui encore, ces relevés ne sont faits en France que dans un petit nombre d’endroits.

XXXV. — Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccine, et réponse à une demande de M.le professeur Malgaigne. |

(Une brochure in-12. Extrait de l'Union médicale, 1855 et 1856 ; Revue médico-chirurgicale de Malgaigne. — Voir d’ailleurs la plupart des journaux de médecine de l'époque.)

Cette brochure a pour but de répondre à une question ainsi formulée par M. le professeur Malgaigne : « Est-il vrai qu'avant la découverte de la vaccine 1l y eût un bis grand nombre d'individus qui arrivassent à l’âge mür?»

À cette-question nettement posée, M. Bertillon répond : Non, la proportion des hommes qui arrivent à l’âge mür n’a pas diminué depuis la découverte de la vaccine, bien au contraire. Ceux qui ont avancé le contraire ont mal interprété les rares documents que nous avons sur la mortalité du siècle dernier.

- XXXVI. — Conciusions statistiques contre les détracteurs de la vaccine, précédées d'un Essas sur la méthode statistique appliquée à l'élude de l’homme.

(Un volume in-12. Paris, Victor Masson, 1857.)

Ce livre a obtenu plusieurs récompenses : à l’Institut et à l'Académie de médecine.

C'est à propos de la vaccine qu’il a été fait, mais il s'en faut de beaucoup qu'il lui ait été exclusivement consacré, et ce volume aurait pu s'appeler avec plus de vérité peut-être : Etude des mouvements de la mortalité à chaque äge depuis un siècle.

PRÉFACE. Objet et but de l'ouvrage.

INTRODUCTION. Essar sur la méthode stalistique. L. Son emploi dans les sciences naturelles et médicales. — L'auteur montre par plusieurs exemples que la statistique appliquée à l’étude de l’homme met souvent en lumière des lois que l’observation isolée des faits n’aurait pas fait soupçonner. Par exemple, les auteurs les plus célèbres ont affirmé «que la différence de sexe paraît peu importante chez les enfants, et que, à l'exception de quelques maladies qui siègent sur les organes génitaux, la plus grande analogie paraît exister entre les maladies des garçons et celles des filles » (Barier). Interrogeons maintenant la sta-

tistique, méthode née d'hier, qui manque encore de presque tous les documents qu’elle réclame. Elle nous enseigne (l'auteur le prouve par des chiffres nombreux) « que soit au siècle passé, soit au nôtre, en France comme à l'étranger, une différence très tranchée existe, dès la première année, entre la mortalité des deux sexes, puisqu'en moyenne, sur 100 enfants de chaque sexe, il succombe dans l’année 20 garçons et seulement 16,5 filles. »

Il est arrivé à la thérapeutique ce que nous venons de constater pour l’étiologie..…. Tous savent les controverses qu'a suscitées l'usage du tabac. |

C’est par la statistique seulement que peut être résolu un Silane de ce genre, dont la solution n’est pas assez évidente pour frapper les yeux, lorsqu'ils ne sont éclairés que par l'observation individuelle et isolée…

Instilution el propriétés des valeurs moyennes.

Il. Zmporlance de la stalistique pour délerminer à notre époque la valeur moyenne des attributs de l'homme el permettre d'apprécier et de mesurer le mouvement de l'humanité, le sens de sa civilisation et le fruit de ses innovations. |

« Un Français qui ne connaîtrait que l’histoire du siécle actuel pourrait se demander si sa patrie ne tourne pas toujours dans le même cercle, dont les pôles, éloignés de quinze à vingt ans, s'appellent un peu de liberté, un peu de tyrannie; et cependant les fiis des Gaulois, par une marche non interrompue, d’esclaves sont devenus serfs, de serfs sujets, et aujourd’hui ils s’acheminent de l'état de sujet à celui de citoyen. |

« Ainsi les mouvements à courte période, les seuls qui frappent l'homme isolé de l'histoire, ne sont que les éléments d'un plus grand mouvement qui lui échappe par son étendue. Ainsi le lépidoptère dans sa vie de quelques semaines ne peut apprécier que la suecession des jours et des nuits d'été et n’a aucune perception de l’évolution des saisons, des années, des périodes géologiques... Si ces hautes questions, agitées par de grands écrivains et traitées avec loutes les splendeurs. du style, paraissent d'une solution difficile, c’est parce que nos pères, n'ayant pas Comme nous la statistique, ne nous ont laissé presque aucune ressource pour mesurer l’état moyen de humanité aux époques antérieures à la nôtre. Nous ne savons ni l’âge ni la force de l’homme moyen, ni sa taille, ni son développement intellectuel et moral, ni la quantité, ni la distribution de son travail, de la production de son travail, de sa consommation, ni les espèces, ni le

nombre, ni la gravité de ses infirmités, de ses maladies, de ses crimes.

« En vain, quand je parle de la marche ascendante de l'humanité, me citerait-on les poésies mystiques des prêtres de l’Inde, le luxe des monarques de l'Asie, l’art et la philosophie de l'aristocratie grecque, la civilisation des citoyens romains... Je n’accorde pas même la supériorité de la force physique à nos aïeux : celle que l’on attribue aux Milon de Crotone, aux Charlemagne, aux François Ier, ne me donne pas plus l'idée de la force musculaire moyenne de l’homme ancien, que la taille de Tom Pouce ou de tel géant ne m'instruit de celle de l'homme moderne. Il ne faut jamais oublier que chez les anciens il y avait, à côté d'individus presque exclusivement occupés d’exercices gymnastiques, un peuple d'esclaves mal nourris et mal traités. Il n'est’ guère douteux qu'un paysan français ne soit plus robuste qu’un ilote ou qu'un esclave romain, qui, d'après Gaton, recevait pour toute nourriture ! kil. 3 de pain. »

LIivRE [°". CONCLUSIONS TIRÉES DE L'ÉTUDE COMPARÉE DE LA MORTA- LITÉ EN FRANCE AUX XVIIL® ET XIX® SIÈCLES.

Sources et examen critique des documents (Messance, Mohau, Duvillard ; Heuschling, recensement de 1851).

Méthodes applicables à ces documents.

Emploi des documents.

Livre IT. ETUDE PARTICULIÈRE DES MOUVEMENTS DE LA MORTALITÉ DE CHAQUE AGE EN FRANCE, PENDANT LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XIX° SIÈCLE ; COMPARAISON AVEC LES DOCUMENTS SUÉDOIS DU XVIII ET DU XIX° SIÈCLE.

Les personnes qui connaissent l'imperfection des documents françcais pendant la première moitié du siècle, et qui savent la difficulté de calculer la mortalité par âges lorsqu'on ne peut s'appuyer sur aucun recensement par âge, apprécieront la valeur de la recherche annoncée par le titre qui précède.

Dans une annexe aux deux premiers livres, on trouve un document suédois qui prouve l’immense service que la vaccine a rendu à la Suède. Tandis que, pendant la longue période 1770-1800, la variole faisait environ 2,000 victimes annuelles sur un million de vivants, ce taux s’est abaissé progressivement à 150 environ depuis cette époque, la vaccine s'étant généralisée dans le pays (810 vaccinations pour 1,000 naissances).

Nous insisterons peu sur la seconde moitié de l'ouvrage. Elle est consacrée à réluter les erreurs de plusieurs statisticiens qui depuis sont tombés dans un oubli équitable.

LIVRE II. ERREURS DES ADVERSAIRES DE LA VACCINE. Erreurs commises sur les documents généraux (interprétation erronée de la table dé Deparcieux; des tables du Bureau des longitudes ; des mouvements de population; de l'augmentation des chiffres de mort-nés).

Erreurs commises sur les documents spéciaux (erreurs commises dans l'examen comparatif de quelques départements; interprétations erronées des documents militaires ; — examen de la taille; de la mortalité dans l’armée ; — interprétations erronées de l'influence cholérique).

Livre IV. RECHERCHES SUR LA VILLE DE Paris. Interprétations erronées des documents stalistiques (construction des tables de survie, 5 TF8 RENE | |

Recherches sur les mouvements de la mortalité à chaque âge dans la ville de Paris.

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