SA PHILOSOPHIE
pour prouver qu'ils n'etoient que des machines, tua sa chiene prest de mettre bas d'un coup de pied. — « C'est, me disoit J. J., [que] quand on commence a raisoner on cesse de sentir. »
5 D'ailleurs la mienne ^ n'etoit elle pas suspecte ? La facilité avec laquelle j'avois fait moi même (?) un sisteme sur la végétation me prouvoit combien elle [était capable] de m'egarer^. J. J., a qui je le lus, me dit : « Il me faudroit six mois pour y repondre ; encore n'en serois [je]
10 pas sûr » [XCVII, f. 281].
Il me disoit qu'il n'auroit voulu être que ce qu'il etoit ; que [c'était une erreur] de se patroner sur les grands homes, qu'ils devroient nous servir d'exemple et non de patron ; qu'il falloit être soi même [f. 114].
15 Je lui disois : « Si j'avois été riche, j'aurois été voluptueux. » — ce Et moi aussi, me dit il ; nos vertus dépendent plus qu'on ne croit des circonstances, come une plante de sa latitude » [f. 120].
Il me disoit : « C'est un grand présent fait à l'homme
20 que le travail 3. »
Il me disoit : « Je ne suis heureux que depuis que je suis tout a fait sans espérance. » — Je lui dis : « Les espérances sont comme les nerfs : a demi coupés, des douleurs horibles ; coupés tout à fait, ils ne font plus
2) de mal. Les homes attachent trop d'importance à la vie : il semble que tout l'ouvrage de la création ait été pour nous. » Il me disoit : « Il faut mépriser les homes et agir
2 sa chiene pleine d'un coup