‹ La Vie et les Œuvres de Charles Sorel Sieur de SovignyChapitre 141 sur 176 · LES MÉTHODES DE SOREL · texte numérisé non relu

LES MÉTHODES DE SOREL

la volumineuse Encyclopédie scientifique que Sorel commença dès l’âge de trente ans, et qu’il ne cessa de remanier jusqu'à ses derniers jours, avec une patience louable. Il avait toujours été lié avec des savants, il lisait les livres nouveaux et insérait jusque dans ses romans des allusions érudites, des expériences de télégraphie optique ou des formules d’encres indélébiles. Les projets les plus bizarres et quelquefois les plus pratiques traversaient son esprit; c’est ainsi qu'il eut l’idée de fonder avec le fils de Guy Patin une société industrielle pour l'exploitation des iourbes combustibles, et uneautre qui devait avoir le monopole des Panoramas militaires à Paris. Sorel eut tort de prendre cette curiosité toujours en mouvement pour une vocation sérieuse, et de perdre des années à une tâche qui dépassait sa portée. Disons pourtant à son excuse que cette Encyclopédie ou cette Science universelle avait un but utile; malgré son titre pompeux, elle était surtout destinée aux professeurs et aux écoliers. Sorel pensait queles découvertes des savants et des philosophes modernes devaient dorénavant sortir des cabinets et des livres pour entrer dans l’enseignement public. Plein d’ardeur et de regrets, quand il se rappelle le collège de Lisieux, il esquisse à son tour un plan d'éducation, où l’histoire, qui n’est guère encoreenseignée que dans les collèges de l’Oratoire, tient la première place avec les sciences et les langues modernes. I] lui semble tout naturel quel’enseignementdes sciences,à toutlemoins, soit donné en francais, et non plus en latin macaronique ; il cite avec complaisance toutes les tentatives isolées dans cette voie, etla décadence du collège de Richelieu, cette

(1) Les Méthodes de Sorel font partie du Traité de la Perfection de l'homme, p. 359, 361, 36%, 382, elc.

école de Cluny aristocratique, lui paraît un vrai malheur. Ce n’est pas tout. Ami du médecin Guy de la Brosse qui réclama durant trente ans la création du Jardin des Plantes, et qui eut le plaisir de l’inaugurer, Sorel insiste avec raison sur l'intérêt des sciences physiques et naturelles, et demande que les écoliers étudient de meil: leure heure ces sciences, ainsi que les mathématiques. désire aussi que les professeurs fassent dans les classes des expériences et qu'il aient à leur disposition les instruments les plus simples. N’a-t-il même pas l'audace de réclamer pour chaque collège un petit jardin botanique, une collection de minéralogie et de zoologie ? Et voyezvous comme, dans ce système d’études, les yeux des enfants sont réjouis, distraits par la variété des minéraux, des fleurs, des oiseaux et des coquillages? On louerait plus volontiers toutes ces innovations et ces réformes, si elles ne s'étaient montrées, dès ce temps-là, trop avides.

Et, en effet, le temps consacré aux sciences, il faut bien le prendre quelque part!, le prendre aux lettres. Sorel n’y manque pas;ililu les ouvrages de l'Allemand Comenius et il a, comme lui, sou système pour apprendre toutes les langues indistinctement,etsurtoutpourer finirrapidement avec les langues anciennes. Faire apprendre par cœur aux élèves des listes de mots usuels, grecs et latins, copier de jolis tableaux de déclinaisons et de conjugaisons, étudier un manuel de mythologie qui dispensera presque de traduire Homère et Virgile, faire des thèmes d'histoire ou d'histoire naturelle, pour gagner du temps, moyens souvent préconisés, souvent condamnés par l'expérience. Les méthodes de Sorel durentluiattirer plus d’une raillerie

(1) Comenius, Janua lingquarum, 1635; Orbis sensualium pictus, 1650,

LA PRÉFACE DU TRAITÉ DES VIDES = on

de son ami Guy Patin, qui aimait lelatin, parce qu'il avait pris la peine de l’apprendre et qu’il le savait.

Si les Méthodes de Sorel contiennent beaucoup d'utopies mêlées à quelques vérités, une partie de son encyclopédie, la partie historique, offre encore quelque intérêt. Ce n’est pas sans raison qu’un Allemand, dont la compilation est encore estimée, a traduit ce livre en latin, sans s’en vanter !. Sorel v a donné une idée assez Juste du mouvement philosophique avant Descartes; il a résumé «vec précision lesouvrages de tous les «Novateurs » italiens, et ainsi il peut souvent dispenser de consulter les originaux rares ou perdus. Ces analyses sont encadrées dans des réflexions sur les progrès de la science, qui rappellent Bacon et qui annoncent Pascal. « Quoique lè seu} nom de novateur soit odieux à plusieurs personnes, il faut prendre garde que s’il est à appréhender en matière de théologie, il ne l’est pas dans la philosophie naturelle et humaine. » Qu’arrive-t-il cependant lorsqu'un moderne émet quelque opinion nouvelle ? Aussitôt mille voix s’écrient:« Pense-t-il être plus savant qu’Aristote? » Mais, « aveugles volontaires, » cet Aristote « est-il un second évangile ? » S'il avait accepté sans discussion la science de ses devanciers aurait-il jamais fait des découvertes ? Le monde n’a-t-il rien appris depuis lui? « l'esprit de l’homme n'est-il pas dans une enquête perpétuelle de savoir, et les sciences sont-elles autre chose que «des recueils d'observations » toujours à compléter ?» « La doctrine des anciens philosophes ne doit point avoir tant de crédit qu'elle ne cède quelquefois la place aux

(1) Morhofi Polyhistor litlerarius. 3° édition, Lubeck, 1732, in #4; livre 1, Chap. XV, et livre I, Partie 1, Chap. XII, de Novatoribus, — Un autre Allemand, le baron de Stubenberg a traduit toute la Science universelle de Sorel, en nommant l’auteur,

découvertes des modernes.» Sorel énumére toutes ces découvertes, faites depuis la Renaissance, et, comme sil devinait la préface célèbre de Pascal, il conclut en citant les dernières expériences de Torricelli sur le Vide1.

La Perfection de l’homme ne contient pas seulement des rapprochements de cette sorte, mais quelquefois d’utiles explications. En résumant consciencieusement tous les ouvrages scientifiques qu'il a lus, Sorel nous donne la clef de bien des allusions qu’il a faites dans ses romans, et ces allusions sont parfois utiles à connaître, elles nous aideront notamment à commenterune des Pensées les plus obscures de Pascal.

Lepremierfragmentdes Pensées.intitulé Disproportion ou Zncapacité de l'homme, est un des plus connus; il est aussi un des plus importants, il a été remanié plusieurs fois sur le manuserit original, il a attiré à son auteur une longue discussion avec le chevalier de Méré, il a été imité à diverses reprises au XVIIe siècle même, par de grands écrivains ; quelle en est l’origine ? Un très beau passage de la Physique de Hobbes, cité dans cesdernièresannées, paraît répondre à cette question? Hobbes compare, comme Pascal, l’infiniment grand et l’infiniment petit. Cette sphère immense, dont le rayon s'étend de la terre au soleil, n’est elle-même qu'un point, relatiment à la distance du soleil aux étoiles fixes. Tout de même, il existe des êtres si petits qu’ils échappent à notre vue, et cependant ils ont des yeux, des veines, une organisation parfaite. L'esprit de l’homme doit faire effort pour admettre ces deux ordres de merveilles, encore qu’elles le dépassent. —

(1) Sorel, Traité de la Perfection de l'homme, chap. des Novateurs, p. 209 à 215, 267 à 270, 275.

(2) Ce passage de la Physique de Hobbes (1654) a été signalé par M. Janet. Cf. Pascal, édition Havet, tome |, p. 220.

Le rapprochement est frappant: il l’est moins, quand on compare le texte de Hobbes à un texte du Père Mersenne sur le même sujet'. Avant de citer un croisième texte, il convient de ‘ésumer de notre mieux les deux termes de la Pensée de Pascal. Jadis partisan de Galilée, Pascal représente ici l’univers conformément à la vieille physique. La terre a’est qu’un poin: immobile, autour duquel tournent le soleil et les planètes attachées at frmament. Au-delà dela portée de notre vue, il vaaneinfinité d’univers semblables, étrangers l’un à l’autre. Réciproquement, Pascal retrouve un univers dans un ciron ; « dans l’enceinte de cet atome imperceptible, » il voit une infinité de mondes, dont chacun 3. son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible.

Il est permis de rapprocher la première partie de l’argumentation de Pascal d’ur passage de Cyrano de Bergerac qui, dans son Voyage dans la Lune, développe la même thèse, la grandeur du monde visible, mais qui se représente ce monde, comme nous : la terre tourne autour du soleil; il y à autant de soleils que d'étoiles, et chaque soleil emporte un monde. Bien que, dans la suite, Cyrano de Bergerac soutienne la thése justement opposée à celle de Pascal, et qu’il s'efforce de cendre l'infini compréhensible, accessible à l’homme, l’analogie n’en est pas moins curieuse, etde plus elle n’est pas fortuite.Tournons quelques feuillets

(1) Le Père Mersenne, Quæstiones in Genesim, 1623, in-folio, p.127: « Quid obsecro majori dignum admiralione, si culicem inspicias in quo hepar, cor et cerebrum cum venis, erteriis atque nervis adesse certum est ? Illius mihi nervos, museulos et artcrias enumera: quod si nequeas et omnes homines in opere Lam parvo ianta miracula suspiciant et pr&æ nimia admiratione obstupescant, Cur non fateris artificem, qui membra illa Lam subtilia compegit ? »

(2) Cyrano de Bergerac, édition Paul Lacroix, lib. Delahays, loyage dans la Lune, p. 37.

etnous verrons dans ce même Voyage dans la Lune, la comparaison du ciron dans tous ses détails : «Il me reste à prouver qu'il y à des Mondes infinis dans un Monde. infini. Représentez-vous donc l’univers comme un animal ; que les étoiles, qui sont des mondes, sont dans ce grand animal, comme d'autres grands animaux, qui servent réciproquement de mondes à d’autres peuples, tels que nous, nos chevaux, etc. et que nous, à notre tour, sommes aussi des mondes à l'égard de certains animaux encore plus petits sans comparaison quenous, comme sontcertains vers, des poux, des cirons: que ceux-ci sont la Terre d’autres plus imperceptibles ; qu'ainsi, de même que nous paraissons chacun en particulier un grand Monde à ce petit peuple, peut-être que notre chair, notre sang, nos esprits, ne sont autre chose qu'un tissu de petits animaux qui s'entretiennent, nous prètentmouvement par le leur, et se laissant conduire à notre volonté qui leur sert de cocher,nous conduisent nous-mêmes et produisent tous ensemble cette action que nous appelons la vie.» — Bien que les idées de Cyrano .de Bergerac soient bizarres; il faut avouer qu'elles sont plus claires et mieux liées que celles de Pascal. Ce qui rend la Pensée de Pascalsiobscure, c'est qu'on ne comprend pas pourquoi, mêmesi la matière est divisible à l'infini, les parties de cette matière seraient nécessairement des êtres vivants, semblables à nous: Tout s'explique au contraire, si lon se place, comme Cyrano de Bergerac a eu soin de le faire, dans l’hypothèse d’un univers animé. Puisque le monde est un être vivant, et que nous autres, êtres vivants, nous sommes des parties de ce monde, l’analogie nous permet d'affirmer que les parties (le notre corps sont à notre corps tout entier ce que

(1) Foyage dans la lune, p. 97.

ce corps lui-même est à l’ensemble du monde. Donc les parties de notre corps sont des êtres vivants, et ainsi de Suite à l'infini. Quelle que soit l’hypothèse initiale, la conclusion est' logique.

‘ De tout ce qui précède il résulte que la comparaison du Ciron est étrange dans le texte des Pensées ; de plus, elle ne paraît pas avoir été connue de Pascal de tout temps. S'il l’avait connue plustôt, ill’aurait mise sans doute à sa place naturelle, il l'aurait réunie aux considérations sur les deux infinis, dans l'Esprit géométrique, et il ne l’a pas fait. Cette comparaison est donc à la fois étrange et nouvelle, et il est difficile de croire que Pascal, qui n’a jamais prétendu inventer que la disposition de ses idées, et non point ses idées elles-mêmes, n’ait pas pris celle-là quelque part. Et en effet, ce qu’il y a de caractéristique ce n’est pas le ciron!, donné comme exemple delinfiniment petit, puisque pour les hommes du peuple aussi bien que pour les savants et les moralistes, il est le symbole de ce -qu'il y à de plus petit au- monde, et qu’il conserve cette réputation, même après l’invention du microscope. Si l’on parcourt les ouvrages desciences ? ou de morale, antérieurs aux Pensées?, on y trouvera souventle ciron, ‘soit comparé à l’homme, soit décrit dans sa structure, à peu près comme les animalcules dont parlent Hobbes et le Père Mersenne, quoique moinsclairement. Maison ne verra nulle

(1) Il entre dans plusieurs proverbes populaires. Cf. Sorel, le Berger extravagant, Rem. sur le livre VII, p. 251 « aussi petit qu'un ciron. » it. Curiosités francaises d'Antoine Oudin, 1640, p. 372, « J'ai un nom aussi bien qu'un ciron, vous me devez nommer en m'appelant, et non pas me crier 10là, chose, vulgaire.

(2) Ou même postérieurs. Les Osservaxioni del Redi, accademico della Crusca, intorno negli animali viventi, che si trovano negli animali viventi, Florence, 1684, in-4, ne sont pas plus explicites à ce sujet que le Theatrum insectorum, sive-minimorum animalium, Londres, 1634, in-folio.

part qu’il y ait un univers dans un ciron, et c’est précisément toute la question, comme l’a remarqué le chevalier de Méré. Seul, Cyrano de Bergerac parait avoir exprimé la même idée que Pascal, nous avoir montré comme lui la vie se prolongeant à l'infini. Bref, s’il était démontré que Pascal a pu lire l'ouvrage de Cyrano de Bergerac, l’imitation ou plutôt la réminiscence serait certaine,

Or Pascal a très bien pu lire le Voyage dans la Lune. Si nous n'avons plus aujourd’hui de cet ouvrage que l'édition de 1659, le Père Niceron er indique ane de 1656 : ilétait peut-être imprimé, en tous cas il circulait manuscrit dès 1650, puisqu’un sieur de Prade a dédié an deses sonnets imprimés en 1650 à l’auteur des Etats et Empires de la Lune. Et Pascal pouvait d'autant plus facilement avoir connaissance de l’ouvrage, qu'il fréquentait chez Jacques Rohault, lié lui-même avec Cyrano de Bergerac. La question paraît donc se résoudre à chercher les sources de Cyrano de Bergerac, lequel n’a sans doute pas inventé ses considérations sur le ciron, ni celles sur la grandeur de univers, ni même l’idée du Voyage dans la Lune. Ces sources de Cyrano, Sorel nous les indiquera, en même temps que les siennes propres, dans le traité de la Perfection de l'homme.

On peut lire dans ce traité une longue page sur limmensité de l’univers infinit, « dont le centre est partout;» cette page est du philosophe Giordano Bruno, qui a décrit, avant Cyrano, les soleils innombrables entraînant

(1) Sorel, de la Perfection de l'homme, 1655, p. 238 et 239, cile le livre de G. Bruno, De Monade ctc., comprenant le poème d° Imimenso, et innumcrabilibus, seu de Universo el. Mundis, Francfort, 1591, in-8°, et il traduit par une formule connuc les vers de G. Bruno, de Immenso, p. 165, Ch. V.

Centrum igitur spaeii immensi statuatur ubique; Undique enim ct quaque est versum dimensio tanta.

des terres sans nombre, et qui lui a directement inspiré un développement analogue. Cependant on aurait beau parcourir les œuvres latines et italiennes de G. Bruno, on n’y trouverait rien de semblable au développement du Ciron, mais seulement quelques idées voisines. L'Univers est un grand corps, qui nourrit d’autres animaux moins grands, tels que notre monde. La vieest répandue partout. L'homme, l’insecte, la plante, le rocher même, tous capables de se reproduire ou de s’accroitre, sont autant de petits mondes, qui en contiennent en puissance d’autres, semblables à eux-mêmes1:. Tout ceci est encore très loin de la comparaison du ciron, qui nous occupe. Mais le système vague et obscur de G. Bruno a été résumé sous forme de théorèmes, dans un livre latin très rare, lEnchiridion physicæ r'estitutæ,16%3, livre que Sorel dit avoir lu. En corrigeant et en étendant singulièrement le sens de deux de ces théorèmes consécutifs du président Espagnet?, Sorel est enfin arrivé aux réflexions suivantes qu'il a prêtées, dans le Francion, au pédant Hortensius : «Sachez que si le monde nous semble grand, notre corps ne le semble pas moins à un pou ou à un ciron; il y trouve ses régions et ses cités. Or il n’y à si petit corps, quine

(4) Voir le dialogue italien del Infinilo, résumé dans l'ouvrage de M. Bartholmess sur G. Bruno, tome Il, p.149, ct le poème latin de Universo. (2) Enchiridion physicæ restitutæ, Paris, Buon, 1622, in-19, p. 124 et

22 : : ; 495 (Bibl. Nat. R. oi Proposition CLX. En marge Jomo microcosmus :

Les anciens philosophes ont souvent représenté l'homme comme un abrégé des merveilles de l'univers ; nous supprimons donc ce développement banal quise termineainsi: « Meritoitaque microcosmus homo dictus est et absoluta Universi imaguneula. — CLXI, en marge: Quodlibet mixtum est microcosmus.— Non solum homo, verum etiam quodiibet animal, quælibet planta microcosmus est: sie unum quodque granum aut semen est chaos, cui totius mundi semina compendiose insunt, ex quo exiguus suo tempore mundus proditurus est. »

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puisse être divisé en des parties innombrables, tellement qu’il se peut faire.que dedans ou dessus un ciron, il y ait encore d’autres animaux plus petits, qui vivent là, comme dans un bien spacieux monde, et ce sont possible de petits hommes auxquels il arrive de belles choses. Ainsi, il n’y a partie en l’univers, où l’on ne se puisse imaginer qu’il y a de petits mondes. Il y ena dedans les plantes, dedans les cailloux et dans les fourmis. Je veux faire des romans des aventures de leurs peuples. Jechanterai leurs amours, leurs guerres, et les révolutions de leurs empires, et principalement je m'arrèterai à représenter l'état où peuvent être les peuples, qui habitentle corpsde l’homme, etje montrerai que ce n’est pas sans raison qu'on la appelé microcosme ?. »

Cette fois, nous tenons toutes les transformations de l'idée, et le passage du Francion nous explique indirectement la pensée de Pascal. Sorel à très bien vu les conséquences du système de G. Bruno, conséquences que le Père Mersenne venait du reste d'exposer et de combattre dans son livre sur l’Zmpiété des Déistes, athées et libertins, 1624; l’auteur du Francion, aussi bon chrétien que mauvais plaisant, ne se souciait pas plus d'adopter le panthéisme que de perdre un trait desprit : comme il n'avait pas à se piquer d’une logique rigoureuse dans un développement bouffon, il à donné à la comparaison du ciron la forme incomplète, qui reparaîtra plus tard dans les Pensées. Cyrano de Bergerac, qui n’était pas gêné par les mêmes scrupules religieux que Sorel , n’a pas hésité, en copiant la page du Francion, à faire de l'univers un

(1) Le chevalier Perrin reprendra cette idée burlesque d’'Hortensius dans ses Divers insectes, pièces de poésie, Paris, Duval, 1645, in-192. (2) Francion, (1622) livre XI, p. 436.

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