décès pour 1,000 hommes vivants de. , . , . 45 à 20 ans
1.4 — — — Ve ANA s 20 à 25 —. 13.4 — ee — DA Ve AM 25 à 30 — 10.2 — — — pe LAVE REIN 90 à 35 — 9.2 — — = ut PR ue 30 à 40 — 9.7 — — sn: LE NUS 40 à 45 —
Mais, d'autre part, le mal est général à toute la France. Il n'est atténué que dans neuf départements seulement. Partout ailleurs la mortalité de 20 à 30 ans dépasse la mortalité de 30 à 40 ans.
Reste à rechercher les causes de cette aggravation de la mortalité aux âges adultes, aggravation qui frappe presque exclusivement sur les
Â44 COMPTE RENDU DÉS OEUVRES DÙÜ DO UÉEUR à LA) BERTILLON
hommes. Il est possible qu’elle soit due à Ia conscription, au temps passé
sous les drapeaux, condition qui autrefois doublait la mortalité et qui aujourd’hui l’augmente encore de moitié. D’autres causes encore peuvent être invoquées. « Mais pour les déterminer il nous faudrait des documents qu’on trouve en d’autres pays, mais non chez nous : -la mortalité par année d'âge et par profession et aussi par cause de décès. La possibilité d’y trouver quelques indications pour diminuer le tribut de 10,000 jeunes hommes qui, chaque année, nous sont enlevés comme en excédent des nécessaires fatalités mortuaires, dit assez haut que ce ne serait pas là une œuvre de luxe, mais de précieuse économie et de haute humanité ! »
Nous reproduisons aussi les conclusions générales de l’article France. Mais que le lecteur ne les prenne pas pour un résumé de l'œuvre ! Ce n’est pas là leur but.
CONCLUSIONS GÉNÉRALES. « Il me paraît résulter de cette étude, trop succincle je le crains, que la population française offre à l’administraleur, à l'historien, à l’économiste, et surtout au législateur et au philosophe, un nombre considérable de faits démographiques de nature à éclairer l'avenir par la connaissance du passé et du présent, et
par suite bien propres à montrer dans quel sens il est désirable que
soit dirigée la population française en général et, ce qui est plus pratique, chaque département en particulier. Quoi de plus instructif en effet que de voir les trois grands mouvements qui font la vie des peuples : nuptialité, natalité, mortalité, ici croissants, à côté décroissants, ailleurs stationnaires, et par ces impulsions variées concourant Re sement au progrès ou au déclin de la nation entière, soit favorisant, soit contrariant ou diminuant les mouvements de l’ensemble.
« Ainsi, que d'enseignements dans cette mortalité française en général plutôt faible et décroissante, mais croissante dans quelques départements tels que le Calvados, et croissante aussi pour quelques âges, comme pour la première enfance.
« Quoi de plus affligeant aussi que de constater que la mortalité de nos enfants 1llégitimes est plus aggravée qu’en aucune autre nation de l'Europe, ce qui laisse deviner, en ce point, la cruauté tacite de nos mœurs hypocrites comme de nos lois !
« De même la mortalité aggravée de nos jeunes hommes de 15 à
20 et même jusqu'à 30 ou 35 ans; celle si extraordinaire de nos trop jeunes époux, des jeunes veufs et veuves, décèlent des plaies vives, bien dignes d'attirer les réflexions et la sollicitude de nos hygiénistes el de nos lépislateurs,
de Ed à à
€ Mais par-dessus tout, c’est ce fait démographique si universellement présenté par tous nos départements, si prononcé, si connu depuis le commencement du siècle, et si désastreux, si inquiétant puisqu'il menace de réduire à une proportion minuscule la nationalité française : LA DÉCROISSANCE CONTINUE DE SA NATALITÉ, SON acCroissement réduit à n’être que le tiers, le quart ou même le cinquième de celui des Anglais ou des Allemands!
- « Enfin et comme conséquence, le mouvement de rétrogradation relative qui, depuis près d’un siècle, a saisi la population française et qui se continue et s'aggrave avec une ténacité bien menagante! Il est tel, ce mouvement, que la France, dans le passé la première des nations civilisées par le nombre de ses habitants, conserve à peine ce rang depuis le commencement du siècle dernier; elle né vient plus aujourd'hui qu’au troisième, et c'est au quatrième rang que dans peu d'années elle sera reléguée ! Pour l'avenir, nous sommes fatalement conduits à rétrograder encore plus bas, si rien ne vient stimuler notre faible accroissement de 3 par anet par 1,000, accroissement vrai- -ment illusoire et dérisoire, comparé à celui de 12 à 15 par 1,000 de nos rivaux, les Teutons et les Anglais !
« Nos émules débordent de toute part par leur émigration, ils s'emparent de la terre, tandis que nous, nous restons confinés dans notre petite Gaule, encore rognée et amoindrie !
- « L'étude comparée de chacun de nos départements nous semble surtout féconde en renseignements, car elle nous montre les conditions spéciales de vitalité et d'évolution de chacun d'eux; elle nous offre les défauts ou les qualités constatés pour l’ensemble de la nation, mais accrus ou diminués en chacun, et par là elle rend plus facile la recherche des influences cachées qui les déterminent et les gouvernent. On est alors amené à cette découverte capitale : que les faits sociaux ont un déterminisme aussi rigoureux que tous les autres phénomènes naturels, car dans les mêmes conditions mésologiques ils se reproduisent toujours les mêmes. Il suffira donc de démèêler la complexité des influences multiples (géologiques, topographiques, météorologiques, sociologiques, économiques, ethniques) qui les régissent pour s’en rendre maître ; dès lors la méthode scientifique qui nous a déjà donné
pouvoir sur la nature minérale, végétale, animale qui nous entoure,
nôus le donnera aussi sur la nature humaine; non pas seulement sur l'organisme humain pris individuellement, objet de l'hygiène et de la médecine proprement dite, mais aussi, mais surlout pour les organismes collectifs et nationaux, objet de la démographie.
Ca
-« De nos études résulte donc la démonstration qu’il nous apparüent de fortüifier de plus en plus les conditions favorables mises en lumière, d'affaiblir peu à peu les défavorables une fois signalées.
« L'homme, éclairé par la biologie et par l'expérience, n'est-il pas devenu de plus en plus maître de modifier, de diriger tous les phénomènes vivants extérieurs à l'humanité? Aujourd’hui les premiers renseignements de la démographie lui ouvrent une voie plus précieuse encore, car elle découvre les influences qui peuvent entrainer les groupes soclaux entiers dans des voies fortifiantes ou énervantes, pousser les nations à leur développement ou à leur décadence! Voilà ce qui ressort nettement de l’ensemble de mon œuvre, et tout particulièrement de la présente monographie sur la population française.
« Sans doute la démographie est surtout une science de l'avenir; c'est une science qui, connue ou ignorée, appliquée ou dédaignée, peut beaucoup pour déterminer le devenir des nations ; aussi suis-je sans inquiétude sur la future destinée de cette science.
- € Mais je me demande si la France saura en temps utile la mettre à profit, |
« En présence de l’ardeur que les peuples voisins, amis ou rivaux (Italiens, Scandinaves, Suisses, Anglais et Allemands, etc.), mettent à la faire progresser ; et d’autre part témoin du peu de zèle que nos gouvernants, trop distraits par les arritantes et troublantes questions de politique quotidienne; — que notre vieille administration, généralement peu curieuse des nouveautés dérangeant sa quiélude ; — que mes confrères eux-mêmes, trop exclusivement absorbés par la médecine individuelle, apportent à son développement, je crains que celte science des peuples, à l’avancement de laquelle j'ai consacré ma vie, ne soit plus utile aux progrès de nos voisins qu'aux nôtres.
« Nous préserver de ce danger et de cette humilation m'a soutenu dans le travail considérable que je hvre aujourd’hui, après tant d'années de préparation ; ce sera encore le but de mes dermières années et celui de mon suprême effort! »
CXXI. — Préface de la Démographie figurée de l'Algérie, 1 vol. in-8 de M. le docteur René Ricoux.
CXXIT. — Rapport sur la nouvelle organisation du service de statistique municipale, présenté à la commission de statistique muni- pale.
Ce rapport a été appliqué par son auteur lui-même. Il consacre
LA
je
; ce COMPTE RENDU DES OEUVRES DU DOCTEUR L.-A, BERTILLON 447
l'application des bulletins de mariage, de naissance et de décès recommandés déjà par M. Bertillon en 1876 dans sa communication au
congrés d'hygiène de Bruxelles, et adoptés par le congrès de démographie de Paris.
Jl a servi et sert encore de base au nouveau service de statistique de la ville de Paris.
. Nous remarquerons qu’il imsiste spécialement sur l'importance d’un recensement complet. Cette partie du rapport est la seule peut-être qui n'ait pas encore reçu son application.
CXXIIL. — Annuaire statistique de la ville de Paris. Introduction à la partie démographique de cet ouvrage.
Cette étude de la population parisienne montre par quels caractères
la population parisienne diffère du reste de la population française.
Comme toutes les grandes villes, Paris contient beaucoup d'adultes : de là certaines difficultés pour l'appréciation de la nuptialité, de la natalité et de la mortalité. |
CXXIV. —— De la diffusion des maladies dans le voisinage des hô-
pitaux.
(Annales de démographie, 1880.)
M. Bertillon, frappé de voir que le quartier de la Sorbonne présen-
tait chaque semaine quelques décès par variole, résolut de rechercher
les causes de cette épidémie locale.
Il fit pointer sur un plan de ce quartier les maisons où était survenu chacun des décès constatés pendant les mois de janvier et de février 1880. Sur 57 décès notés dans ce quartier, 49 s'étaient produits dans un pâté de maisons contenant environ 10,000 habitants et entourant l'Annexe de l'Hôtel-Dieu. Ce coim de Paris était donc frappé par Ja maladie (qui était alors à l’état épidémique) 16 fois plus que le
“reste de la capitale.
Ce résultat s ’expliqua aisément, car l'Annexe était à ce moment un hôpital de värioleux. Prévenue, l'Administration fit évacuer cet hôpital. Dans les semaines qui suivirent, on vit baisser peu à peu la fréquence de la variole dans le quartier. Mais les varioleux avaient été évacués sur l'hôpital Saint-Antoine. Le quartier environnant fut bientôt après frappé par une épidémie locale de variole.
. M. Bertillon rechercha si les autres dépôts de varioleux qui se trou-
vaient alors à Paris étaient aussi des foyers de propagation pour la variole dans les quartiers environnants. L'enquête fut alfirmative, sauf -pour un hôpital où l’on avait ia coutume de brûler les balayures des salles, au lieu de les jeter aux ordures. |
La diphtérie aussi se propage autour des hôpitaux où on la traite.
L'auteur, après avoir répondu à quelques objections, se prononce pour le transport hors Paris des malades atteints d’affections épidémiques.
CXXV. — Communication au conseil municipal sur la mortalité à Paris (29 mars 1881).
Cette communication sur l'accroissement à Paris de quelques maladies épidémiques a été publiée par les Annales de démographie, 1881.