‹ La vie et les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau;Chapitre 1 sur 58 · I-IO · texte numérisé non relu

I-IO

AVANT-PROPOS

semble, à peu près exactement reproduite, de se permettre des corrections fort importantes. Ainsi on lit dans le texte imprimé par Martin : « Il était né à Genève, en 171 2, d'un père de la religion réformée, et horloger de profession. Sa naissance coûta la vie à sa mère. C'était une femme d'esprit, qui faisait même des vers agréablement ^ » Bernardin avait écrit : « Il été né à Genève en 1 708 d'un père de la religion réformée et horloger de profession. Il avait un frère dont il était le cadet. Ils furent élevés par leur mère et par la sœur de sa mère, qui étaient si tendrement unies que lorsqu'elles les menaient promener on doutait à leur affection commune à laquelle des deux ils appartenaient, etc. » De pareilles modifications ne sont pas rares, même dans cette partie qui a été relativement respectée par Aimé Martin.

Du reste on aurait dû depuis longtemps se méfier de cette publication, car Aimé Martin avait bien voulu prévenir le lecteur que, si les idées de Bernardin avaient été conservées, la forme en grande partie était de lui, Martin : « Ces notes n'étaient que des indications : il fallait ou les laisser perdre, ou essayer de les rédiger en leur conservant toute leur simplicité. Quelque désavantage qu'il y eût à entreprendre un pareil travail, il ne nous était pas permis de balancer?. »

Et non seulement il n'a pas balancé, mais encore ce qu'il indique modestement comme une sorte de mise au point ressemble beaucoup plutôt à une restauration complète, à une réfection totale de l'œuvre inachevée. Ainsi on connaît l'anecdote de J.-J. Rousseau au théâtre avec Bernardin : <( Nous allâmes nous mettre dans un coin, du côté de la loge de la reine. La foule et le bruit augmentant, nous étouffions. L'envie me prit de le nommer dans l'espérance que ceux qui l'environnaient le protégeraient contre la foule. Cependant je balançai longtemps, dans la crainte de faire une chose qui lui déplût. Enfin, m'adressant au groupe qui était devant moi, je me hasardai de pronon-

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