‹ La vie et les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau;Chapitre 2 sur 58 · P. 431, col. I · texte numérisé non relu

P. 431, col. I

AVANT-PROPOS

cerle nom de Rousseau, en recommandant le secret. A peine cette parole fut-elle dite, qu'il se fit un grand silence. On le considérait respectueusement, et c'était à qui nous garantirait de la foule, sans que personne répétât le nom que j'avais prononcé. J'admirai ce trait de discrétion, rare dans le caractère national ; et ce sentiment de vénération me prouva le pouvoir de la présence d'un grand homme. » Ces douze lignes sont fabriquées par Martin à l'aide de cette simple indication du manuscrit : « Nous allons nous mettre dans un coin : le monde abonda, nous étouffons. Je dis à mes voisins : n'en parlez pas, voilà M. R. Il se fit une barrière ^ »

Pour mesurer l'importance de ces travestissements, il me suffira de dire que, à partir de ces mots, « il me semble que le caractère, etc. », p. 445, col. 2, jusqu'à la fin, c'est-à-dire au moins pour la moitié de sa publication, Aimé Martin a fait imprimer le texte qu'il prête à Bernardin non pas d'après le ms. original, mais d'après une copie ^. Cette copie est ellemême un premier arrangement, fait probablement par M^e Désirée de Saint-Pierre à l'aide des fragments originaux conservés au ms. XCVIII, liasse 3, folios ici et suivants. Sur cette copie Aimé Martin s'est permis toutes sortes de changements : corrections, suppressions, transpositions.

On voit déjà, par ce simple aperçu, que le travail de Martin ne ressemble guère au livre projeté par B. de Saint-Pierre. Nous pouvons donc le considérer comme nul et non avenu, le rejeter au tas de ces œuvres soi-disant posthumes, dont j'ai démontré ailleurs le caractère apocryphe ?.

1. P. 4<;i, col. 1-2; XCVIII, 105. De même pour l'anecdote du silencieux Dauphinois, p. 450, col. 2 : elle est imprimée d'après une copie qui développe en douze lignes quatre lignes de Bernardin, cf. XCVIII, 27-28 et 102.

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