LXXXIX. — Migration
(Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.) C'est là un sujet que limperfection et l’irrégularité des documents
rend extrêmement difficile à traiter d’une façon satisfaisante. Le contrôle des documents les uns par Jes autres complique la difficulté
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plus souvent qu'il ne la résout. M. Bertillon a pourtant tiré de ces imparfaits documents tout ce qu’il lui était possible d'en tirer.
} donne pour chaque pays de l'Europe : le nombre annuel des émigrants, leur sexe, leur âge, leur état civil, leur pays de destination. Il établit les règles générales de l’émigralion : quelles conditions la rendent plus active ou la restreignent ; dans quels cas elle est nuisible à la mère-patrie, et dans quels cas elle doit être au contraire encouragée.
La conclusion de ce travail est assez triste pour la race française. Tandis que les Allemands, les Slaves, les Espagnols et surtout les . Anglais remplissent le monde de leurs colons, la France n’a qu’une émigration extrêmement restreinte (l’auteur l'estime, en supputant d’après quelques bases positives et en l'absence de documents officiels sérieux, à 15,000 ou 20,000 par an), et encore cette faible émigration va-t-elle se perdre soit aux États-Unis, soit à la Plata. Et comment en serait-il autrement, puisque la France n’a pas, sauf l'Algérie, de colonie salubre ? « N’en est-il plus sur la terre ? Nous laisserons-nous ravir les derniers restes des terres propres à l'extension de notre race quand nos rivaux les Anglais et les Allemands, les Espagnols et même les Italiens s'épanchent de tous côtés et recouvrent le globe de leurs innombrables rejetons ? Resterons-nous confinés, de plus en plus resserrés dans notre antique sol des Gaules, de sorte que, de grande nation, nous deviendrons une fraction minuscule du genre humain ? »