PARALLELE DE CAUCHY ET DE PASCAL
ie délicatesse et de ménagement. Il traitera également 40n corps avec toute la rigueur d'un cénobite; il fera son .ménage de ses propres mains; la nourriture de chaque ^ur sera exactement pesée ; bien ou mal disposé, le corps ^yra remplir son office; s'il essaye de se révolter, les disciplines, les cilices et les pointes en auront raison.
Cauchy était fort éloigné d'une telle exagération; il l 'étendait pas les pratiques de mortification au delà de e que prescrivent si sagement les lois de l'Eglise. Cependant cet oubli des nécessités matérielles, que Pascal moussait si loin, n'est pas sans quelque trait de ressemblance avec ce que nous retrouvons dans la vie de Cauchy, nais avec un esprit bien différent. « Peu soucieux de son :orps, disait M. le maire de Sceaux, on eût dit, tant il /en inquiétait peu, qu'il n'était pas le sien, que s'en ocîuper n'était pas son affaire; il ne songeait qu'à son âme.» !)n ne peut douter en effet qu'il a épuisé son corps au >ervice de la science et des bonnes œuvres, en lui refujant tout repos lorsqu'il s'agissait de suivre l'élan de îon âme ardente; mais, en agissant ainsi, il ne prenait pas à tâche de l'affaiblir volontairement par un système de macérations réfléchies; il le traitait moins comme un esclave rebelle que comme un instrument dont l'âme doit toujours rester maîtresse.
Terminons ici le parallèle que nous avons essayé de tracer entre ces deux hommes célèbres. Ils ont rendu tous les deux à la science d'éclatants services; tous les deux se sont honorés, dans des voies différentes, parla dignité de leur caractère; tous les deux enfin ont réalisé, à un degré peut-être inconnu avant eux, l'alliance admirable' d'un grand génie scientifique avec une foi profonde et vigoureuse. A ce dernier titre surtout, leur gloire doit être chère à tous les chrétiens, car leur exemple montre com- 1. ï9
agO LA VIE D AUGUSTIir CAUCHT.
bien sont vaines les prétentions de ceux qui voudraiotl séparer la science et la religion. Quand on voit ces dm grandes choses réunies avec tant d'éclat chez des homi d'un génie aussi sublime, il faut bien renoncera despr^| jugés ridicules» à des accusations absurdes qui ODlpov origine l'ignorance ou la passion, et Ton arrive forcé* ment à conclure, avec l'illustre géomètre dont nousaT(M| entrepris de raconter les travaux, < que l'intérêt le pli pressant des sciences, de celles-là même qui paraissent kl plus étrangères à la religion, est de se rattacher, comae| des rameaux, à l'arbre divin, qui seul peut leur donner la vie et les rendre vraiment fécondes. •
Fljy DU TOME PREMIER.