‹ La vie et les œuvres du Docteur L.A. BertillonChapitre 2 sur 51 · BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE

DU

Louis-Adolphe Bertillon est né à Paris, le 2 avril 1821.

Son pére, Jean-Baptiste Bertillon, qui exerçait alors la profession de distillateur chimiste, était un homme remarquablement intelligent, Ses parents, propriétaires à Saint-Seine (Côte-d'Or), ayant été ruinés sous la Révolution, Jean-Baptiste vint à Paris à l’âge de quatorze ou quinze ans, n'ayant pour toute fortune que ses vêtements et une pièce de dix sous. Mais il avait pour principe de s’inilier à lous les méliers qu'il rencontrait sur son chemin, et ce principe lui profita. C'est ainsi que s'étant engagé volontairement dans l’armée impériale, et tenant garnison en Allemagne ou en Italie, il apprit d'un épicier obscur l’art encore ignoré de raffiner le sucre avec du noir animal. À l'expiration de son congé, il voulut utiliser cette invention, trouva un bailleur de fonds et s'établit raffineur. Malheureusement son associé le vola indignement. Jean-Baptiste Bertillon mis dans l'impossibilité d'exploiter un procédé dont il avait fait sa propriété, voulut le vendre à des industriels anglais qui avaient été frappés de la beauté de ses produits, et qui lui offraient de son s2cret la somme d'un million. Le voilà donc parti pour Londres malgré la rigueur des lois et déerets de cette époque. Mais son ancien associé avait eu vent de la chose, et avait trouvé moyen de vendre le même procédé un prix fort inférieur. Jean-Baptiste Bertillon vit s’évanouir ainsi le rêve de fortune qu'il avait pu un instant entrevoir. |

Il n'avait passé que trois jours à Londres ; mais ce temps si court avait suffi pour qu’il apprit à fabriquer le gaz à éclairage encore

inconnu sur le continent. Revenu en France et établi distillateur à

Paris, il utilisa cette connaissance si rapidement acquise; il construisit, dans sa cave, une petite usine à gez et ce fut dans son magasin, rue Montmorency, que les Parisiens admirèrent pour la première fois l'éclat de la lumière nouvelle.

J.-B. Bertillon avait l'esprit très chercheur et toujours inventif ; c'est ainsi qu'il sut, en modifiant la forme du serpentin, recüfier l’eaude-vie de pommes de terre, au point de lui donner la pureté nécessaireaux préparations pharmaceutiques et à la parfumerie.

D'ailleurs c'était un homme judicieux et pratique, dégagé de tou'e superstition religieuse et de toute fanfaronnade. Mêlé aux guerres impériales, il en avait gardé une haine ÉCRIRE pour l’auteur de tant d’effroyables malheurs. e

Son esprit était plus industrieux que commercial. Sa femme, au contraire, Pierrette Garinot, joignait à une intelligence aimable et fort cultivée le génie exact et méticuleux du commerce. Elle avait le visage d’une finesse et d'une douceur exquise, mais sa taille était exiguë ; comme beaucoup de gens de petite taille, elle était extrêmement active. Elle contribua pour beaucoup à édifier une fortune qui, sans être-trés considérable, fut assez rapide.

Tels post les parents de Louis- Adolphe Bertillon.

Ils quittèrent Paris vers 1824, et achetèrent près de MORTE une vaste propriété rurale appelée le Buisson. C'est Es que se passèrent les premières années de leur fils. |

Dés l’âge de l’école, Louis-Adolphe Bertillon Riez l'histoire naturelle les plus surprenantes dispositions. Le Buisson était entouré de fossés remplis d’eau, et habités par une quantité d'animaux aquatiques. Au bout de la propriété s’élenduent plusieurs hectares de bois. C’est là que l’enfant passait la plus grande partie de son temps, étudiant les mœurs des animaux vivants, les dérangeant dans leurs babitudes pour mieux les observer, accablant son père de questions à leur sujet. Son grand bonheur était d'en trouver qui fussent morts ; il les disséquait avec son couteau d'enfant, et s’efforçait de compren-

dre, l'usage de leurs organes. Mais personne n’était en état de le lui . apprendre (1).

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