Aimé Martin corrige: eus
2. Sur une vingtaine de lignes le bord du manuscrit est rongé, diminué à peu près d'un demi-centimètre : je mets entre crochets les mots que j'ai dû compléter.
J.-J. ROUSSEAU
comme je le dirai dans une occasion ou il s*agissoit du mien. Au reste ce préjugé lui a été commun avec les plus grands hommes de l'antiquité et même avec le peu[ple] romain, qui confia sa destinée a des généraux dont $ le nom leur paraisoit d'unï...pour avoir été porté par des hommes dont il cherissoit la mémoire. C'est ce qu'on peut voir surto[ut] dans [la] vie des Scipions.
Du temps de son pere ^ il n'y avoit pas a Genève un citoyen bien élevé q[ui] ne scut son Plutarque par cœur.
lo Rousseau m'a dit qu'il a été un temps ou on connoissoit mieux les rues 3 d' Athènes que celle de Genève. Les jeunes gens ne parloient dans leurs conversations que de législation, des moyens d'établir ou de reformer [les] sociétés. Les ames etoient nobles, grandes et gayes. Un jour d'été
15 [qu'] une troupe de bourgeois prenoient le frais devant leur porte, ils causoie[nt] et rioient entreux, lorsqu'un lord vint a passer. Il crut a leurs rires 4 qu'ils se moquoient de lui. Il s'arrêta, et leur dit fièrement : « Pourquoi riés vous quand je passe ? — Un des bourgeois lui repondit
20 sur le même ton : « Eh ! pourquoi passés vous quand nous rions ! » Son pere eut une querelle avec un colonel qui l'avoit insulté et apartenoit a une famille considérable de la ville. Il proposa au colonel de mettre l'epée à la
4 à des hommes dont — 6 dont ils cherissoient la mémoire — 19 bourgeois se leva et lui dit sur le même.
1. Ici un mot qui a manqué : Aimé Martin comble la lacune en écrivant en marge : d'un heureux augure.
2. Aimé Martin biffe ces cinq mots et les remplace par : alors.
3. Ces deux mots sont à peu près illisibles et le passage est très raturé : Aimé Martin l'a biffé et remplacé en marge par cette conjecture : qu'il a été un tems ou il connoissait mieux les rues,