‹ La vie et les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau;Chapitre 56 sur 58 · CXXIV, f. 16, et XCVIII, f · texte numérisé non relu

CXXIV, f. 16, et XCVIII, f

J.-J. ROUSSEAU

corne si nous les avions corne témoin. » Je lui repondis : « Avec de pareils témoins, on feroit encore bien des sottises. Il faut se méfier même des sages » [f. 123]. J'avois raison a la manière des jeunes gens : mes 5 maximes [étaient] plus sévères, mais sa conduite l'etoit plus, et sa vie. Car combien d'homes qui n'eussent tiré parti de sa réputation pour vivre autrement que d'un travail journalier, peu lucratif. Sans vouloir être chef de party, s'echapant a tous les regards, on voit bien qu'il se 10 proposoit d'autres témoins et d'autres juges que les homes [f. 109].

Maximes de Rousseau.

Je lui ai oui dire souvent :

« Pour être heureux, il faut se raprocher de la 15 nature. »

« Je n'ai comencé a être heureux que quand j'ai été tout a fait sans espérance. »

« On ne conserve la paix du cœur que par le mépris de tout ce qui peut la troubler. »

20 « Il faut employer sa vie a dire la vérité : vitam impendere vero. »

Voila les armes dont il a combattu les vices du genre humain. Jeune home, ce sont les flèches d'Hercule ! Si tu oses manier son arc, crains les malheurs de Philoc- 25 tete, les cris douloureux, la solitude, l'abandon [f. 158].

Sur la justice.

Il me répéta plusieurs fois : « Il suffit bien d'être juste. Je conois des gens qui ont désiré de se faire aimer de tous. Mais c'est impossible, même de se faire aimer d'un

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