‹ La Vie et les Œuvres de Charles Sorel Sieur de SovignyChapitre 144 sur 176 · CYRANO DE BERGERAC SOREL · texte numérisé non relu

CYRANO DE BERGERAC SOREL

Le Phonographe, p.111. Sorel, Recueil de Sercy de 1644, p. 226.

Le Royaume des Oiscaux, dans Berger cxtravagant, livre X, l'Histoire des Etats du Soleil. D'292;

Les petis hommes diaphanes. ibid. livre X, p. 233. ibid.

Le Royaume des amants où les Tout le Berger catravagant,

métaphores sont prises à lalettre. | notamment le livre VII. ibid.

Quant aux changements ils sont le plus souvent insigniliants. Ainsi les habitants de la Lune, quand on leur demande l'heure, montrent les dents. — Comparez Sorel, le Berger extravagant, livre 11, p. 222, et Remarques, p. 72. — Charite endormie « avait le visage tourné vers 10 ciel et la bouche ouverte, tellement que le Soleil luisant dessus comme il faisait, on eût bien dit quelle heure il était, si l’on cût regardé à ses dents larges ct disposées avec mesure, sur lesquelles finissait l'ombre de son nez qui élait si mince, qu'il semblait Ctre là comme l'aiguille d’un cadran. »

388 CHAPITRE XII deux fragments qu'il en a lui-même détachés. Au moment où il allait perdre sa pension d’historiographe et ses rentes personnelles, il venait de composer un petit traité intitulé le Chemin dela Fortune, où il indiquait à tous le moyen de s'enrichir, et passait en revue toutes les conditions, depuis les mendiants jusqu'aux hommes de lettres, depuis les courtisans jusqu'aux financiers. Le titre séduisant de l'ouvrage ne tenta pas les libraires; déjà oublié, Sorel eut grand peine à en trouver un, qui, flairant un scandale à cause de quelques pages piquantes sur les financiers !, lui prit la moitié de son manuscrit; quant à la seconde partie, dont personne n'avait voulu, il réussit à la faire imprimer onze ans plus tard, en 1673, quelques mois avant sa mort. Disons tout de suite quel intérêt peuvent offrir ces ouvrages, aussi bien, du reste, que tous les traités de morale français, publiés avant 1687 : ils ont pu être feuilletés par La Bruyère, qui ne s’est pas contenté de rajeunir et d'ajuster aux mœurs de son temps les Caractères de Théophraste, mais qui à souvent résumé, en quelques traits brillants, nombre d'œuvres obscures, et dont le livre est comme le dernier anneau artistement ciselé d’une longue chaine.

On retrouve dans le Chemin de la Fortune des souvenirs du Polyandre. Sorel a bien décrit la grandeur et la décadence rapide des partisans, leurs spéculations, leur luxe, leur ruine; ses descriptions satiriques rappellent celles des Caractères, mais les ressemblances sont surtout nombreuses dans le chapitre de la Cour. Comme

(4) Le livre contient quelques détails curieux sur les charges burlesques créées par le financier Emery, l’Æsculan du Potyandre, et plusieurs indications sur d’autres familles de partisans ; il provoqua des réclamatious, et au dire de Furelière (Roman bourgeois, p. 226), altira un procès à Sorel. Celui-ci se hâta, comme ïille dit dans la préface de la Prudence, de faire passer les exemplaires du Chemin de la Fortune à l'étranger.

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