‹ La Vie et les Œuvres de Charles Sorel Sieur de SovignyChapitre 142 sur 176 · EMPRUNTS DE CYRANO DE BERGERAC A SOREL · texte numérisé non relu

EMPRUNTS DE CYRANO DE BERGERAC A SOREL

être vivant : de là vient la clarté de son argumentation. Pascal est venu à son tour recueillir les idées de Cyrano de Bergerac ; mais, comme Sorel, et pour les mêmes raisons religieuses que lui, il à écarté l'hypothèse du panthéisme qui expliquait tout, et ila tronqué la comparaison du ciron, en supprimant la prémisse. On pourrait rendre cette explication plus vraisemblable encore, en montrant que ce n’est pas une, mais plusieurs fois que la même orthodoxie, la même soumission aux dogmes de l'Eglise, à inspiré à Sorel et à Pa::cal des opinions semblables: ainsi, ils se sont encore accordés tous deux pour rejeter le système de Galilée, et pour se représenter la terre comme un point immobile, entouré d’une infinité d’univers. Cette explication à posteriori est inutile, et il vaut mieux écarter une dernière objection.

Il serait très simple en effet de supposer que Pascal alu directement Sorel ; mais cette supposition serait gratuite, tandis qu’il est certain que Cyrano de Bergerac a lu et a imité l’ Histoire comique de Francion. Sorel, qui venait de parcourir le Songe de Képler, le Nuncius sidereus de Galilée, les poèmes de G. Bruno, la Cité du Soleil de Campanella, et bien d’autres ouvrages du même genre, à soufflé au pédant Hortensius des idées plus bizarres encore que la comparaison du ciron : « Vous savez, dit-il, que quelques sages onttenu qu’il y avait plusieurs mondes ; les uns en mettent dedans les planètes, les autres dans les étoiles fixes ; et moi, je crois qu’il y en à un dans la lune. Ces taches, que l’on voit dans sa face quand elle est pleine, je crois, pour moi, que c’est la terre, et qu’il y a des cavernes, des forêts, des îles, et d’autres choses, qui ne peuvent pas éclater ; mais que, les lieux qui sont resplendissants, c’est où est la mer, qui étant claire, reçoit la

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lumière du soleil, comme la glace d’un miroir. Eh! que pensez-vous? il en est de même de cette terre où nous sommes ; il faut croire qu’elle sert de lune à cet autre monde. Or ce qui parle des choses qui se sont faites ici est trop vulgaire ; je veux décrire des choses qui soient arrivées dans la lune; je dépeindrai les villes qui y sont etles mœurs de leurs habitants, ete.l » Mais pour en parler, il faut y aller voir, fabriquer des engins de toutes sortes. Les quelques pages où le pédant Hortensius expose ses projets de voyages fantastiques dans la lune etmème dans le soleil ont plus servi à Cyrano de Bergerac, que tous les livres analogues publiés dans les trente années suivantes: il doit la moitié de ses « burlesques audaces » à l’Æistoire comique de Francion, etau Berger extravagant.]Ilest superflu d'insister sur ces imitations très nombreuses et toutes naturelles ?, Cyrano de Bergerac devait être attiré

(D Lrancion, livre XI, p. 435.

(2) Résumons les principaux emprunts de Cyrano de Bergerac à Sorel. Plusieurs ont déjà été signalés par MM. Colombey ef Fournel : CYRANO DE BERGERAC SOREL Le paysan Gareau veut jeter le Francion, livre VII, p. 332. chapeau d'un galant par la fenêtre.

(Pédant joué, acte I, Scène I).

Le pédant Grangicr à des lieux- ite

communs tout prêts pour chaque passion. (Le Pédant joué, Acte HA, Scène D).

Les vers servent de monnaie dans la lune. (Voyage dans La Lune, p. 64).

Les philosophes ravis au ciel par l’extase, ibid. p. 46.

Le démon de Socrate se elisse dans le corps d'un jeune homme en Iéthargie, pour retrouver la vigueur, p.61.

Eloge de la cadavres, p. 112.

crémation des

Hortensius, l'rancion, livre XI, p. 42: it livre Ip. 4144,6E 148, etc.

Francion, livre XI, p. 465.

Le Berger exlravagant, livre X, Le Berger extravayant, livre X,

p. 263, ct Remarques, 346 à 351.

Berger extravagant, livre XI, p. 402, et Rem. p. 44.

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