‹ La Vie et les Œuvres de Charles Sorel Sieur de SovignyChapitre 171 sur 176 · INT CA · texte numérisé non relu

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6. 1614.— Les Fidèles affeetions,roman attribué à Moulinet, par Sorel dans l’avertissement de l'édition du Francion de 1634. (Kdit. Colombey, p. 14).

De ces livres et des documents qui nous ont été communiqués par M. Durat, conservateur des archives de l’Orne, il ressort que Nicolas le Moulinet est né à Séez, sur la fin du XVIe siècle, et qu’il appartenait à une ancienne famille de l’Alençonnoisi. En s’aitachant au barreau de Rouen, il a pris, suivant l'usage, le nom d'une terre paternelle, celui de la ferme de la Haye du Parc, située à Saint-Aubin, non loin des châteaux d’Alménèches et de Médavy. Moulinet est venu plus tard à Paris et s’est lié avec les comédiens, comme le prouvent le litre qu'il a prisdans les F'acétieux devis et surtout son Apologie à la reine Marguerite ; il semble avoir fait partie de la troupe de lhôtel de Bourgogne. Sa mort est certainement antérieure à 1625; car, à cette date, il ne figure pas sur l’acte de partage des biens de son père, Pierre le Moulinet, sieur de Hardemarc, ancien élu en l'élection d'Alençon et fermier de François d'O, gouverneur du château de Cacn.

Les faits précédents expliquent les supercheries littéraires de Moulinet et celles de Sorel lui-même. Normand d’origine, Moulinet a copié dans ses rarisimes f'acétieux devis la moitié du Recueil normand, plus rare encore que le sien, la Nouvelle fabrique des excellents traits de vérité ;il ya ajouté des pages assez libres, pour que Sorel ait pu lui attribuer sans invraisemblance l’Æistoire comique de Francion. Pour prouver que Moulinet a travaillé longtemps à ce roman, Sorel fait remarquer que le nom de Francion figure déjà dans les Amours de Floris (1613)?; il y figure en eflet, mais c’est le nom d’un écuyer quelconque, qui occupe juste une

(1) Comparer d’Orville, Recherches historiques sur la ville de Sécx, 1829, jn=8°.— Armorial général de P. d'Hozier, t. II, p. 41, 415; — Dossier de la famille Moulinet, aux archives de l'Ornc.— Le représentant le plus connu de cette famille Moulinet est Claude du Moulinet, abbé des Thuileries, qui vint s'établir à Paris vers la fin du XVII siècle, et s'y fit un certain renom comme historien, (Bibl. hist. Au père Le Long, tome II.)

(2) Les Amours de Floris et de Cléonthe, p. 444.

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ligne. « Moulinet, continue Sorel1, écrivit donc les aventures de ce cavalier, auxquelles il donna le titre d’Aistoire comique et ce fut à l’envi de du Souhait, Champenois, et comme pour le braver, à cause qu'auparavant du Souhait avait donné le même titre à quelques contes qu’il avait ramassés. » Le libraire Toussainct du Bray 2 a en effet publié, en 1612, un recueil de petites histoires fort lestes, composé par du Souhait; mais”ce fut précisément pour faire concurrence à ce Recueil, que le libraire Jean Millot, l'éditeur ordinaire du sieur Moulinet, lui demanda d'écrire un livret analogue, les Facétieux devis.

De tous ces faits, il résulte que Moulinet n’a jamais écrit d'Histoire comique. Sorel a compté sur la précision de ses renseignements et sur la rareté de quelques livres, introuvables dès le XVIIe siècle, pour donner le change aux bibliographes, et il y a assez bien réussi.

No tV1:

Se rapporte à la page 257 du Chap. IX.

Eloges de Molière, de l’abbé de Pure, de Corneilleet de Racine, par l’actrice italienne, Brigida Bianchi où Aurelia Fedeli. Aurelia Fedeli, comica italiana, Z Rifiouti di Pindo, poesie;

Paris, Charles Cherrault, 1666, in-&. B. N. Y. 4068

Al signor Molière, p. 83.

Moliere homaï ti mostri

Miracol de le Scene,

S’à tuoi purgati inchiostri Spettatrice l’Invidia anco diuiene,

(1) Sorel, avis aux lecteurs de l'édition du Francion de 1633, édit. Colombey, p.14.

(2) Histoires comiques ou entretiens facétieux, à Troyes, et se vendent à Paris, chez Toussainet du Bray, rue Saint-Jacques, 1612, petit in-12. Privilège du 26 août 1611, servant pour les Histoires comiques et pour le Roman d'Anacrine, autre œuvre de du Souhait.

Ogn'lingua t’honora, Ogni Spirto t’adora ; Quindi t’aplaudo anch’io ; Mà sû che de tuoi pregi Spiego una parte à pena, Che d’uuopo mi fatebbé VocediCigno,e canto di Sirena.

Al signor Abbate di Puro, p. 84.

Qual Angelico spirto

Ti fe scotta in Parnaso

Onde si aventuroso

Corresti a dissetar tutto Hippocrene

A li beate arene

Oh come teco anch'io

Fatei dolce passaggio

Mà poiche basso stil non mel consente Ti seguira da longi il mio desio

Tu conadimini un raggio

De la tua bella Clio

Che la mia cetra none in Pindo avezza Ne tien ali il pensier pet tant altezza.

Al signor di Corneille, p. 82.

Fauola fü, ch’ Atlante

Sostenesse l’Olimpo, e al vasto incarco Per cui già vacillava il Mauro annoso Accorresse in soccorso il forte Alcide ; Mà è ben uer, che si uide

O gran Corneille il tuo saper Gigante Regger un Orbe assai più glorioso

Se d’applausi ogn’ hor carco,

Per render immortali i tuoi trofei

Del Poetico Ciel l’'Hercol tu sei.

Al signor Racine. p. 82.

S’io canlo tua virtute

M'ispira 1 carmi, e sono

Oggetti del mio stil tue glorie altere ; Or se le uie tenute

Del tuo dotto sapere

Tento passar, non mi negar perdono ; Nasce de la tua lode il mio desio

Eco de la tua cetra è il canto mio.

(1) On se rappelle que Racine eut l’idée de donner la comédie des Plaideurs aux comédiens Italiens.

Vu et lu, En Sorbonne, le 7 octobre 1889, Par le Doyen de la Faculté des Leltres de Paris, A. Him.

Vu et permis d'imprimer :

Le‘vice-recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.

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