PARALLÈLE D£ GAUGHT £T DE PASCAL
ractëre de Pascal. Ce grand homme a fait admirer dans la science autant de puissance que de profondeur ; sa fermeté dans ses convictions et sa ténacité opiniâtre dans ce qu'il considérait comme le devoir, allèrent souvent jusqu'à l'excès; enfin rien n'est plus connu que son ardeur ex- • tréflie dans les choses de la foi. Tels sont les divers points de comparaison que nous allons successivement parcourir. ^ Pascal était doué d'une aptitude exceptionnelle pour l'élude des jsciences, et, pendant sa courte carrière, il a réalisé une foule de travaux des plus importants. Dès la première jeunesse ses facultés admirables se font jour; à peine âgé de douze ans, et livré à ses propres forces, il refait la géométrie d'Ëuclide. Un peu plus tard, à l'âge de dix neuf ans, il imagine une machine ingénieuse restée célèbre sous le noip de Machine arithmétique^ au moyen de laquelle on réalisait, par un simple mécanisme, les calculs les plus compliqués sur les nombres. Ses méditations se portent ensuite vers la théorie des combinaisons; il résout plusieurs problèmes relatifs aux jeux de hasard et pose ainsi les bases du calcul des probabilités. Les expériences de Toricelli le conduisent encore às'occuper de la question de la pesanteur de l'air, et il en donne la solution, en montrant que la hauteur barométrique diminue à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère. Son beau frère Périer entreprend, d'après ses indications, l'ascension du Puyde-Dôme et y constate sur le baromètre une diminution de plusieurs pouces, pendant que lui-même fait, en petit, la même expérience à Paris au sommet de la tour Saint- Jacques. Enfin, pendant une maladie, oii des maux de tête intolérables lui causaient une insomnie continuelle, il étudie la question des roulettes et résout, à cette occasion, une foule de problèmes qui avaient arrêté avant lui les plus habiles géomètres.
282 LA VIE D^AUGUSTIir GAUCHT.
Ce sont là des travaux de premier ordre; cependaii même en tenant compte de la différence des temps, m doit reconnaître qu'ils ne sont à comparer, ni poorHi portance, ni pour Tétendue» aux grandes découvertes 4e Cauchy, surtout en analyse. C'est donc à ce dernier qw demeure ici l'avantage. On doit remarquer, il est vrai, que Pascal ayant été enlevé jeune encore (k trente-neuf ans) par la mort, on ne saurait sans injustice se plaindre de ce qu'il n'ait pas laissé un ensemble plus considérable de travaux; mais on pourrait aussi répondre que les grades découvertes ne sont ordinairement le fruit, ni de h vieillesse, ni même de l'âge mûr. Les plus illustres génia qui aient contribué au progrès des sciences mathémtiques avaient découvert, dès leur jeunesse, les prioripes des théories qui ont immortalisé leur nom. C*estai début de sa carrière que Kepler posa les bases de ses lois admirables; Galilée venait à peine de quitter les baBCS de l'école lorsqu'il découvrit les lois de la pesanteur, son plus beau titre de gloire; Newton n'avait encore que vingt-quatre ans, et déjà il était en possession de ce merveilieux principe de l'attraction universelles l'étude doquel il devait consacrer le reste de sa vie. 11 est facile de comprendre la raison de ce fait remarquable. Pouranaljser les problèmes délicats et abstraits de la science et poor s'élancer hardiment dans le champ des découvertes vrai* ment neuves, il faut une vivacité d'intuition, une flexibilité de génie qui ne se rencontrent guère que dans b jeunesse. Plus tard, un savant peut bien développer sa pensées premières, les compléter, en tirer toutes lescooséquences; mais, si l'on y regarde d'un peu près, on voit qu'il ne récolte ordinairement que ce qu'il a semé ai commencement de sa carrière.
Ce que nous avons raconté d'Augustin Caucby ne fait